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Burkina/Agriculture : WASCAL lance un projet de lutte contre les ravageurs et les maladies des cultures

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET • mercredi 1er juin 2022 à 13h28min
Burkina/Agriculture : WASCAL lance un projet de lutte contre les ravageurs et les maladies des cultures

WASCAL a procédé ce mercredi 1er juin 2022 à Ouagadougou, au lancement officiel du projet « Système de gestion avec précision des ravageurs et des maladies des cultures basé sur le Big Data multidimensionnel ». Un projet qu’il met en œuvre en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et des ressources animales et halieutiques.

Les ravageurs constituent un problème majeur pour l’agriculture. Ils sont souvent la cause du faible rendement, leurs attaques pouvant causer une perte allant de 80 à 100%. De ce fait, ils menacent les revenus des agriculteurs. Selon Dr Diakalia Son, directeur de la protection des végétaux et du conditionnement (DPVC), la principale difficulté dans la gestion des nuisibles, c’est la défaillance du système d’alerte précoce qui ne permet pas aux producteurs de s’y prendre à temps pour faire face à ces ravageurs.

C’est donc pour contribuer à la gestion de ces nuisibles, que WASCAL en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et des ressources animales et halieutiques et Afrique Géosciences ont initié le projet « Système de gestion avec précision des ravageurs et des maladies des cultures basé sur le Big Data multidimensionnel » (PPeDMaS, de son sigle en anglais). C’est l’un des dix projets qui ont été retenus pour être financés dans le cadre de l’initiative « Accélérer la croissance verte inclusive grâce à l’innovation numérique basée sur l’agriculture en Afrique de l’Ouest » (AGRiDI). Une initiative qui vise à soutenir le développement d’innovations pour relever les principaux défis liés au changement climatique, à l’utilisation durable et à la gestion de la biodiversité ainsi qu’à la production et à la consommation responsable parmi les communautés agricoles d’Afrique de l’Ouest.

Les participants au lancement du projet

Le projet PPeDMAS est l’un des dix projets AGRIDI (Accélération de la croissance verte inclusive par l’innovation numérique agroalimentaire en Afrique de l’Ouest). Il est financé par le Fonds d’innovation ACP de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), grâce à un financement de l’Union européenne. AGRIDI est une Initiative du Centre International de Physiologie et d’Ecologie des Insectes (icipe), et mise en œuvre au sein de son unité de coordination régionale du Regional Scholarship and InnovationFund (RSIF), en collaboration avec l’Université d’Abomey Calavi (Bénin), Agropolis Foundation (France) et Gearbox Pan African Network (Kenya).

Il prévoit une collecte de données dans des exploitations de tomates, d’oignons et de maïs dans les régions du Centre-est, du Centre-sud et du Plateau central dans le but de développer des solutions numériques pour la gestion des ravageurs et des maladies des cultures au Burkina Faso. Les données de terrain seront collectées à l’aide de téléphones mobiles et de drones multispectraux. Ces données, combinées à d’autres images gratuites de ravageurs, de plantes malades et saines disponibles en ligne, ainsi qu’à des données maillées à haute résolution sur les variables climatiques et environnementales et sur les paramètres biophysiques des cultures, seront étudiées de manière approfondie dans le cadre d’activités de recherche visant à développer différentes solutions de gestion de précision des ravageurs et des maladies.

Dr Diakalia Son, directeur de la protection des végétaux et du conditionnement, assure que le ministère de l’Agriculture accompagnera WASCAL pour une mise en œuvre réussie du projet

PPeDMaS offrira en définitive, une plateforme de données sur les ravageurs et les maladies basée sur le web : une application web d’alerte précoce, un système de conseil expert pour la gestion des ravageurs et des maladies et une application mobile qui fournira des solutions immédiates aux agriculteurs sur les ravageurs et les maladies, a expliqué Dr Kwame Hackman, coordonnateur du projet PPeDMaS à WASCAL.

« Nous avons souvent des difficultés à prédire le plus tôt possible les maladies et les ravageurs. Alors que tant qu’on n’arrive pas à prédire, ça va nous amener à utiliser beaucoup de pesticides, ça va nous amener à détruire nos spéculations. Mais le projet qu’on a lancé aujourd’hui va permettre de développer des systèmes d’alerte précoce et de réduire l’utilisation massive de pesticides », a indiqué Dr Diakalia Son. C’est pourquoi, assure-t-il, le ministère de l’Agriculture ne ménagera aucun effort pour soutenir WASCAL dans la mise en œuvre du projet.

Photo de famille

L’atelier qui se tient ce 1er juin 2022, est l’occasion de fournir à l’ensemble des parties prenantes, les informations sur le projet, de recueillir leurs contributions, mais aussi de susciter leur adhésion pour sa mise en œuvre réussie.

Le projet PPeDMaS est à sa phase pilote qui durera deux ans. Le directeur général des productions végétales espère qu’au bout de ces deux années, les résultats seront à la hauteur des attentes, afin d’obtenir des financements pour une mise à l’échelle du projet au bénéfice de l’ensemble des agriculteurs du pays.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 1er juin à 15:27, par Pierre En réponse à : Burkina/Agriculture : WASCAL lance un projet de lutte contre les ravageurs et les maladies des cultures

    La priorité n’est pas celle là !
    la priorité aujourd’hui est de lutter contre l’importation illicite de pesticides toxiques et dangereux pour la santé et l’environnement. Plus grave, ces pesticides interdit d’utilisation en occident sont déversés dans nos pays. On estime jusqu’à 70% des pesticides utilisés sont illicites au Burkina Faso. Ils sont utilisés n’importe comment et contribuent à aggraver la situation des ravageurs qui deviennent résistants et tuent les amis auxiliaires de nos cultures (coccinelles...) et la biodiversité comme les abeilles.
    Nos chercheurs sont capable de produire des biopesticides efficace pour la lutte contre les maladies et ravageurs de nos cultures afin de soutenir la transition agroécologique et l’agriculture biologique. Mais, on préfère s’inféoder aux priorités de recherche des PTF pour des pseudo application 3.0 !

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    • Le 1er juin à 22:37, par Dr Diakalia SON, Directeur de la protection des végétaux et du conditionnement En réponse à : Burkina/Agriculture : WASCAL lance un projet de lutte contre les ravageurs et les maladies des cultures

      Merci pour vos commentaires, cependant il faut savoir que la lutte contre la fraude des pesticides et leur utilisation abusive par les producteurs passe nécessairement par la maitrise des ravageurs et maladies des cultures et surtout leur détection précoce qui permet au producteur de prendre les dispositions nécessaires pour éviter la propagation de la maladie ou du ravageur. L’agroécologie dont vous faite cas ne peut se mettre en place ni se développer sans une maitrise des ravageurs et des maladies et elle se base beaucoup sur la prédiction et le système d’alerte précoce afin d’éviter les producteurs à utiliser les pesticides. Je suis également enseignant-chercheur et je connais les avantages et les limites des biopesticides qui ne peuvent être efficace sans une maitrise des bioagresseurs. Le Ministère accompagne la recherche dans le développement des biopesticides et fait la promotion de l’agroécologie dont vous fait cas.
      En matière de lutte contre la fraude des pesticides, le ministère fait ce qu’il peut en faisant des contrôles en frontières et à l’intérieur du pays et c’est le devoir de nous tous et surtout vous qui parle de l’agroécologie de sensibiliser les producteurs sur les effets néfastes des pesticides chimiques de synthèse.

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  • Le 2 juin à 20:40, par Pierre En réponse à : Burkina/Agriculture : WASCAL lance un projet de lutte contre les ravageurs et les maladies des cultures

    Merci au Dr Son pour sa réponse. Cependant, votre dernière phrase est des plus inquiétantes en disant que "...le ministère fait ce qu’il peut..." Or, chaque jour qui passe, le % de pesticide illicite ne fait qu’augmenter ! Les agroécologistes sensibilisent... mais, il y a lieu de se poser les questions pour s’attaquer à ce fléau suicidaire qui nous empoisonnent à petit feu, détruit notre environnement, pollue nos sols, l’eau et extermine la biodiversité et compromet l’avenir des générations futures. La situation actuelle est intolérable. Le devoir régalien de l’état est d’assurer la qualité des aliments produits ou importés pour nourrir sa population et garantir sa santé. Il y a lieu de convoquer sans délai toutes les forces vives de la nation sur cette question vitale afin de décider et appliquer toutes les solutions idoines pour résoudre ce fléau mortifère.

    Répondre à ce message

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