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Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

Accueil > Actualités > Société • • mardi 10 mai 2022 à 20h00min
Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

L’Unité d’action syndicale (UAS) donne, dans ce communiqué datant du 10 mai 2022, sa lecture sur les évènements de Perkoa.

Elle estime que les patrons de la mine ont une part de responsabilité dans cette catastrophe.

L’UAS a dit constater par ailleurs que les secours ont traîné avant de se mettre en place.

Lire l’intégralité de la déclaration ici :

DECLARATION SUITE A L’INONDATION SURVENUE A LA MINE DE PERKOA

Le 16 avril 2022, une inondation est survenue à la mine de zinc de Perkoa. A ce jour 09 mai 2022, les huit mineurs bloqués au fond de la mine y sont toujours. Que s’est-il passé ? Quelles leçons peut-on tirer de ce drame ?

L’Unité d’Action Syndicale (UAS), après le communiqué de presse qu’elle a publié le 1er mai 2022 sur la situation, a effectué une mission sur le site de la mine le 3 mai 2022. Cette visite lui a permis de réunir des informations auprès de la direction et des représentants des travailleurs et de faire un certain nombre de constats.

L’exposé liminaire a été présenté par le directeur de l’hygiène et de la sécurité venu du siège du groupe canadien TREVALI MINING, assisté du Directeur des Ressources Humaines et d’autres techniciens. Il en ressort que l’inondation a été provoquée par une forte pluie. Suite à cette inondation, si la majorité des mineurs ont pu sortir de la mine, huit d’entre eux dont deux expatriés (un Tanzanien et un Zambien) ont été bloqués au fond de la mine. Ils seraient à 580 et 640 mètres sous terre au moment de l’inondation.

La direction de la mine a indiqué que dès les premiers instants, elle a saisi directement le ministère qui a dépêché une équipe à Perkoa. La mine a par ailleurs bénéficié du soutien de tous les acteurs du secteur minier, ainsi que des sapeurs-pompiers et de l’ONEA. Les opérations ont commencé avec l’utilisation de petites pompes mais par la suite, la quantité de pompage a été améliorée et c’est du Ghana qu’elle a reçu les gros tuyaux. L’intervention de plongeurs a été envisagée puis abandonnée. Elle annonce avoir rencontré les familles dès le 17 avril, puis le 18 et le 24 avril. Elle a aussi reçu les communautés de la localité et fait le nécessaire pour des sacrifices.

Suite à l’exposé de la direction, la délégation de l’UAS a posé des questions sur les circonstances de l’inondation. Par exemple, elle a demandé si des études avaient été menées sur les cours d’eau autour de la mine, si des dispositifs étaient mis en place pour bloquer l’eau ou pour donner l’alerte. Elle a aussi cherché à savoir si les chambres de refuge pouvaient faire face à une inondation et si la mine avait sollicité l’aide de pays comme le Ghana qui a une longue tradition minière.

Sur les dispositifs et les études, la direction a répondu qu’elle a hérité de la société qui a précédé TREVALI dans la gestion de la mine. A la question de savoir pourquoi la mine n’a pas envisagé un forage pour aboutir aux mineurs, la réponse a été que l’emplacement exact des mineurs dans la mine n’était pas connu. Enfin sur les chances de retrouver les huit mineurs encore en vie, la réponse a été sans ambages : il faudrait un miracle.

Sur les causes de l’inondation, l’UAS retient que l’inondation est due à la mine à ciel ouvert que la société a créée au-dessus de la mine souterraine pour accélérer l’exploitation et ce sont les dynamitages opérés les jours précédents au niveau de la mine à ciel ouvert qui ont fragilisé les digues et favorisé l’inondation.

Il nous apparaît qu’il y a eu de la négligence dans la réalisation de travaux de renforcement et de bouchage des trous dus aux dynamitages. En clair, c’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe.
Ces raisons fondent la pertinence de l’enquête judiciaire exigée par les familles et le gouvernement et elle devra permettre de situer les responsabilités.

L’UAS note que malgré les missions du gouvernement sur le site de la mine, les secours ont traîné à se mettre en place et on peut se demander si le déploiement de gros engins arrivés tout dernièrement d’Afrique du Sud va vraiment permettre de sauver les huit mineurs, trois semaines après l’inondation.
A ce stade, l’UAS estime qu’il importe de tirer les conséquences de ce qui est survenu à Perkoa et de prendre les mesures qui s’imposent pour éviter la répétition de tels drames. Dans ce sens, elle interpelle le gouvernement et l’appelle à :

-  Veiller au respect strict des mesures de sécurité dans les entreprises, particulièrement dans les sociétés minières, ainsi qu’à celui des cahiers de charges ;
-  S’assurer que les mines conforment l’exploitation minière à leur contrat ;
-  Réaliser un audit de toutes les sociétés minières pour s’assurer qu’elles se conforment à la convention signée avec l’Etat et que les mesures de sécurité sont rigoureusement observées ;

-  veiller à une prise en charge conséquente des éventuelles victimes de l’inondation de la mine de Perkoa, et plus généralement de l’ensemble des travailleurs lésés par la suspension de l’exploitation.

En tout état de cause, une correspondance sera adressée à son excellence monsieur le premier ministre pour traduire les attentes de l’UAS sur ce dossier.

Pour les secrétaires généraux

Ont signé :

Le Président de mois des centrales syndicales

Olivier OUEDRAOGO
Secrétaire Général/CSB

Le Président de mois des syndicats autonomes

Alain SOME
Secrétaire Général/SYNTRAPOST

UNITE D’ACTION SYNDICALE (UAS)

LES CENTRALES SYNDICALES DU BURKINA FASO :

• Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B)
• Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB)
• Confédération syndicale Burkinabé (CSB)
• Force Ouvrière – Union Nationale des Syndicats (FO- UNS)
• Organisation Nationale des Syndicats Libres (ONSL)
• Union Syndicale des Travailleurs du Burkina (USTB)

LES SYNDICATS AUTONOMES :

SAMAE–SATB–SATEB–SBM–SNEAB–SNESS–SYNAPAGER–SYNAPIB–SYNATEB–SYNATEL– SYNATIC–SYNATIPB–SYNATRAD–SYNTAS–SYNTRAPOST–SYSFMAB–UGMB

Vos commentaires

  • Le 11 mai à 02:34, par Chalarmar En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    Donc aucun personnel de la mine Nantou Mining/Trevali de Perkoa ne peut faire un point de presse pour donner l’évolution des travaux ?
    De plus, où sont les agents ou les professionnels qui s’occupent de la santé et la sécurité au travail ?
    C’est dans ces situations que les gens doivent travailler à trouver les solutions et à faire leur travail. C’est dommage, s’il s’agissait de séminaires ou panel, on allait voir les spécialistes.
    D’autre travail et d’autres attendent juste le fruit du travail et même au détriment des travailleurs.

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  • Le 11 mai à 07:31, par Beonéré En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    Je suis désolé mais l’analyse du syndicat n’est pas objectif. Peut-on dire au Burkina que l’Etat n’a aucun moyen de contrôle de la conformité de mesures de sécurité dans les mines ? C’est évident que les exploitants miniers ne sont pas des enfants de cœur, raison de plus pour que l’Etat soit vigilent.
    Avant donc de tirer à boulet rouge sur les responsables des mines, demandez vous d’abord si l’Etat a fait son travail en amont. Vos recommandations, ne sont en rien que ce qui devait être normalement fait dans un pays normal. A qui la faute ?

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  • Le 11 mai à 15:16, par Made En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    Beonerre, donc ta mine de Perkoa n’a aucune responsabilité sociale et sociétale, et sécuritaire ? C’est à la mine de sécuriser ses employés, pas l’Etat. Vous avez des départements qui bouffent des milliards par mois pour ça. On se connait ici. Il y a 2 jours que j’ai dit ici que seul un idiot peux croire que la pluie est à l’origine de cette catastrophe. Je ne suis ni dans une mine, ni dans votre région, mais je connais ce secteur. Seulement, cette province a déjà reçu des pluies 2 ou 3 fois plus fortes que celle prétendu être à l’origine de la catastrophe. Donc c’est justement l’incompétence technique insouciante de la mine, conjuguer à un capitalisme à la moralité guidée par le pillage dans une course contre la montre. Les mines ont toutes ce diction prémonitoire : La question n’est pas de savoir s’il y aura une catastrophe un jour, mais c’est de savoir à quelle date ?....

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  • Le 11 mai à 20:34, par Made En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    Je reviens préciser une chose. Meme s’il ny avait personne de bloquer dans la galerie, le pompage allait être fait afin de reprendre les activités d d’exploitation. Donc l’objectif n’est pas uniquement les victimes. C’est pas au ministre de faire des déclarations sur la situation, afin d’éviter les pièges machiavéliques des responsables des la mine, mais la mine elle-même, car lorsque leur affaires sont au top, c’est même leur CEO en Occident qui bombe la poitrine pour l’annoncer au monde entier.

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  • Le 11 mai à 22:09, par Dibi En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    La situation générale dans toutes les mines au Burkina-Faso (artisanales et industrielles) est catastrophique et déplorable.
    Socialement, elles sont les lieux de toutes les dépravations, de toutes les exploitations, prostitutions, extorsions mafieuses de gains, de toutes les pollutions-empoisonnements environnementales des terres- de la flore et de la faune - au mercure, à l’arsenic et autres métaux lourds. Les eaux pluviales et souterraines en subissent aussi les contaminations dangereuses pour la santé humaine et animale.
    Économiquement, nos exploitations minières sont régies par les pires logiques de prédations des ressources du pays ; au profit exclusif des sociétés minières étrangères (australiennes, canadiennes, anglosaxonnes et même sud-africaines et françaises, aux moyens des montages financiers où la part de l’Etat atteint à peine 5°/° des revenus d’exploitation. Et où les élites, en charge de ce secteur, sont tellement corrompues par des pots de vin, qu’elles dispensent ces sociétés minières de toutes taxes et impôts d’exploitation. Ces dernières refusent même de contribuer aux fonds dédiés au développement social local et national à hauteur de 1°/° de leurs bénéfices. Des choses sur lesquelles, les conseils d’administration de ces sociétés, les gros bonnets de l’endocolonat indigène burkinabé (cadres bourgeois gestionnaires, prestataires de services et ravitailleurs locaux, civils ou mêmes militaires - officiers affairistes en retraite ou en activité - , et toutes les bureaucraties syndicales), ferment les yeux et ne pipent mot !.
    Tout ce monde de l’exploitation-prédation minière se contrefout de développement économique planifié et de la protection de l’environnement social et naturel du pays.
    Dans ce secteur minier, les pouvoirs au sommet de l’Etat ont tout bradé et bradent tout sans se préoccuper de l’avenir.
    Les permis et contrats miniers sont signés à minima de retours (taxes - parts de participations d’Etat au contrôle du capital). Ce qui préoccupe, ce sont les salaires des cadres gestionnaires locaux de ces mines. Ces derniers, même moins bien lotis que les expatriés occidentaux, sont payés par dizaines de millions de francs CFA par mois, à l’inverse des ouvriers, rétribués au lance-pierre ; alors que ce sont eux qui remontent la terre, l’or et le zinc ....en surface, avec tous les risques d’accidents, éboulements, ensevelissements et maladies professionnelles qu’ils encourent.
    De 1985 à nos jours, l’exploitation, rien que de l’or , aurait sorti au bas mot de nos mines plus de 1000 tonnes d’or ! Et au prix où est l’or, dans la féroce guerre monétaire que l’Occident livre au monde entier, il y a là, de quoi faire de ce pays un paradis, plus riche qu’un Emirat pétrolier arabe, s’il était bien tenu par des gens dédiés à la cause de leur peuple. Mais non ! Ce sont les Occidentaux qui en profitent ; mieux, nous volent avec leur papier-FCFA et nous font une guerre hybride au moyen d’un Islam obscurantiste, cannibale et anthropophage ! Un classique qui marche toujours : tuer le Nègre par son voisin ou par son propre frère !
    Et voilà comment le pays est tenu. On attend l’ensevelissement mortuaire de ces travailleurs du fond pour s’émouvoir et découvrir seulement après, l’ampleur de l’incurie de la gestion administrative ou minière du pays. Et les choses recommenceront toujours pareillement, tant qu’on ne sortira pas de ces logiques et politiques néocoloniales de béni-oui-oui, de soumissions et d’incompétences politiques et professionnelles, de bureaucraties syndicales qui s’écrasent, et trahissent les travailleurs ; ici les travailleurs de fond, pendant que les ministères publics se contrefichent des questions de sécurité qui sont aussi des questions de vie et de mort ; par la faute d’un Etat absent, d’un ministre du travail qui a d’autres chats à fouetter que de faire le tour des services ; ou aller papoter avec le Président du Haut Conseil pour le Dialogue Social ; une sinécure au carrefour entre le Patronat néocolonial burkinabè et les bureaucraties syndicales. Rien que de l’écœurement !
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

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  • Le 13 mai à 08:17, par Patrick SABY En réponse à : Burkina/Mine de Perkoa : ’’C’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe ’’, selon l’Unité d’action syndicale (UAS)

    Connaissez-vous le livre ’’L’OR DES ASHANTIS’’ (aux éditions de l’Harmattan Paris, 2019). Une catastrophe similaire (romancée par l’auteur qui connaît le terrain) se déroule à 1000 m de profondeur dans une mine d’or au Ghana. Cupidité ? Peut-on anticiper toutes les situations potentiellement dangereuses ? Comme dans tous les accidents ou les catastrophes il y a une part d’imprévu dont les paramètres seront codifiés et analysés après coup pour une meilleure planification des risques. Tout n’est pas pour autant mieux dans le meilleur des mondes mais qui a LA solution ?

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