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Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

Accueil > Actualités > Opinions • Par Daouda Émile OUEDRAOGO • mercredi 11 mai 2022 à 17h30min
Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

Dans ce billet, le journaliste Daouda Emile Ouédraogo s’inquiète de la situation sociopolitique et sécuritaire du Burkina et s’en explique.

« Lorsque j’ai voulu analyser les 100 jours du lieutenant-colonel Damiba au pouvoir au Burkina Faso, mon esprit et mon cœur ont refusé de m’obéir. Pourquoi ? : Cinq valeureux gendarmes du GIGN venaient de tomber les armes à la main pour la patrie. Ce n’est pas le nombre qui m’a fait peur. Car nous avons perdu plus de 2 000 soldats dans cette guerre asymétrique. Ce qui m’a fait peur est le corps d’élite qui paie le lourd tribut dans cette crise sécuritaire : la gendarmerie nationale.

Un spécialiste de la sécurité, qui a requis l’anonymat confie : « Dans une guerre, comme celle-là, on n’envoie pas les gendarmes au front. La gendarmerie, en général, est chargée de la sécurité intérieure. Plus particulièrement, le Groupement d’Intervention de la gendarmerie nationale est semblable à un corps d’élite. Elle est le dernier rempart lorsque les militaires échouent au front. Ils sont choisis parmi la crème et formés à coups de millions durant des années pour être au top. Or ici, les autorités burkinabé envoient au front la crème de la gendarmerie nationale se faire massacrer. Pourquoi les officiers militaires ne coordonnent pas les troupes militaires pour combattre au front ? », s’interroge-t-il. Et de conclure : « si ça continue ainsi, l’armée burkinabé n’aura plus de colonne vertébrale ». Là, j’ai eu le tournis.

On ne peut pas jouer avec la vie de la nation comme on joue au “biné-biné”. Pour ne rien n’arranger à ma peur, j’ai refusé de faire une comparaison : le Mali, après quatre mois d’embargo de la Cedeao, a débloqué plus de 400 milliards de francs CFA pour soutenir ses cotonculteurs. Au Faso, après 100 jours de Damiba au pouvoir, sans sanctions financières de la Cedeao, on a débloqué moins de 100 milliards pour soutenir la subvention des engrais aux agriculteurs. J’ai eu peur.

Pour ne rien arranger à ma phobie, j’ai vu à la RTB au journal de 20h du 10 mai, le FMI qui rend visite au Premier ministre Albert Ouédraogo. Or, l’Afrique est le laboratoire par excellence des réformes assassines de cette institution internationale de finance. On se rappelle du PAS (Programme d’Ajustement Structurel). Mon cœur a cessé de battre en même temps…À mon réveil, j’espère que la boulimie de la recherche du gain n’aura pas scellé le sort des 8 mineurs de Perkoa ».

Par Daouda Émile OUEDRAOGO
E.mail : ouedraogodavid597@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 11 mai à 21:53, par Peuple insurgé En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Moi également quand j’ai vu l’info concernant le FMI, j’ai senti une sorte de dégoût, un découragement. A quand le réveil ?

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  • Le 12 mai à 07:09, par Badini En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Il faut simplement s’enrôler pour le front et laisser les spéculations la peur a commencé depuis 2015 sauf ceux là qui ne résidaient pas au Burkina Faso.Depuis 2015 on devrait avoir peur mais comme c’était Loin de Ouaga les gens se disaient que c’était encore Loin simplement sinon la peur c’était depuis 2915 . Maintenant que ça commencé à concerner tout le monde on a maintenant peur.

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  • Le 12 mai à 07:34, par Dedegueba Sanon En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Mon frère, en une phrase, le peuple burkinabè s’est fait avoir encore une fois.

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  • Le 12 mai à 07:42, par Papou En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Moi je me demande si vous êtes vraiment journaliste. Le niveau de la rédaction est tellement bas...

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    • Le 12 mai à 08:33, par Alexio En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

      Papou. Je ne defends le journaliste, mais de quelle bassesse di niveau redactionel qui n etait pas a lataillede votre niveau ?

      Soyons pasplus Pape que la papaute.

      Le contenu, ou l essence pour ne pas dire le fonds du sujet er concis et presis. Sans amalgame dans les grandes lignes de l inquietude etde la securite et les perspectives economiques d horizon que le pays fera faire face. Apres la visite de cette institution criminelle qu estle FMI qui nous a esclavagiser depuisdes decennies.

      Et le vers est reste dans nos fruits. Depuis la devaluation du Franc-CFA en 1994. Grosso modo le message du journaliste est passe et est compris par nous autres qui n ont pas ton niveau peut etre academique ?

      Un intellectuel pour moi est quelqu un qui peut se resumer, se exposer concrement ses idees comprehensiblement sans rentrer dans les petits details qui sont en fait les decors de language de la langue de Moliere qui est munie d une fexibilite syntaxique.

      _Pour les intellos de l adecamia et nous autres citoyens lamda.
      Un plat pour tous.

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    • Le 12 mai à 09:12, par Manna En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

      Au lieu d’analyser le fond vous vous attardez sur la forme, ce complexe éternel de la langue française qui reste la langue du colon et une langue comme une autre.

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  • Le 12 mai à 07:54, par Sidnooma En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Une situation qui n’épargne personne sauf les hommes forts du moment, qui se disent avoir tout en leur guise pour échapper à tout moment. Le peuple burkinabè est entrain de payer fort le prix de sa naïveté et payera encore s’il n’y prend garde

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  • Le 12 mai à 09:35, par Zeus En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Intéressant que de plus en plus de gens se réveillent !
    Moi par contre j’ai peur depuis l’avènement du coup d’état parce que je sais et je vois ce qui arrive ! Ce régime va finir de désaxer la structure de la Nation, je l’ai écrit déjà ! J’ai peur d’autre chose que je n’écrirai pas ici comme une tentative de conjurer le mauvais sort.
    Pour ce qui est des gendarmes, je suis d’accord mais pas dans les mêmes termes : 1) les troupes d’élites doivent aller au front mais bien d’une manière parcimonieuse ; 2) la vraie question de fond c’est pourquoi on a l’impression que c’est la gendarmerie qui est plus au front, elle qui totalise le plus de victimes alors que les militaires sont mieux armés et ont toujours refusé que les autres corps soient armés au même niveau ? ; 3) la nature de cette guerre voudrait qu’on dépasse le cadre du qualificatif terroriste pour parler de guerre civile, si tant est que c’est cela qui retienne les militaires ! 4) Damiba risque de désaxer la structure républicaine, la seule qui nous reste, la gendarmerie : pas de mutinerie ; pas de syndicats ; toujours discrets ; protégé le Rocko jusqu’au dernier moment !
    Si coup d’état il devait y avoir et se justifier, il aurait dû être fait par la gendarmerie et non l’armée ! Ce coup d’état va nous coûter cher, très cher bien après que le MPSR ait avalé ses 4 lettres.

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  • Le 12 mai à 10:48, par Danton En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    M. Ouédraogo, globalement je suis d’accord avec vous, même si quelques incohérences méritent d’être rélevées : 1)le nombre de soldats tombés dans cette guerre asymétrique se situe aujourd’hui entre 500 et 600, mais pas 2,000 comme vous écrivez. Cela étant dit, c’est un nombre extrêmement élevé, qui devrait nous interpeller sur l’ampleur de la saignée dans les rangs ;2)la gendarmerie n’est pas l’épine dorsale de l’armée, elle est un corps à part au sein de l’armée avec des attributions précises pour maintenir l’ordre en campagne. Cependant je conviens avec vous qu’elle n’a pas vocation à être mise en première ligne pour faire la guerre à la place de l’armée régulière ; on a l’impression qu’on abuse ici de notre gendarmerie, qui se trouve obligée de faire le sale boulot à la place d’une armée qui se barricade et fuit le combat ;3) Débloquer des dizaines de milliards pour soutenir la cotonculture est une très mauvaise idée, surtout quand c’est pour subventionner les prix des intrants (pesticides, engrais chimiques, herbicides comme le round-up...) qui sont le premier vecteur de la destruction de nos sols et de notre écosystème en général. J’aurais préféré zéro Franc de subvention pour la cotonculture, mais 100 milliards pour l’agriculture vivrière, à utiliser bien sûr autrement que dans l’acquisiton d’intrants chimiques ;4) Que le FMI rende visite au Premier Ministre Albert Ouédraogo est une chose normale pour le Burkina Faso d’aujourd’hui, je ne trouve pas en quoi celà devrait engendrer des suspicions ou des réprobations. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’aide. Si l’aide du FMI ne nous a pas tué en temps de paix, ce n’est pas en temps de guerre que nous devrions la refuser.

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  • Le 12 mai à 11:53, par le Vigilant du Sahel En réponse à : Humeur : « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur pour mon pays »

    Par rapport au dernier point de l’internaute Danton, je dirais ceci : si le Burkina a souffert des mesures du FMI en temps de paix (blocage des recrutements, privatisation obligée de certaines sociétés même rentables etc), ce n’est pas en temps de guerre généralisée qu’on pourra négocier sereinement. Donc, bonjour les dégâts !. Le FMI va certainement accorder des miettes au Burkina, mais comme résultat, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer.
    Par contre, je valide son 3è point qui recommande le développement des cultures vivrières en lieu et place du coton. Le renforcement de la culture du coton prouve que nous sommes bien attachés au colonialisme français.Mais pouvons-nous faire autrement quand on sait que le coton est l’affaire de la CFDT. En effet, 45% ses actions de la SOFITEX appartiennent à la France (Société Geocoton, ancienne CFDT). Le Burkina possède seulement 35% des actions et le reste 20% appartiennent à des actionnaires plus ou moins liés à la France. On comprend dès lors pourquoi des milliards sont facilement débloqués chaque année pour le coton.

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