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"La lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine" : « Voici une expression qu’on devrait ôter de la bouche des responsables politiques » (l’expert Auguste Denise Barry)

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • • dimanche 22 mai 2022 à 22h40min

« L’insécurité au Burkina, comment conduire des réponses humanitaires adéquates aux populations touchées ? ». C’est sous ce thème que s’est tenue une conférence publique, ce samedi 21 mai 2022 à Ouagadougou. L’activité, qui s’inscrit dans le cadre de la journée commémorative des martyrs caméliens de la charité, fête patronale de l’association Camillian Diasaster Service Burkina Faso (CADIS-BF), a été animée par l’expert en sécurité, le colonel-major Auguste Denise Barry.

Pendant environ trois heures, le communicateur a dressé une cartographie de la situation sécuritaire dans le monde, dans la sous-région (l’espace sahélo-saharien) puis au Burkina.

Dans sa démarche, Auguste Denise Barry est revenu sur l’origine de ce qui est aujourd’hui considéré comme terrorisme (il précise que, jusque-là, il n’y a pas de consensus sur la définition du mot "terrorisme" ; seul l’ "acte terroriste " est défini).

Parlant du contexte burkinabè, le spécialiste a soulevé des causes, notamment les insuffisances liées à l’anticipation. Cette faiblesse s’est observée sous Blaise Compaoré, quand bien même une stratégie existait et marchait, il fallait renforcer l’anticipation, explique-t-il.

Sous la transition, où les premières attaques ont commencé, il était impérieux, poursuit M. Barry, d’organiser les Forces armées et les Forces de sécurité intérieure pour anticiper.
Le pouvoir Roch Kaboré a été caractérisé par les mêmes insuffisances de manque d’anticipation, ajoute l’ancien ministre de la sécurité.

Selon le communicateur, avec le laxisme observé dès le début des attaques, on ne pouvait pas espérer mieux que la situation actuelle que traverse le pays. Pour lui, l’on a regardé les attaques se généraliser, alors qu’il aurait été facile de les cerner et les circonscrire dès le départ.
« On a laissé le fantôme entrer dans la maison, on ne l’a pas contré, maintenant, on veut le combattre », déplore Auguste Denise Barry.

Pire, relève-t-il, « dans le discours, on est tombé dans la stratégie des terroristes. Il vous souviendra que dans plusieurs discours politiques, on a dit que la lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine. Voici une expression qu’on devrait ôter de la bouche des responsables politiques. On a donc mis dans la tête que la lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine. Ce qui a un impact sur notre stratégie. Pourquoi ? Parce que si vous vous dites que c’est une lutte de longue haleine, vous allez essayer de trouver les voies et moyens sur la durée. Or, c’est cela la stratégie de l’ennemi, qui a le temps avec lui. Si vous vous mettez dans une posture de l’immédiat, vous trouverez des solutions pour cela ».

A l’en croire, l’ennemi a le temps et joue sur ce paramètre. Ce qui ne doit pas être le cas du politique, qui ne devrait pas se donner le temps. Prenant les exemples de l’Algérie et de la Mauritanie, le communicateur convainc que "localement, on peut bel et bien vaincre le terrorisme".

Selon Auguste Denise Barry, s’appuyant sur un verset biblique, à ce jour, "seule la sagesse peut nous amener à la victoire". « La sagesse rend le sage plus fort que dix chefs. Mais comment l’avoir ? C’est là la question », pose-t-il avant d’indiquer qu’il faut donc avoir de l’ingéniosité.

L’expert dit également avoir l’impression que l’ennemi semble plus déterminé à prendre le territoire que les Burkinabè à défendre leur territoire. « Je ne sens pas que le peuple est engagé, déterminé à défendre son territoire », dit-il, précisant cependant que le ton de la mobilisation doit être donné par l’État.

Sur ce volet relatif à la conscience générale vis-à-vis de la gravité de la situation, Auguste Denise Barry est, par témoignage, revenu sur le contraste entre les tristesses et risques dans les zones subissant les attaques et l’ambiance de fête dans des villes comme Ouagadougou.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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