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Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET • dimanche 15 mai 2022 à 21h58min
Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

Depuis l’apparition de la grippe aviaire au Burkina, en décembre 2021, plus rien ne va pour Moablaou SA. Ce complexe avicole, vieux de 35 ans, a perdu en trois semaines près de 200 000 poules pondeuses et poulettes. Un coup dur pour son promoteur Abou Simbel Ouattara qui a dû remercier une soixantaine de ses employés. Plus de quatre mois après, l’entreprise qui produisait près de 50% des œufs consommés au Burkina, est toujours dans l’attente d’un appui de l’Etat pour se remettre sur pied.

Lundi 9 mai 2022, il est 8 heures du matin. Habituellement bondé de revendeurs et revendeuses, le service commercial de l’entreprise Moablaou, situé à la Patte d’Oie, est fermé. Il n’y a pas un chat. Un drame a frappé l’entreprise. Il n’y a pas eu de mort d’homme, mais c’est tout comme. La grippe aviaire a décimé brutalement tout le cheptel causant des pertes de plus de 800 millions de francs CFA en pondeuses et plus de 3 milliards de production.

« Au moment où la maladie a frappé, nous étions à un peu moins de deux cent mille poules pondeuses avec une production journalière d’à peu près 150 000 œufs. Nous nous retrouvons avec zéro recette. Toutes les poules ne sont pas mortes le 17 décembre, mais c’est à cette date que nous avons fait le constat d’une mortalité anormale dans un de nos bâtiments », explique, dépité, Abou Simbel Ouattara, le promoteur du plus grand complexe avicole du Burkina, aujourd’hui en difficultés.

Abou Simbel Ouattara, P-DG de Moablaou SA, demande un accompagnement de l’Etat

« L’échec n’était pas une option »

Convaincu que c’est dans l’adversité que l’on se construit, Abou Simbel Ouattara était pourtant loin de s’imaginer que son entreprise créée avec 500 pondeuses en 1987 serait au bord de l’effondrement sept ans après avoir surmonté l’épidémie de grippe aviaire qui a ravagé son cheptel de 120 000 pondeuses en mars 2015. Il était néanmoins sûr d’une chose : en claquant en 1987 la porte de l’Office national des céréales (OFNACER) pour s’aventurer dans l’aviculture moderne, l’échec n’était pas une option même si le chemin serait parsemé de ronces.

Une promesse de relance

En mauvaise posture et sans un seul kopeck de l’Etat burkinabè qui loue pourtant le civisme fiscal de l’entreprise, Abou Simbel Ouattara réussit tout de même le sauvetage de son entreprise en 2015 grâce à l’assistance de proches, à ses fonds propres et à certaines banques. Mais en 2021, l’entreprise a grandi et les enjeux sont tout autres. Et la lueur d’espoir qui avait commencé à poindre à l’horizon, après une rencontre avec le ministre en charge de l’agriculture et des ressources animales du dernier gouvernement de Lassina Zerbo, laisse perplexe l’entrepreneur.

Une vue interne dans un des poulaillers industriels fermés avant l’épidémie de grippe aviaire

« Le ministre nous a fait l’honneur de nous recevoir mon adjointe et moi le 28 décembre soit onze jours après la catastrophe. Il nous a dit avoir reçu instruction de tout faire pour que l’entreprise ne coule pas du fait de la grippe aviaire. Nous avons reçu la consigne de ne licencier aucun membre du personnel, de ne faire aucune mise en chômage technique, car l’Etat allait réagir rapidement. Le ministre a demandé de lui fournir au plus tard le 7 janvier 2022, un dossier de relance. Ce dossier devrait nous permettre de chiffrer exactement quelles sont nos pertes et ce qu’il fallait pour la relance des activités, du poussin jusqu’à la production. Le ministre a ajouté qu’il fallait que ce dossier, en sa partie financière soit validée par notre expert-comptable. Et la partie technique qui concerne tout ce qui est aspect vétérinaire devait également être validée par les services publics vétérinaires », explique Abou Simbel Ouattara.

L’impasse

Ragaillardi après cet entretien, l’entrepreneur avicole reviendra le 7 janvier 2022, déposer le dossier de relance au secrétariat particulier du ministre. Pour la relance des activités, Abou Simbel Ouattara avait demandé près d’un milliard de francs CFA à l’Etat. Mais, coup de théâtre ! Dix-sept jours plus tard, un coup d’État renverse le gouvernement précoce du Dr Lassina Zerbo, le 24 janvier 2022. Abou Simbel Ouattara est dans l’impasse. Acculée, au regard des charges salariales qui s’élevaient à plus de 20 millions de francs CFA par mois, son entreprise parviendra tout de même à payer les salaires des employés au cours du mois de janvier. Le licenciement tant redouté des employés ne pouvait plus être reporté aux calendes grecques.

Le service commercial qui grouillait habituellement de monde est aujourd’hui désert

60 employés licenciés

« Nous nous sommes concertés pour voir quelle est l’attitude à prendre parce qu’après dix jours, il n’y avait pas de gouvernement et nous n’avions pas d’interlocuteur. Les secrétaires généraux expédiaient les affaires courantes uniquement. Nous étions donc dans l’obligation de commencer le processus de licenciement ou de mise en chômage technique du personnel. C’est ainsi que sur les 83 employés, 60 ont été licenciés et 10 ont été mis en chômage technique. Il ne reste plus que 13 personnes pour assurer le service minimum, notamment la maintenance des équipements de la ferme, qui rappelons-le, est une ferme industrielle », précise le promoteur de Moablaou SA.

Silence radio depuis deux mois

Sitôt après la formation du nouveau gouvernement de transition, Abou Simbel Ouattara dit avoir contacté le protocole du ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques afin d’obtenir une audience et ainsi relancer le dossier. Mais, jusqu’au 9 mai, jour de notre passage au siège de l’entreprise, les nouvelles autorités n’avaient pas réagi. Cette situation laisse perplexe M. Ouattara qui estime avoir été abandonné par son premier partenaire qu’est l’Etat. Cet Etat, à l’instar d’autres, dont la responsabilité est non seulement de lutter contre la grippe aviaire, mais aussi d’accompagner la relance des activités des victimes de cette maladie, comme prévu dans les textes et recommandations de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le coup de pouce de trois banques

Au regard de l’urgence pour sauver son entreprise, Abou Simbel Ouattara a déjà contacté trois banques de la place pour l’accompagner. Sur la somme de 750 000 000 FCFA sollicitée auprès de ces banques à rembourser sur une période de 24 à 36 mois, 350 000 000 FCFA seulement ont été accordés à l’entreprise. « Toutes les banques demandaient si l’Etat allait faire quelque chose. La perte de production sur un exercice d’un an est évaluée à approximativement 3,2 milliards de francs CFA. Les banques peuvent-elles financer seules ce gap ? », s’interroge Abou Simbel Ouattara.

Abou Simbel Ouattara dit avoir obtenu un prêt de 350 millions de francs CFA sur les 700 millions demandés aux banques

Même si les 350 millions de francs CFA sont insuffisants pour lancer deux bandes de productions sur les quatre bandes que compte cette exploitation industrielle, il faut noter que l’entrepreneur a déjà reconstitué le premier bâtiment avec l’argent reçu et un apport personnel. Un premier lot de 60 000 poussins a été réceptionné le 8 mai dernier. Et il faudra attendre cinq mois pour avoir des œufs si tout se passe bien. Et pour y arriver, Abou Simbel Ouattara a annoncé déjà que le système de biosécurité a été renforcé afin de réduire les risques sanitaires, comme c’était le cas depuis 2015.

Donner un signal positif

« Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure, mais s’il n’y a pas d’appui additionnel de l’Etat à celui des banques, je ne suis pas sûr que le miracle qui avait été fait en 2015 ait lieu. Je ne suis qu’un homme avec toutes ses limites », a déclaré Abou Simbel Ouattara qui souhaite que les autorités donnent un signal positif à tous ces jeunes qui voudraient se lancer dans la production animale moderne, mais qui hésitent toujours.

« Quand vous décidez de vous mettre en règle, de formaliser une entreprise et que vous ambitionnez d’être un phare pour la jeunesse, votre Etat ne doit pas vous tourner le dos. Notre entreprise contribue au trésor public et à la stabilité sociale par l’apport qu’elle fait en résorbant quelque peu le chômage. Quand vous voyez une jeune femme ou un jeune homme qui vient à pied acheter les œufs et que six mois après, elle ou il achète un vélo et une mobylette moins de deux ans après, vous ne pouvez qu’être fier. Mais, quand une telle catastrophe (grippe aviaire, NDLR) survient, votre première anxiété, c’est de savoir ce que vont devenir toutes ces personnes à qui on assurait la disponibilité du produit qui leur permettait d’avoir un revenu constant tous les douze mois de l’année », soutient Abou Simbel Moablaou.

Près de 200 000 œufs étaient produits chaque jour par la ferme Moablaou SA

« Le chef de l’Etat doit redonner espoir au secteur économique »

Selon lui, tous ceux qui ont créé des entreprises, qui travaillent la terre ou qui font de l’élevage sont profondément attachés à ce pays. Par conséquent, ils méritent un appui de l’Etat. « Tendre la main à cette grande majorité de Burkinabè est un signe qui laisse comprendre que le chef de l’État est un fils du pays qui n’ignore pas que 100% des Burkinabè sont d’origine fils de paysan. Autant le chef de l’Etat est sorti sur le terrain pour galvaniser les soldats, autant il doit redonner espoir au secteur économique. Nous avons besoin de signaux. Ce n’est pas uniquement de l’argent. Retenons qu’il n’y a pas deux États. Il n’y a pas un président pour la lutte contre l’insécurité et un autre président pour la vie ordinaire économique du pays. Malheureusement l’une de ces priorités ne peut attendre que l’autre soit totalement résolue avant son tour, sinon tout s’écroule », a conclu Abou Simbel Ouattara.

Dix régions sur treize touchées par la grippe aviaire au 21 février 2022

L’aviculture occupe une place de choix dans le sous-secteur de l’élevage, avec plus de 46 millions de têtes de volaille dénombrées en 2021. Les produits avicoles représentent 6% du PIB agricole. La grippe aviaire a mis à genou le secteur depuis quelques mois. De sept régions en début janvier, le Burkina Faso comptait à la date du 21 février 2022, dix régions touchées par l’épidémie. Aucun cas n’avait encore été détecté dans la région du Sahel, du Centre-nord et des Hauts-Bassins. Certains foyers étaient éteints notamment dans le Zoundwéogo, dans le Nahouri et la région de l’Est, où il n’y a pas eu d’évolution depuis l’annonce de l’épidémie en conseil des ministres, le 13 janvier 2022.

MOABLAOU SA s’est vu décernés plusieurs prix dont celui du Grand prix africain du meilleur promoteur dans le secteur avicole dans la zone UEMO

Agir et vite !

Dans une interview, accordée à notre confrère de Sidwaya, le directeur général des services vétérinaires, Dr Adama Maïga confiait que le plan de riposte qui a été élaboré avait besoin d’un financement. La recherche de financement était au point mort avec le changement de régime politique en janvier. L’Etat est interpellé, car si la riposte est, elle aussi, grippée, à quels saints vont se vouer les entrepreneurs avicoles de la trempe de Abou Simbel Ouattara, aujourd’hui désespérés. Il faut agir et vite.

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Quelques chiffres sur Moablaou SA

 

 MOABLAOU SA dispose d’une usine d’aliments complets d’une capacité journalière de 120 tonnes.

 

  Pour la production d’aliments pour son bétail, cette usine achète chaque année environ 6 000 tonnes de maïs jaune local, 2 000 tonnes de tourteau de soja, 1 000 tonnes de tourteau de coton à la SN-CITEC et 700 tonnes de coquilles d’huitre locales.

 


 Chaque jour, environ 180 000 à 210 000 œufs sont produits dans des poulaillers industriels fermés et en atmosphère contrôlée. Son chiffre d’affaires oscille entre 2,5 et 3,5 milliards chaque année.

 

  L’entreprise compte quatre grossistes et 1 200 distributeurs dont environ 800 femmes. Ces 1 200 distributeurs ont chacun au moins 4 collaborateurs pour le dispatching des œufs.

 

  Le complexe avicole MOABLAOU SA produit chaque jour 16 à 20 tonnes d’engrais organique à partir des fientes brutes de son cheptel. Tous les agriculteurs de la région l’achètent depuis des années pour la fertilisation de leurs sols de production de céréales, de légumes et de fruits.

 

  MOABLAOU SA, pour son fonctionnement consomme en moyenne 12 millions de francs CFA/mois en électricité de la Sonabel.

 

 

  Le personnel de MOABLAOU SA, 83 salariés dont 17 contractuels, est composé d’agents aux profils multiples. Une vingtaine de salariés ont entre 10 et 27 ans d’ancienneté dans cette entreprise. Environ 30% de ce personnel a une formation universitaire supérieure : Doctorat, Master II, Licence, BTS, BAC. Les ouvriers avicoles complètent cet effectif pour toutes les tâches.

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Vos commentaires

  • Le 13 mai à 14:22, par Passakziri En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Vraiment une entreprise que je ne conaissais pas mais qui impressionne par ses chiffres. Voilà des entreprises à soutenir. Mais au lieu de ca on veut subventionner le coton à 70 milliards ? Vraiment nous n’avons aucun plan.

    Passakziri

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    • Le 13 mai à 18:43, par Danton En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

      Oui mon cher ! On veut subventionner la production du coton. Pour mieux appauvrir nos agriculteurs et nos sols et enrichir la France. Il faut absolument que l’État agisse pour sauver l’entreprise de M. Ouattara et tou(e)s les autres qui ont été anéanties par cette grippe aviaire dont le gouvernement n’a plus beaucoup parlé depuis le coup d’Etat...

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      • Le 14 mai à 15:39, par Avicenne En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

        Mais que vient faire La France dans cette histoire ? Rien !
        Vous avez la chance d’avoir un grand entrepreneur qui subit malgré lui les désastres de cette grippe aviaire comme en France où les élevages sont décimés, mais nous, nous avons un ministre de l’agriculture ( M. Denormandie ) qui est considéré par cette filière comme le meilleur ministre depuis 20 ou 30 ans, avez-vous un ministre de l’agriculture qui travaille main dans la main avec le ministère des finances ? NON !
        C’est à vous de soutenir cet homme, il sort du lot et devrait avoir votre soutien car qu’est-ce que La France a à faire dans cette calamité " à moins que nos services secrets aient été diligenté pour infester l’élevage de cet entrepreneur "
        votre gouvernement est pathétique et c’est l’ UE qui va devoir encore et encore vous envoyer de l’aide pour que la famine ne vous rattrape pas.

        J’ai de l’admiration pour cet homme qui devrait devenir un modèle pour vous car en tant que femme, je ne peux que être touchée qu’il fasse travailler tant de femmes qui, ainsi peuvent prétendre à leur indépendance.

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    • Le 20 mai à 13:30, par Vérité En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

      Le soutien au secteur du Coton n’empêche l’encouragement au niveau de l’élevage. L’état trouver ailleurs des fonds additionnel.

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  • Le 13 mai à 16:04, par Skalfreee En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Vraiment il y’a urgence à agir.
    Mouablou fait la fierté du pays. L’Etat gagnerait à agir vite avant qu’il ne soit trop tard. Il y’a des emplois en jeu et aussi tout un écosystème à préserver.
    Que Dieu vous assiste M. OUATTARA et qu’il vous donne la force de poursuivre votre belle œuvre.
    Nos pays ont besoin des champions nationaux comme vous.
    Force à vous !

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  • Le 13 mai à 18:24, par Johan Stephen En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Ce promoteur a besoin d’être encouragé par l’Etat, à cause de la notoriété de la ferme industrielle, du courage légendaire du promoteur que j’ai eu l’honneur de connaître, mais aussi à cause du nombre d’emplois générés pour le bonheur des burkinabé.
    En plus, il demeure un exemple de réussite dans la filière dans un pays d’élevage où on continue d’importer des œufs et des volailles.
    Tous mes encouragements "maestro". Vivement que l’Etat entende ton cri de cœur , même si on est en transition

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  • Le 13 mai à 23:36, par pandabf En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Non, non, et non. Ce n’est pas le role de l’Etat de choisir des entreprises a sauver et laisser d’autres mourir. Pourquoi n’avait-il pas d’assurance ? Quand les affaires marchaient bien, pourquoi n’avoir pas épargné par prudence ?

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    • Le 14 mai à 13:06, par Marie En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

      Je suis tout à fait de votre avis. Beaucoup sont ici à interpeler ou invectiver l’Etat. Ben voyons ! C’est toujours cela la ruse du capitalisme. Libre marche, pas d’implication de l’Etat, autonomie totale. Quand la crise frappe, on appelle l’Etat au secours. On a vu ça avec la crise des subprimes en 2008. C’’était l’argent public qui avait renfloué les caisses des grosses firmes privées comme Lehmann Brothers qui sont à la base même de la crise.
      Dans tout le Faso des millions de paysans ont perdu leurs volailles et leurs porcs à cause de la grippe. Dans ma région par exemple, les paysans, petits éleveurs ont perdu tous les porcs il y a deux ans. Il n’y avait pas un seul paysan qui possédait encore un porc dans sa porcherie. Pas un seul. Ce petit élevage était un revenu pour eux : pour faire face aux petites dépenses du quotidien, acheter les fournitures scolaires, acheter de l’engrais, couvrir les frais d’hospitalisation ou de pharmacie. Ils n’ont plus rien. Tout a été décimé par la grippe. L’Etat a-t-il levé un seul doigt pour les indemniser ? Nada ! Ici on a milliardaire avec un système d’exploitation moderne sophistiqué, qui connaît les risques liés au métier, qui aurait du mettre en place un plan autonome de sortie de crise, à la rigueur prendre une assurance. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’il est frappé par le désastre. Hélas, non ! On engrange des milliards. Puis quand le croisé frappe on demande a l’Etat de donner un milliard cadeau ! Et le petit eleveur des villages et des hameaux ? Ils sont des millions et ont perdu plus que ce monsieur. Il faut que le capitalisme apprenne à assumer non pas seulement ses gains, mais aussi ses pertes. Tous ceux qui interpellent l’Etat sur cette affaire adoptent la même stratégie que les grandes institutions financières responsables de la crise en 2008. Qu’avaient-elles dit : “too big to fall !”. Donc, selon la logique de certains, ce Monsieur est trop gros, trop grand pour tomber. L’état doit le maintenir debout avec l’argent du contribuable. Et moi je pose la question : quid des millions de paysans et éleveurs dans tout le Faso qui ont aussi tout perdu ? Ensemble, ne sont-ils pas bien plus gros que ce Monsieur à lui tout seul ?

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    • Le 19 mai à 17:35, par BILLA Abdoul Samadou En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

      La haine , quand elle nous tient !!!
      Le monsieur n’est pas le seul qui pourrait bénéficier du soutien de l’Etat. L’Etat a bien un rôle à jouer dans cette triste situation des aviculteurs.
      Il va se rélever !!! Par la Grace de Dieu

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  • Le 14 mai à 07:21, par Le Contributeur En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Bonjour

    Ce n’est pas la seule entreprise qui a perdu son cheptel.
    Il y’a des centaines de producteurs au Burkina qui sont confronté a ce probleme de mortalité.

    On ne peut pas prendre l’argent du contribuable pour donner a un privé.

    Ses milliards de benefices engrangés sont passés ou ? Pourquoi est ce qu’il ne prend pas des assurances ? Pourquoi est ce qu’il n’a pas pris des provisions ?

    Ce qu’il peut demander a l’Etat c’est de bénéficier du fond de garantie pour s’adosser et prendre un prêt comme le fait des milliers de PME au Burkina.

    Qu’il approche la chambre de commerce pour l’aider a prendre un pret comme toutes les entreprises

    Ceci est ma contribution !

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  • Le 14 mai à 09:21, par À qui la faute ? En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Je compatis à ce qui arrive à cette entreprise mais il faut reconnaître que 35 ans d’existence devait suffire à consolider les fondements de la société. Surtout dans nos pays où rien n’est stable, et surtout dans ce domaine si fragile.
    Nous vivons dans des pays qui comptent même sur les entreprises pour résorber le chômage, et l’État emprunte pour payer des salaires, hors mis la période de guerre actuelle. Ça tombe vraiment mal pour vous. Il y a un domaine qui n’apporte pas d’argent mais qui limite les dégâts : c’est la gestion de risque. Nos grandes entreprises gagneraient à s’y intéresser.
    Quand je pense à la façon dont des entreprises comme SOGEBAF, et OK on disparu ça fait mal, tout ne tient qu’à un fil

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  • Le 14 mai à 09:31, par zemosse En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    J’ai connu cette entreprise à travers ses gros oeufs que j’achetais régulièrement. A ses début, les oeufs étaient vendus à son domicile à la patte d’oie. Petit à petit il a construit patiemment son entreprise et je suis impressionné par le matériel acquis. Vivement qu’on vienne à son secours. Dans tous les cas, je suis sûr qu’il se relèvera. .

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  • Le 14 mai à 15:32, par Tengbiiga En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Quand on a une entreprise de cette envergure, on prend une assurance contre ce genre de situation.
    Ce n’est pas le rôle de l’état de gérer ce problème.

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  • Le 14 mai à 17:39, par YAWOTO En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Plusieurs erreurs commises :
    - absence de diversification, il aurait fallu ajouter les bœufs par exemple pour la production laitière,
    - absence de provisions suffisantes pour 35 ans d’existence, la capacité d’autofinancement devrait pouvoir couvrir au minimum la moitié du besoin en fonds de roulement.
    - manque d’assurance risque que beaucoup considèrent comme de l’argent jeté par la fenêtre.
    Une bonne négociation avec les banques doit vous permettre de rebondir, par une bonne maîtrise de la planification et une gestion rigoureuse et en vous donnant le temps. Bonne chance et courage à vous.

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  • Le 15 mai à 19:44, par Banaon Némaoua En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Bonsoir mes chers amis et frères du Faso
    je connais même si c’est un peu de loin ce Monsieur depuis au moins 20 ans ; je le respecte ; je pense que nous devons pas comparer la plus grande industrie de volaille du Burkina Faso et même de la sous région aux exploitations familiales de porcs et de volailles traditionnelle au vu de son poids économique et surtout sociale : nombre d’emplois et la contribution au fisc. C’est vraiment une unité stratégique que l’Etat doit contribuer à relever car ce n’est plus de Monsieur Ouattara qu’il s’agit mais d’une société anonyme. On peut seulement regretter que l’entreprise ayant déjà subi un coup avant n’a pas fait jouer les assurances à fonds.

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  • Le 15 mai à 23:12, par kladjou En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Cette entreprise semble techniquement moderne dans son modèle de production mais côté management ça laisse à désiré
    Comment avec un chiffre d’affaire supérieur à 2.5 Milliards de franc CFA,
    - on n’assure pas une telle entreprise ?,
    - on ne s’est pas constitué un fonds de prévoyance ?

    Si l’Etat doit vous indemniser alors qu’il indemnise tous les autres aviculteurs qui sont burkinabè comme lui et emploient aussi des salariés.
    Et puis pourquoi vouloir repartir avec 200 000 poules au lieu de 50 ou 60 000 ?

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  • Le 16 mai à 08:14, par Wendmi En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Pas facile ! L’État et la Banque agricole du Faso doivent impérativement aider à relancer cette entreprise. Il y va de leur crédibilité dans cette impasse dans laquelle l’entreprise se trouve.

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  • Le 16 mai à 09:26, par Le Marechal du Burkina En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Une des options serait d’ouvrir le capital à un fond d’investissement ou ouvrir le capital à des privés.
    Je ne vois pas comment l’état pourrais intervenir directement ?
    Subvention ? Dons ? Prêt ?
    Si il le font cela créera un précédent.
    On se souvient de BRAFASO qui n’a pu être sauvé malgré la volonté de l’état.

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  • Le 16 mai à 09:56, par ce que je crois En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    Je lis avec intérêt les avis des différents internautes :
    - Ceux qui sont contre un renflouement de la société ont raison : L Etat providence est fini. Nous avons à l’origine un projet d’entreprise avec des risques de gain pour le promoteur et des risques de pertes pour lui aussi. Si on doit utiliser l’argent du contribuable à coup de milliards pour sauver une centaine d’emploi , il serait plus équitable de penser aux braves paysans , au secteur informels , aux petites et moyennes entreprises. Et comme l’a dit un internaute , après 35 ans d’existence , l’entreprise devrait avoir élaboré un plan B pour parer une situation de crise de ce genre : On appelle ça "Plan de continuité de l’activité".
    - Ceux qui sont pour le soutien à relever l’entreprise ont raison : Il ya eu dans un passé récent une intervention de l’Etat pour sauver Da Fani et Brafasso. Il nous faut construire un tissu industriel et le rôle de l’Etat et d’accompagner les acteurs tant dans la phase de lancement que de développement des unités surtout quand certains facteurs environnementaux comme le changement climatique , les pandémies ( COVID 19 , grippe aviaire ) interviennent. La ferme Moablaou est ce qu’on appelle techniquement "un champion" dans la filière au Burkina. Sa disparition pourrait avoir quelques impact sur la filière , ( au delà de l’impact économique direct sur ses partenaires fournisseurs , clients , économie locale de koubri etc) et notamment dans la distribution des oeufs , des entrées massives de poussins fraudés du Ghana etc
    Toutes les opinions sont justifiées et ce que je crois c’est d’avoir une position médiane :
    - Je fais le constat que beaucoup de travailleurs des secteurs privés et publics s’intéressent à l’élevage de la volaille comme projet économique pour l’après retraite
    - Une exploitation avicole ne peut être rentable qu’avec au minimum 2000 poules pondeuses . Le taux d’échec des promoteurs est élevé parce que passé les moments d euphorie de "montrer sa ferme" à ses amis et parents , la réalité financière entre les achats des aliments ( maïs notamment) , les soins vétérinaires , les vols des ouvriers ou du gardien etc.......,devient de plus en plus difficile et le seuil de rentabilité ressemble à la ligne d’horizon. Dans ce contexte , le promoteur se retrouve de plus en plus en train d’injecter des fonds tirés de son salaire ou du prêt scolaire dans la ferme . Au lieu que la ferme amène de l’argent elle devient un groupe financier. Le promoteur commence a espacer les visites à la ferme , à moins y inviter ses amis , et à interagir avec le gardien ou les employés par WhatsApp jusqu’au bim final ou en vend les 46 pondeuses restantes à la veille de la fête de ramadan...........
    Et si on faisait appel à un mécanisme de capital risque pour sauver Moablaou. Des investisseurs privés achètent des actions de la société et cela apporte donne les ressources dont la société a besoin pour son redressement. Un nouveau Conseil d’Administration est mis en plan et une feuille de route est tracée avec des objectifs précis. La gestion exécutive est réorganisée sous l’angle d’une cogérance
    Dans ce schéma , il sera fait appel à l’actionnariat populaire. Tous les fonctionnaires qui s’intéressent à l’élevage de la volaille comme source de revenu alternative à la pension de retraite pourront souscrire à ces actions et avoir des dividendes chaque année ( les fonctionnaires qui aiment l’élevage contemplatif ou supportent le parcours du combattant continueront bien sur leur projet)

    Voilà ce que je crois

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    • Le 19 mai à 16:22, par Meimei En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

      C’est la solution socialement et économiquement équitable. Le propriétaire de la société a décidé de ne pas se couvrir des risques dans son domaine. Face à cette situation, l’État ne peut pas juste venir renflouer ses caisses. Après toutes ces bonnes années, il ne doit pas manquer des fonds pour couvrir une partie de ces pertes et le reste il pourra faire appel à des investisseurs privés. Il demeurera actionnaire majoritaire du faite qu’il a déjà des équipements et installations sur place. Même si l’Etat doit intervenir, ca ne sera pas venir restaurer le niveau de richesse d’un individu, mais l’Etat pourra prendre des parts (actions) temporaires.

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  • Le 16 mai à 21:01, par Rita En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    L’Etat doit subventionner ce grand entrepreneur. Non seulement il cree l’emplois et paie les impots. S’aurait ete dans les pays occidentaux, une entreprise d’une telle envergure en difficulte, verra l’etat intervenir pour lui apporter un pret a un taux d’interet tres minimes pour qu’il puisse relancer son activites.

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  • Le 17 mai à 09:14, par hum En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    @internaute Rita

    Comparaison n’est pas raison
    Dans les pays occidentaux l’Etat a l’argent , chez nous l’Etat n’a pas l’argent ( parce que nous ne travaillons pas suffisamment ou nous détournons beaucoup)
    Dans les pays Occidentaux l’ Erat donne pendant un certain temps des allocations aux chômeurs , chez nous l’ Etat donne des allocations aux fonctionnaires
    Elles sont nombreuses des PME qui embauchent et qui paie leur impôts et attendent depuis longtemps l’aide de l’Etat

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  • Le 20 mai à 14:02, par Rita En réponse à : Effets de la grippe aviaire au Burkina : Au bord de l’effondrement, Moablaou SA attend toujours la main tendue de l’Etat

    @internaut hum !

    Si l’etat se porte garant pour que la societe ait un pret aupres des institutions financieres, l’etat preserve les emplois, la compagnie continuera de payer les taxes, et tous ceux qui y travaillent pourront toujours payer des taxes a l’etat. D’une facon ou d’une autre, les caisses de l’etat seront toujours alimentees avec des taxes. Il faut qu’on trouve des politiques economiques dans nos pays pour preserver et creer des emplois au lieu de crier a tout temps que y a pas l’argent.

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