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« Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

Accueil > Actualités > Politique • • samedi 4 juin 2022 à 08h25min
« Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

A peine lancé, 19 mai 2022, le Forum Ditanyé, organisation de veille citoyenne, porte et soumet à la réflexion publique, des questions relatives à la vie de la nation. Ce vendredi 3 juin 2022 à l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, l’organisation a, devant un public de toutes les catégories socio-professionnelles et franges sociales, tenu une conférence publique sur le thème : « Regard-critique sur les rendez-vous manqués de la démocratie : comment construire des institutions qui répondent aux aspirations des Burkinabè ? ».

Des spécialistes ont été sollicités pour éplucher le thème. Il s’agit de Pr Basile Laetare Guissou qui a planché sur le sous-thème, « critique politique des institutions et de leurs animateurs au Burkina Faso » ; Pr Jacques Nanéma sur « les attentes morales des populations vis-à-vis de la politique et des politiciens » et Dr François D’assise Palm qui scruté le sous-thème « les éléments de constructions des dynamiques de coopération inter-ethniques ».

Ouvrant ainsi le bal du panel, le chercheur à la retraite et homme politique, Pr Basile Laetare Guissou a décortiqué son sujet à travers deux grands points. Par le premier point, il a planché sur la notion de « Etat » et « nation » avant de s’attarder, dans la deuxième partie, sur la possibilité d’un Etat endogène au Burkina Faso.

Il a alors retracé l’évolution de l’Etat, avant, pendant et après la colonisation, pour ensuite s’interroger de savoir pourquoi les institutions ne reflètent pas les civilisations, cultures, valeurs que les ancêtres ont léguées en héritage. « L’impossibilité de marier l’Etat et la nation, la classe politique et la population, les élites intellectuelles et les véritables problèmes des 8 000 villages au Burkina », a-t-il présenté.

Selon l’ancien directeur général du CNRST (Centre national de recherche scientifique et technologique), c’est sous la Révolution (83-87), époque sous laquelle il fut ministre, qu’il y a eu une « tentative de construire une nation endogène », s’appuyant « sur notre héritage » institutionnel et politique. Le sociologue Guissou est convaincu qu’un Etat endogène est possible au Burkina.

Pr Jacques Nanéma, qui a succédé à cette communication inaugurale, et analysant les attentes morales des populations vis-à-vis à leurs hommes politiques, va d’abord rappeler que l’homme est un être de valeurs, pour qui les valeurs comptent. « C’est normal qu’il veuille que tout dans sa vie soit habité par la morale. L’homme est souvent un être religieux (donc il y a la morale), il veut aussi que la politique soit un espace moral », campe le philosophe.

De son avis, demander que la morale soit politique, implique quelque fois qu’elle devrait remplacer la politique. « Or, la politique et la morale, ce ne sont pas les mêmes choses ; il y a des lignes de discrimination, de rupture entre les deux. La morale, c’est une question personnelle, ce que chacun a dans sa conscience. La politique, elle, ce sont les rapports des uns avec les autres », clarifie Pr Nanéma.

C’est pourquoi dit-il préférer la conception de « éthique politique », qu’il appréhende comme l’effort entre les individus dans les différences et qui consiste à convenir dans un contrat social, de ce qu’il faut faire, de la manière dont les membres d’une société doivent vivre ensemble. « Quand bien même, quelques fois, morale et éthique peuvent signifier la même chose, l’essentiel étant de comprendre que c’est la préoccupation pour le bien commun. Et ce, que ce soit en politique qu’en religion… », précise Pr Nanéma.

Quant au Dr François d’Assise Palm qui s’est exprimé sur « la construction d’une conscience nationale », il a expliqué que construire une conscience nationale signifie qu’au-delà de toutes ces appartenances religieuses, confessionnelles, ethniques, chaque Burkinabè doit d’abord considérer l’autre comme Burkinabè, un frère. « Donc, chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, comme un frère. Dans la mesure où nous allons nous voir comme des frères, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse, nous pourrons travailler ensemble pour le pays », a-t-il éveillé.

Selon Dr Palm, construire des relations inter-ethniques, inter-communautaires viables, nécessite une culture de la non-violence, le dépassement de soi, l’acceptation de la rencontre de l’altérité (cultiver des valeurs universelles) et, au niveau administratif, mettre l’accent sur la compétence.

L’auteur de la thèse « Nuptialité et compensation matrimoniale chez les Dagara du Burkina Faso » préconise en outre que l’on reconsidère (donne plus de pouvoir) les chefs locaux (chefferie coutumière), maillon important dans la résolution des crises sociales.

Plus de détails à venir sur cette conférence publique au cours de laquelle, le Forum Ditanyè a lancé un appel à la formation d’un Front patriotique.

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Vos commentaires

  • Le 4 juin 2022 à 11:46, par TANGA En réponse à : « Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assises Palm

    Vous avez dit : ’’Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse …’’ alors que eux ont mentis qu’ils sont venus libérer le pays or qu’ils sont là pour se donner seulement de gros salaires laissant le peuple croupir dans la misère.
    Si vous êtes véridiques, pourquoi ne pas leur dire la vérité à ce propos ?

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  • Le 4 juin 2022 à 13:09, par LE VIGILANT En réponse à : « Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

    Très bonne initiative. Il fallait des fils et filles dignes et intègres, qui puissent s’unir pour sauver ce qui peut toujours l’être. Il faut que nous créions les conditions de retour à cette société solide construite autour de valeur d’intégrité (loin de la corruption), de dignité, de travail, de sacerdoce, de tolérance et de vivre ensemble que nous ont léguée nos ancêtres. Il faut que notre Etat soit gouverné et bien gardé ! Il faut qu’il y ait de vrais hommes d’Etat et des institutions fortes}

    et pour assurer à notre pays une existence durable, paisible et prospère. Il faut que nous chassions les loufiahs et autres sans culottes qui veulent gouverner le pays. Il faudra éviter à notre peuple d’être gouverné ou administré par n’importe qui et de disparaître.

    En effet, le Burkina Faso est à terre et n’importe qui pense que c’est le moment de prendre pour lui. Pour le pouvoir, n’importe qui crée son parti politique ou son OSC et s’agite comme il veut, même s’il ne peut même pas avoir plus de cinq personnes dans son parti ou son OSC et ensuite se fait inviter à la Télé ou à la radio pour raconter des idioties qui malheureusement emportent l’adhésion d’une population inculte et béate qui se perd ainsi. N’importe qui est invité à la télé ou à la radio pour raconter des inepties parce qu’il parle fort et gesticule beaucoup. Malheureusement nos médias aussi ne se respectent car ils ne sélectionnent pas des invités de qualité, mais de la racaille capable de gueuler fort et de s’agiter n’importe comment.

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  • Le 5 juin 2022 à 09:34, par Los En réponse à : « Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

    Bien dit le vigilent. De nos jours tout le monde pense qu il a un destin politique. Et bonjour les dégâts CR la politique c est l art de bâtir la cité et c est les meilleurs qui le font. Quand l autre dit pour ne pas le citer qu en politique le mensonge et la vérité portent le meme pagne cela n est pas vrais sauf pour les ignorants. La politique c est un espace pour des hommes vertueux qui vont jusq au sacrifice suprême pour l emencipztion de leur peuple. Ne traversissons la politique pour un instrument d enrichissement et de promotion sociale comme malheureusement c est le cas en Afrique.

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  • Le 5 juin 2022 à 11:06, par Bob En réponse à : « Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

    Vous ne pouvez pas avoir une chose et son contraire. Si vous optez pour la démocratie à l’occidentale vous privilégiez les PARTIS c’est à dire des regroupements d’individus aux intérêts divergents, concurrents et dans le cas de nos DÉMON craties, antagonistes et même ennemis. Le CONSENSUS et l’harmonie étaient les PIERRES ANGULAIRES des systèmes dans beaucoup de sociétés africaines. La RÉCONCILIATION, la FRATERNITÉ et toutes ces belles choses ne seront que des vœux pieux tant que l’INTERET des individus sera au dessus de l’intérêt GÉNÉRAL. Avec 200 PARTIS le Burkina est divisé en au moins 200 PARTIES qui se battent, se détestent et se déchirent pour être les SEULES à s’accaparer du BUTIN. Le pays devient une proie qu’on s’accapare en excluant si possible les 199 autres partis et parties . Tout ce que des gens plus ou moins bien pensants peuvent dire ne sont que des ÉLUCUBRATIONS. N’est-ce pas ce qu’on constate avec l’avènement du MPSR ? Au lieu d’accélérer la lutte contre le terrorisme et la corruption, ils accélèrent plutôt la lutte vers l’enrichissement de leurs membres en s’octroyant des salaires mirobolants et des postes juteux.

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  • Le 6 juin 2022 à 15:15, par ayarus@yahoo.fr En réponse à : « Chaque Burkinabè doit voir l’autre comme un Burkinabè, un frère…, au-delà de notre appartenance ethnique, religieuse … », interpelle Dr François d’Assise Palm

    Le probleme n’est pas a ce niveau...C’est devant l’argent du contribuable Burkinabe que tout se gatte...
    Des cadres sans morale pillent les ressources de l’Etat et ne laissent rien pour aider les pauvres...C’est cela, le vrai problème du Burkina Faso.
    les voleurs de la République ; pris les mains dans le sac, devraient être pendus a la place de la nation . Tout comme tous ces voleurs qui se cachent pour se partager l’argent du contribuable dans l’obscurité.
    Malheur a tous ces pillards de la république. Ce sont eux les vrais terroristes...

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