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Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du MPSR • Lefaso.net • mardi 25 janvier 2022 à 23h20min
Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

D’officier supérieur d’infanterie des forces armées burkinabè à nouvel homme fort du Burkina, c’est le pas que vient de franchir le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, après un coup d’État contre le président Roch Kaboré. Cette prise de pouvoir par les armes, loin d’être une surprise, est appréciée des représentants d’OSC que lefaso.net a approché.

Daouda Diallo, secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC)

« Le Burkina Faso traverse une situation très difficile avec près de deux millions de personnes déplacées internes, plus de 13% d’écoles fermées. Des portions du territoire contrôlées par des groupes ennemis. Je souhaite que les nouvelles autorités prennent en compte les aspirations profondes du peuple burkinabè. Aussi, je souhaite qu’ils trouvent des solutions aux questions de bonne gouvernance, de cohésion entre les Burkinabè, qu’ils apportent une réponse efficace à la crise sécuritaire et humanitaire qui respecte les engagements de notre pays en matière de droits de l’homme. Ainsi, il faut construire une véritable république démocratique moderne. »

Marcel Tankoano, président du M21

« Nous pensons que ce coup d’Etat est salvateur. D’est en ouest, du nord au sud, les Burkinabè s’attendaient à ce coup de force de l’armée. Désormais, le lieutenant-colonel Damiba et ses camarades doivent prouver qu’ils ont eu raison de forcer le départ du président Roch Kaboré. La confiance qui sera placée aux militaires, c’est de ramener très rapidement la paix dans notre pays et faire en sorte que les Burkinabè qui se regardent en chiens de faïence s’asseyent autour d’une table pour trouver des solutions à leurs préoccupations pressantes. Ils savent qu’ils ont un grand rôle à jouer, celui de sauver notre pays qui est en train de s’écrouler comme un château de cartes.

La mission est certes noble mais elle est difficile. Nous pensons qu’ils ont pesé le pour et le contre avant de faire le coup d’Etat. Aujourd’hui, ils doivent aller dans le sens des aspirations du peuple du Burkina Faso. Parce qu’il n’y a pas de développement sans paix. Ainsi, ils doivent travailler à ramener la quiétude et la stabilité, gage de tout développement. Tous les Burkinabè ont les regards tournés vers cette junte qui vient d’arriver. Ils ont l’avantage d’avoir fait le terrain. En tant qu’organisation de la société civile burkinabè, nous n’avons pas le droit de douter d’eux. Les Burkinabè doivent également travailler d’arrache-pied pour les accompagner dans leur mission. »

Bassolma Bazié, ancien secrétaire général de la Confédération générale du travail (pris sur sa page Facebook)

« Je ne cesserai de répéter qu’une intervention armée dans un processus démocratique est généralement une conséquence d’une gouvernance par embuscade (corruption, crimes, mensonge d’Etat, arrogance, suffisance, violation des libertés, non tenue des engagements etc.). On pourrait donc condamner vivement une conséquence, mais tant que la cause n’est fortement combattue et éradiquée, les conséquences se présenteront toujours.

A l’endroit des hommes de tenue, le MPSR, qui viennent d’intervenir une fois de plus sur la scène politique au Burkina Faso, il est d’une exigence morale de réserver un traitement humain aux personnalités mises aux arrêts ; travailler sur un bref délai et de façon urgente à la réouverture des frontières. En effet, la situation nationale est tellement particulière que nous ne pouvons pas nous réserver ce « luxe » ; comprendre que la seule sécurité pour tout pouvoir, c’est sa légitimité populaire, c’est-à-dire, poser des actes en conformité avec les aspirations du peuple au nom duquel on agit. Dans les mêmes conditions de pression et de température, on a invariablement le même résultat. Autrement dit, les mêmes causes produisent les mêmes effets ! »

Pascal Zaïda, président de la Coordination des organisations de la société civile pour la patrie

« Cette situation ne nous a pas surpris parce que depuis l’arrivée au pouvoir du président Roch Kaboré, j’ai été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur la situation assez préoccupante de notre pays. Je crois que dans toute bonne démocratie, on n’accepte pas un coup d’État. Toutefois, il y a des coups d’État salutaires. C’est le cas notamment dans notre pays. Nous formulons le vœu que la transition qui va démarrer se démarque de celle de 2014.

Parce que tout ce que nous vivons aujourd’hui est en partie lié à la crise de 2014. Nous voulons une transition inclusive. Nous ne voulons pas non plus de chasse à l’homme, de vengeance ou encore de règlements de compte. Il faut une unité nationale. Ceux qui, par exemple, pour des questions de sécurité, ont été arrêtés et qui n’ont pas de dossiers sales, il faut les libérer parce qu’au Burkina Faso, nous voulons que tout le monde soit au même niveau. Maintenant, ceux qui ont des dossiers judiciaires doivent évidemment répondre de leurs actes.

Les militaires ont dit qu’ils vont engager un cadre de concertation avec toute la classe politique, la société civile, les syndicats. Nous attendons fermement leur feuille de route. Nous allons l’apprécier en temps opportun par rapport aux autres aspects liés aux questions techniques et autres. Sous la transition de Isaac Zida, des leaders d’OSC ont induit la transition en erreur. Toute chose que j’ai dénoncé à travers les médias et cela m’a coûté ce que ça coûté. Aujourd’hui, j’invite la junte à faire très attention "aux braconniers". Du moment où nous avons prôné ce changement, nous n’allons pas dormir encore moins baisser les bras. Il faut que nous soyons tous honnêtes, sincères et responsables pour que le Burkina Faso puisse avancer.

Quant aux différents accords internationaux que le Burkina Faso a signés, je crois que des sanctions ne vont pas tarder à tomber. Mais nous sommes prêts à défier la communauté internationale. Elle a intérêt à accepter la volonté du peuple burkinabè. C’est un mouvement d’ensemble qui va contaminer toute la sous-région. Ça ne veut pas dire que je suis dans le secret de Dieu mais la jeunesse a décidé de prendre ses responsabilités. »

Propos recueillis par Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 25 janvier à 19:40, par HUG En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Mr Tankoano fait partie des rares responsables Osc à ne pas aller à la soupe du mpp.Restez digne car la dignité a un prix Quand au syndicaliste qui faisait trois heures de cours au lieu de 10heures il faut etre un peu juste pour critiquer les autres. C est sous son regne que le mpp à violé la loi 081 en octroyant un echelon à un corps de metier .

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    • Le 26 janvier à 12:57, par LE COUSIN DU VILAIN En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

      Toi et MPP vous êtes pareils cousins cousins. Demandez à bien comprendre les donnes avant d’accuser BASSOLMA. Il travaillait comme tout agent de la Fonction Publique seule la différence est que Monsieur BASSOLMA avait beaucoup de devoir à exécuter. Non seulement il est professeur mais également le premier responsable des syndicats burkinabè alors il fallait gérer des petits problèmes

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  • Le 25 janvier à 20:15, par Ed51 En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Les militaires se rangent du côté des militaires, en cherchant à justifier un coup d’état. Rien d’étonnant. Curieusement, ils appellent à l’unité du Burkina et à l’inclusion. C’est exactement ce que disaient le pouvoir en place qui avait aussi à faire contre la critique.
    Si ceux qui sont accusés de crimes sont libérés, ce sera le désordre car on ne peut attendre des autres que ce qu’on montre soi-même. L’intégrité.
    Coté international, à leur place je m’interrogerais. Le Burkina a plus besoin de l’extérieur que l’inverse. Le terrorisme a limité les échanges et les pauvres sont encore plus pauvres. Le coup d’Etat ne va rien arranger.
    Difficile d’être optimiste.

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  • Le 25 janvier à 20:37, par Sonni ALIBER En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Nous attendons la junte au pied du mur ,surtout leur déclaration de politique générale et,si les militaires encoquinent avec la France 🇫🇷,le vaillant peuple burkinabé sortira nombreux pour leur sachet du pouvoir et immédiatement /pas de relations moribonds avec la France 🇫🇷 /ce pays qui fait tant souffrir les pays africains noirs de l’ouest //

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  • Le 25 janvier à 20:47, par Hama En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Toutes les religions du monde soutiennent que la modestie et l’humilité sont des qualités précieuses pour la gestion du pouvoir... pourquoi bon sans d’aucuns se prennent pour des demi Dieu par moment et tombent dans l’orgueil et l’arrogance...que le nouvel homme retienne ceci, écoute et répond aux aspirations de ton peuple et tu fera 100ans au pouvoir si tu veux, c’est tout c’est aussi simple que ça...

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  • Le 26 janvier à 00:53, par Minnèm(La Rosée) En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Le peuple Burkinabè est dans son ensemble inconscient, illustré par le manque de vision, de strategie, et de plan d’action pour oser inventer l’avenir. Depuis la revolution de 1983 à 1987, aucune vision réélle de développement avec le Burkinabè étant la.matière première et le produit fini n’a existé. Il était prévisible que le MPP ne pouvait pas sortir le Burkina du gouffre, parcequ’il était composé de ceux qui ont créé ce gouffre (on ne coupe pas la branche sur laquelle on est assis). La Jeunesse doit apprendre à developer un esprit critique et à accompagner chaque plainte d’une proposition de resolution.
    La junte au pouvoir pourrait lancer une course à la recherche de personnes compétentes sur le plan national et international (Burkinabè) qui proposeront des plans de sortie de crise(sécuritaire, socio-économique) et de développement de Notre pays par Secteur de compétence. La Jeunesse Burkinabè ainsi que Les autres couches de la société constituent une force inépuisable à qui saurait la canaliser, la transformer afin qu’elle alimente le moteur de développement du Burkina Faso (Revolution 1983-1987). Laissé à Elle-même, Elle est déboussolée, auto-destructive, et à la merci des politiciens vicieux, et Bien d’autres citoyens nourri d’ambitions égoïste alimentant la politique du tube digestif et ses tentacules. Chacun de nous Burkinabè de l’interieur ou de l’extérieur, devrait s’interroger sur le rôle Aussi Petit soit-il qu’il peut jouer pour contribuer à l’interêt et au bien-être National. C’est dans cette dynamique que nous amorceront le processus d’un développement véritable et durable dans la Paix, la cohésion, et l’Amour de la Patrie.
    Vive le Burkina Faso, Honneur au peuple vaillant de la terre des Hommes Intègres.

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    • Le 26 janvier à 09:44, par Saksida En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

      Bien vu et bien dit Minnèm.
      Analyse pertinente : "Elle est déboussolée, autodestructive, et à la merci des politiciens vicieux, et Bien d’autres citoyens nourris d’ambitions égoïste alimentant la politique du tube digestif et ses tentacules. "
      Même les problèmes au sein de l’armée sont dus à l’égoïsme, la poursuite effrénée de l’argent, la corruption...et les terroristes et la France ne font que exploiter cela pour avoir des traitres parmi les soldats
      Puisse Dieu nous sortir de cette situation.
      Nous avons besoin des gens de bonne foi et de ayant des valeurs d’intégrité comme Rosine Sory, des penseurs comme le gars de Free Afrique...pour remmettre le Burkina en selle pour le developpement et loin de la corruption et de la mauvaise gouvernance.
      Pourquoi le maire de Ouaga prenait la fuite, il sait ce qu’il a fait : celui qui fait juger et n’est pas jugé malgré les casseroles ;
      Bref, Que Dieu bénisse le Burkina

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  • Le 26 janvier à 08:11, par Wendmi En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Si les actuels dirigeants doivent se méfier, c’est surtout avoir une méfiance vis-à-vis de cette racaille d’OSC qui foisonnent comme des orpailleurs. Notre démocratie à mal à cette crasse d’individus opportunistes qui se murent derrière des organisations fantoches juste pour des intérêts égoïstes. La plupart des OSC nées courant 2013 à nos jours n’apportent rien à notre démocratie en dehors de la zizanie.

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  • Le 26 janvier à 11:06, par YAAM SOBA En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    On espère que le MPSR tiendra compte du chantier de la réconciliation nationale qui est en cours sous le leadership de ZÉPHIRIN DIABRÉ. Pour notre part, il serait salutaire pour le pays de mettre à profit les compétences de ce monsieur afin que la transition démocratique reussisse. Il faut des hommes et des femmes capables de fédérer les énergies pour le renouveau démocratique.

    Vive le Burkina Faso !

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  • Le 26 janvier à 13:49, par Gwandba En réponse à : Coup d’État au Burkina : Des acteurs de la société civile réagissent

    Comme le vin est tiré il faudrait le boire !!
    Pour ce qui nous reste à faire c’est de d’indiquer à cette junte que le peuple n’attend qu’elle empreinte la bonne démarche pour qu’ensemble, nous soyons tous au chantier du Burkina.

    Que les burkinabé arrêtent le terme HOMME FORT car, ce terme péjoratif et insultant est utilisés par les occidentaux pour rappeler que le nègre aime la médaille. qui peut dire dans quel pays occidental ce terme est utilisé pour indiquer un chef d’état ??

    Pire encore ce sont même les journalistes africains qui reprennent sans réflexion préalable sur ce terme et ses conséquences. Copier coller si tu nous tiens même quand on souhaite inventer l’avenir.

    Il serait dommageable pour la démocratie naissante burkinabé de se précipiter à des élections comme par le passé si les choses ne sont misent à plats en amont car, plus de la moitié des votants ne saisissent pas ce que veut dire l’acte électoral qu’ils posent, que nos politiciens, on l’a vu avec l’arrivé achetée du MPP à coût de millions dont la provenance est plus que douteuse, est élu à deux reprises mais ne savait pas quoi faire la responsabilité qui lui a été confié d’où les nombreuses détournements de fonds, les cadeaux à coût millions aux maîtresses ménopausées dont la frigidité s’apparentait à celle de Chantal Compaoré.

    L’étape actuelle du Burkina nécessite le concours de toutes et tous. Chacun à son niveau et les moyens dont il dispose, nous pouvons prendre un bon départ cette fois-ci. Taire nos divergences ne décrètera pas avec une loi peu importe le sentiment qui l’habite. Ceci viendra avec le constat d’une justice pour tous.

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