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Burkina Faso : L’attente

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du MPSR • Opinion • mercredi 26 janvier 2022 à 15h00min
Burkina Faso : L’attente

On n’a pas célébré bruyamment la chute du pouvoir MPP. En tout cas, je n’en ai pas le souvenir. Il se pourrait que j’aie loupé quelque chose. S’il y a eu manifestation, elle a dû être tiède. On n’a pas fêté non plus les nouveaux détenteurs du pouvoir. On pourrait dire que c’est l’effet du couvre-feu. Mais dans la journée non plus, on n’a pas vu de manifestations délirantes. S’il y a eu soutien, c’est un soutien mou.

Ces deux signes doivent nous questionner. Ouagadougou aurait-il soudain perdu de la vigueur ? Les Burkinabè sont-ils subitement désintéressés par la chose politique ? À mon sens, ni l’un ni l’autre. Je peux me tromper. La distance, ajoutée à une information parcimonieuse suintant goutte à goutte, tout cela peut jouer comme un filtre déformant.

Toutefois, je crois que la grande masse attend de savoir. À force de coups politiques de la part des militaires, on a appris à se méfier. On sait maintenant que le type sur la photo n’est pas forcément le décideur. Donc on ne sait toujours pas qui est le premier de la classe. Pas celui qui parle dans le micro. Celui dont on voit rarement le visage, mais qui pèse de tout son poids. Deuxièmement, jusqu’à plus ample informé, on ne sait pas ce que les nouveaux venus veulent faire de nous. Ils n’ont rien dit. Et nous, il serait indécent de faire un procès à un type dont on ignore les intentions réelles.

Évidemment, il y a les habituels calculateurs qui tentent de lire la course des choses. Ne pas se retrouver dans le yang, quand les choses vont dans le Ying. Manger à tous les râteliers, faire tout pour chaque fois en faire partie, ce n’est pas de tout repos. On peut en rire. Mais les voir ainsi déboussolés laisse perplexe.

Même les événements récents interrogent. Pour briser une garde présidentielle, qui n’a pas montré une fougue excessive, avait-on besoin de chauffer tout Ouagadougou jour et nuit par des rafales ? S’agissait-il de faire peur ? Une façon de nous interdire de nous mêler de ce qui nous regarde ? Et puis, que devient l’ancien président ? En bonne santé ? Dans un autre Etat ? Qui donc a pu le rencontrer ? Pourquoi ces cachotteries de jeunes filles impubères ?

Il est peu vraisemblable que les militaires soient devenus timides d’un coup. Ce que les nouveaux patrons du pays doivent savoir : cette attente inquiète de tout un pays qui retient son souffle ne pourra plus durer ! Si l’intention est de nous faire mariner, il y a bien longtemps que nous avons dépassé ce stade. Il n’est pas mal venu de rappeler que ça fait 6 années interminables que nos amis djihadistes nous usent les nerfs.

Sayouba Traoré
Journaliste, écrivain

Vos commentaires

  • Le 26 janvier à 10:39, par ollo En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    La chose la plus attendue, c’est de s’entourer d’une équipe au fait des questions de géopolitiques, de relations internationales, de diplomatie, de droit, d’économie, de développement et de sociologie pour éviter de tomber dans l’amateurisme, le sensationnel et le populisme. Le peuple a également besoin d’une équipe qui va l’aider à faire face aux défis imminents tels que les sanctions de la communauté internationale, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement du pays en ressources stratégiques, etc. Le président Rock a tenté de mettre en relief les questions de prospective, je crois qu’il faut poursuivre dans ce sens.
    Il va falloir aussi assainir la communication et dissiper rapidement toute suspicion de parrainage d’une puissance extérieure parce que les peuples africains aspirent à une indépendance réelle. Si l’armée est mue par une volonté de changement positif et de restauration des valeurs nationales, il va falloir aussi situer rapidement les responsabilités dans les drames de Nassoumbou, Solham, Yirgou, Toéni, Inata, etc. pour ne pas donner l’impression qu’il y a un travail de dissimulation des preuves. En rappel, le rapport commandité par le président Rock n’a pas été publié.
    Sur le plan sécuritaire stricto sensu, il va falloir définir urgemment une politique envers ceux qui soutiennent le terrorisme et aussi ceux qui les financent. Il y a beaucoup de bois verts envers la France et personne ne pipe un mot des pays du golfe arabique qui sont pourtant cités par une certaine presse. Le pays doit apprendre à désensibiliser les sujets sensibles s’il veut continuer d’exister en tant que nation.

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    • Le 26 janvier à 12:39, par Lui En réponse à : Burkina Faso : L’attente

      Merci beaucoup pour l’analyse ! Moi j’ai deux questions à poser à la junte pour être un peur rassuré :

      1) Étant donné que le peuple n’as pu lire le contenu du deuxième rapport d’enquête concernant le drame d’Inata, la junte va t-elle publier les le contenu de ce rapport ou va t-elle mener sa propre enquête pour situer les responsabilités qui sont les militaires eux-mêmes ??

      2) Le politique a dit que 700 milliards ont été injectés dans l’armée qui tout le monde le sait gère ses fonds sans les civils pour raisons de secret défense (L’ASCE peut le confirmer). La junte va t-elle demander un audit de la gestion de ces 700 milliards ?

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  • Le 26 janvier à 11:11, par Ka En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    ’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’S’agissait-il de faire peur ? Une façon de nous interdire de nous mêler de ce qui nous regarde ? Et puis, que devient l’ancien président ? En bonne santé ? Dans un autre Etat ? Qui donc a pu le rencontrer ? Pourquoi ces cachotteries de jeunes filles impubères ?’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’

    Merci frère Sayouba Traoré : Et moi je dirai qu’on n’a vu Alpha Condé a la tété avec ceux qui l’on devancé, on n’a vu Blaise Compaoré et son convoi se diriger vers son exile, on n’a vu GAGBO et son épouse a l’hôtel du GOlF a Abidjan lors de leurs arrestation excet…… Si Roch Kaboré a été tué ou gravement blessé, le peuple doit le savoir, surtout les plus de 50% qui l’ont élu démocratiquement.

    Déjà aucun militaire de ce nom n’a le droit d’utilisé son arme sur une personne du peuple qu’il est sensé de proroger : Ou, même suspendre toute la constitution d’un état en une seconde, devienne commettre un crime contre toute une nation. Que Mr. Le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba ait le courage de présenter au peuple Burkinabé son otage Roch Kaboré avant de berner le monde avec ceux qui l’ont poussé a bruler notre démocratie : Car, le Burkina est très pauvre et tés enclavé pour des sanctions des pays dits puissants. Il y avait 50.000 moyens de faire démissionner Roch Kaboré et passer par la constitution pour une alternance saine, copier le Mali ou la Guinée est très enfantin.

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    • Le 26 janvier à 18:44, par Yako En réponse à : Burkina Faso : L’attente

      Mon frère Ka, je comprends l’émotion qui a assailli votre camp c’est légitime et humain mais il faut avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître que votre gestion catastrophique depuis 6 ans a fini par remener les bidasses au pouvoir pourtant un souvenir lointain grâce au leadership éclairé du président BC depuis le retour à la vie constitutionnelle de 1991. 23 ans de vie démocratique paisible et pluraliste procurant paix et prospérité à notre pays.
      Lorsque ton frère Yako insistait sur la démission du président RMCK pour défaillance sous le sceau de l’insécurité qui menaçait notre existence comme nation tu as toujours eu cette posture politicienne qui consiste à nier l’évidence, et donc ce qui devait arriver arriva pourtant un putsch n’était pas le passage obligé hélas .Votre entêtement se cachant derrière le contrat quinquennal que le peuple souverain offre pour agir efficacement non pour les jouissances princières a finalement eu raison de vous.Dommage Bien à toi.Yako

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  • Le 26 janvier à 11:33, par Yako En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    C’est l’occasion inespéré de remettre à plat depuis 1960 pour tracer un nouveau parcours.Cela passe nécessairement par une assemblée constituante, et donc une longue transition au minimum 7 ans. 2 ans de transition militaire pour stabiliser le pays à l’issue de laquelle une assemblée constituante sera élue.Ne commettons pas la même erreur au lendemain de l’insurrection car une courte transition reviendrait à ne rien comprendre des enjeux socio-politiques et sécuritaire qui minent notre pays,l’urgence n’est pas aller aux élections. L’essentiel c’est de trouver notre propre voie comme nation pour les 50 années à venir construite autour de la cohésion sociale,la prospérité partagée,la sécurité ect...En un mot le chemin de développement harmonieux.

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  • Le 26 janvier à 11:41, par PORTO En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Tout ceux qui sont sur cette photo diront que legitimement ils ont droit a un poste quelque part dans le nouveau appareil de gouvernance qui est gestation.sans compter que leur famille voudra en profitee

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  • Le 26 janvier à 11:42, par Passakziri En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Il ne peut pas avoir de liesse , en tous cas pas de liesse sincère à fêter une accaparation du pouvoir par des gens qui n’ont pas récu de mandat du peuple ( Ne faisons pas l’amalgame entre masses populaires pontuelle et peuple ) qui s’exprime lui par les urnes.
    Il ne peut pas avoir de liesse sincére du peuple quand le socle de notre pays , à savoir sa constitution est malmenée comme le plus vulgaire des papiers. Comment se fait-il qu’un groupiscule parce qu’il detient les armes que le peuple, régi par cette constitution lui a prêtées pour défendre son intégrité territoriale ( chose qu’il n’a pas bien faite malgré les biographies élogieuses) peut surgir et la déclarer "suspandue" alors que c’est le dénominateur commun qui nous unit comme burkinabè ? Devrions nous comprendre que si une horde de djihadistes ou de chimpansés venait à contrôler la RTB et y affirmer que la constitution est suspandue, cela leur conférerait une légitimité ? En aucun cas à mon avis. La constitution accouchée de la douleur de l’insurrection de 2014 ne peut être suspandue par qui que ce soit , sinon nous cessons d’avoir ce denominateur commun qui fait de nous des BURKINABE. Il est donc tout à fait normal que le peuple ne se sente pas concerné dans ces agissements. Celui qui aura besoin de son avis ira les chercher dans les urnes, pas avec les armes .

    Passakziri

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  • Le 26 janvier à 12:12, par Djo En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Nous attendons ces bébés putschistes,anciens du RSP de pieds fermes .S’ils pensent nous avoir intimidés par leurs rafales,ils ont joué bidé.Si leur intention est de restaurer l’ancien ancien régime,ils nous auront sur leur route.La priorité est la sécurisation du pays sur laquelle ils ont surfer pour faire leur basse besogne.

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  • Le 26 janvier à 13:17, par KingBaabu En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Le deroulement des evenements m’interpele tres serieusement sur le role qu’a pu jouer la gendarmerie dans la commission de l’acte. Si c’est vrai que les gendarmes ont garde RMCK dans un premier temps avant de le livrer aux putschistes ’’en presence d’une autorite religieuse’’, alors il y a un gros probleme, et il va faaloir dans un avenir sertain redefinir le role de ce corps dans la securisation des institutons de la Republique.

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  • Le 26 janvier à 14:55, par Article 37 En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Il y a trop d’attentes :
    1. La sécurité et le rétablissement de l’ordre auxquels les Burkinabè s’étaient habitués. Avant chacun pouvait qu’il a contribué à chasser Blaise. Cette fois c’est d’autres qui ont chassé Roch.

    2. Opération mains propres. Cette fois ce ne sont pas les seuls hauts fonctionnaires qu’il faut épingler mais il y aussi des opérateurs économiques qui ont su profiter du système, ingénieurs en fraudes fiscales et douanières, des exploiteurs.

    3. Qui seront les acteurs de la transition ? Il faut que les grand connaisseurs viennent mais si ce sera de force pour prendre des postes de responsabilité. Pourquoi pas un civil comme l’avais fait Mba Michel ?

    4. Quelle sera la durée de cette transition. Les gens vont se précipiter pour faire des propositions alors qu’on ne leur a rien demandé.

    Laissons les nouveaux acteurs prendre leur quartier. Ils ont des objectifs que nous ne connaissons mêmes pas. Pourquoi leur faire des procès d’intention. Qu’ils réussissent pour le Burkina.

    Arrêtons de nous chamailler pour savoir si on dit une transition ou un transition.

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  • Le 26 janvier à 19:40, par HUG En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    Ka il faut sortir marcher pour qu on libere ton otage Tu te remets difficilement mais sachez que la vie nest pas avare en surprise..Quand ton mpp a appele à sortir pour marcher le lundi pourquoi vous n avez pas mobilisé AMADOU, Ahmed, gohoga, Nabiiga pour aller a la place de la nation.

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  • Le 26 janvier à 19:43, par HUG En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    De quel mandat s agit il ? En corrompant les pauvres gens avec les 1000frc, Pourquoi ceux qui eluent ton mpp ne sont pas sortir non au coup d etat.

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  • Le 26 janvier à 22:25, par HUG En réponse à : Burkina Faso : L’attente

    De quel mandat s agit il ? En corrompant les pauvres gens avec les 1000frc, Pourquoi ceux qui eluent ton mpp ne sont pas sortir non au coup d etat.

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