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Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET • jeudi 13 janvier 2022 à 13h01min
Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

Face au projet de la junte malienne de diriger le pays pendant cinq ans et au non respect du calendrier de la CEDEAO qui exigeait l’organisation de l’élection présidentielle, le 27 février 2022 consacrant le retour de civils au pouvoir, le Mali s’est vu infliger une série de sanctions par la CEDEAO. Entre autres sanctions, un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières, hors produits de première nécessité. Ces mesures de rétorsion suscitent des interrogations. Est-ce que cela est de nature à aplanir les tensions entre le Mali à la CEDEAO ? Quelles pourraient être les conséquences de cette crise ? Est-ce que des mesures alternatives sont à envisager afin de limiter les conséquences pour les pays de la sous-région comme le Burkina Faso et le Niger ? Eléments de réponses avec Pr Ousseni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara par ailleurs directeur exécutif du Centre africain pour le commerce international et le développement.

Lefaso.net : Comment analysez-vous la crise qui oppose le Mali à la CEDEAO ?

Pr Ousséni Illy : Cette crise peut être analysée sur deux points de vue. Sur le plan juridique, je pense que la CEDEAO est tout à fait dans son droit, puisqu’il existe des textes au niveau de l’organisation, notamment le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance qui proscrit les coups d’Etats. En effet, lorsqu’un coup d’Etat est opéré, il est exigé que l’ordre constitutionnel normal soit rétabli le plus tôt possible. Et comme vous le savez, au Mali, il y a eu un coup d’Etat. C’est indiscutable.

La CEDEAO était dans son droit d’exiger le retour à l’ordre constitutionnel normal. Bien qu’Etat souverain, le Mali a librement adhéré aux textes de la CEDEAO. Ces textes prévoient également des sanctions ; parmi lesquelles, les différentes sanctions qui ont été prises contre le Mali. Donc, sur le plan du droit pur, je pense qu’il n’y a pas grand-chose à redire. Si le Mali n’était pas membre de la CEDEAO, je ne pense pas qu’elle aurait à prendre des mesures contre ce pays. C’est aux Maliens d’assumer toutes les conséquences liées à leur appartenance à la CEDEAO. Ils peuvent se retirer de cette organisation, s’ils veulent. Mais aussi longtemps qu’ils sont membres de la CEDEAO, ils doivent naturellement faire face aux sanctions s’ils ne respectent pas les textes.

Au plan politique, c’est là qu’il peut y avoir débat parce que les sanctions sont, de mon point de vue, illégitimes, et irréfléchies. Illégitimes parce que cela fait un bout de temps que le Mali est dans cette situation de crise profonde. Depuis 2012, la situation ne fait qu’empirer. Mais on n’a pas véritablement vu des actions vigoureuses de la CEDEAO pour aider le pays à sortir de cette situation. Et c’est cette situation qui a continué à empirer et qui, finalement, a entraîné l’irruption des militaires sur la scène politique. Ces militaires qui essaient tant bien que mal de redresser la situation, font face, aujourd’hui, à des sanctions qui, à mon avis, sont totalement disproportionnées et assez sévères. De ce point de vue, la CEDEAO peut être vue comme illégitime pour appliquer des sanctions, surtout qu’elle n’a pas porté assistance au pays lorsqu’il en avait besoin.

Les sanctions sont irréfléchies et irresponsables également parce que tout le monde connaît la situation du Mali. Un pays qui est au bord du gouffre et que l’on prend des sanctions de cette ampleur à son encontre, quel est l’objectif qui est visé ? Est-ce qu’on cherche à complètement étouffer ou à dynamiter cet Etat ? Ou bien on cherche la restauration de l’ordre constitutionnel normal ? Parce que les sanctions qui sont prises peuvent entraîner des conséquences assez dramatiques et pour le Mali et pour la sous-région, si réellement elles sont appliquées sur le terrain et que le gouvernement malien tient tête.

Cette crise va-t-elle redistribuer les cartes en matière de diplomatie ?

Naturellement. Parce que derrière ces sanctions, beaucoup voient la France. Déjà que le climat n’était pas très sain entre la France et Bamako, ces sanctions ont davantage poussé l’Etat malien vers d’autres puissances, notamment la Russie et, pourquoi pas, la Chine et d’autres puissances régionales comme l’Algérie. Il y a un gros risque pour les Français qu’ils perdent définitivement le Mali dans cette guéguerre.

Qu’est-ce que les sanctions prises impliquent concrètement pour le Mali, lui qui est membre de la CEDEAO ?

Le Mali va connaître des difficultés sur tous les plans. Premièrement, sur le plan économique ; puisqu’il y a un embargo quasi-total sur ce pays. A l’exception des produits de première nécessité qui pourront être importés, aucun produit ne pourra rentrer au Mali. Les personnes également ne pourront pas circuler librement. Ensuite, il y a le gel des avoirs et des financements. Donc, pour le Mali, ces sanctions impliquent clairement des moments difficiles à court et moyen termes. Mais, il est clair que le gouvernement va également essayer de développer des stratégies pour contourner cela. Ça ne va pas être simple, compte-tenu du fait que le Mali est un pays enclavé. Outre cela, c’est un pays qui était déjà en proie à d’énormes difficultés. De mon point de vue, le Mali, les Maliens, mais également la sous-région, doivent se préparer à vivre des moments assez difficiles.

Le Mali peut-il se retirer ici et maintenant de la CEDEAO ?

Sur le plan légal, le Mali peut naturellement se retirer. Il n’y a aucune obligation d’entrer dans une organisation internationale et aucune obligation d’y rester. Tout Etat peut se retirer à tout moment d’une organisation internationale. Toutefois, pour se retirer, il y a une période transitoire pendant laquelle le pays est tenu par des obligations de l’organisation. Est-ce que ce sera une bonne décision pour le Mali ? Il appartient au peuple malien et aux dirigeants maliens de décider. Mais, il est clair que l’appartenance à la CEDEAO a également des avantages que le Mali perdrait s’il venait à la quitter. Du reste, cela ne serait pas une première car il y a des pays qui ont quitté la CEDEAO. L’exemple, c’est la Mauritanie. Si le Mali se retire aujourd’hui de la CEDEAO, ça ne veut pas dire que s’en est fini pour lui. On peut tout à fait vivre en dehors de la CEDEAO et même vivre bien. Tout dépend de comment les autorités vont s’y prendre.

Quels sont les scenarii possibles en matière de coopération, d’une part entre le Mali et les Etats de la CEDEAO et, d’autre part entre le Mali et les grandes puissances ?

Les possibilités de coopération avec les Etats de la CEDEAO seront très difficiles, puisque ces Etats sont tenus d’appliquer les sanctions qui ont été prises. Dans un futur proche, ces Etats peuvent développer des relations bilatérales. Mais aujourd’hui, tout Etat qui n’appliquerait pas les sanctions qui ont été décidées serait lui aussi en violation des textes de la CEDEAO. La Guinée, qui fait également face à des sanctions de la CEDEAO, a décidé de ne pas fermer ses frontières avec le Mali.

C’est une forme de solidarité entre sanctionnés. Mais les autres pays ne peuvent pas véritablement faire grand-chose à moins de se rebeller contre la CEDEAO. Pour ce qui concerne les relations avec les autres puissances, naturellement, c’est comme je l’ai dit au début, cette crise peut pousser le Mali vers d’autres puissances qui vont profiter du vide laissé par les Français pour dérouler leurs agendas.

Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

Dans la lutte contre les terroristes, le Mali a appelé la Russie à la rescousse. Est-ce que l’intervention russe est de nature à changer le cours de la guerre ?

On ne peut rien dire pour l’instant. On attend de voir parce qu’il faut savoir que cette guerre contre le terrorisme n’est pas une mince affaire. Il est vrai que les gens disent que les Français ne jouent pas franc-jeu, mais quand même, je dois rappeler qu’au Mali, il n’y a pas que les Français. Il y a la MINUSMA et beaucoup de troupes africaines qui sont-là. Il y a également l’armée malienne. Malgré tout, ils peinent à arriver à bout du phénomène terroriste depuis une dizaine d’années. Je ne pense pas que l’arrivée de quelques troupes russes va tout de suite faire la différence.

De mon point de vue, pour gagner ces guerres, l’interne compte beaucoup plus que les appuis extérieurs, parce que personne ne viendra défendre le pays à leur place. Russes, Français, Chinois et autres, ils viennent pour des intérêts. Il faut que l’armée malienne retrousse encore ses manches et ne se donne pas des illusions en croyant que l’arrivée de quelques Russes va sauver le Mali. Pour ma part, je suis sceptique. J’attends de voir ce que ça va donner sur le terrain.

Cette crise peut-elle comporter un avantage pour le Mali ?

Peut-être que l’avantage, c’est de permettre au Mali d’affirmer sa souveraineté. Si le pays veut véritablement rester souverain, être maître de son destin, ne recevoir d’ordre de personne en dehors du peuple malien, cette crise est une aubaine, puisque les sanctions de la CEDEAO lui indiquent la porte de sortie. Avec des sanctions d’une telle ampleur, je ne sais pas qu’est-ce que le Mali cherche encore dans une telle institution. Cette crise peut également être une occasion pour le Mali de se retirer du franc CFA, puisque tout le monde soutient que le CFA est mauvais. Cela leur permettra de construire leur propre banque centrale et, pourquoi pas, de s’en sortir mieux puisqu’on dit que le CFA handicape notre développement. Pour moi, le Mali a une occasion en or pour dire au-revoir au FCFA.

Les pays de la CEDEAO ont rappelé leurs ambassadeurs. Qu’est-ce qu’un tel acte implique et quel est son importance ?

Le retrait des ambassadeurs sous-entend que les relations diplomatiques vont être réduites au plus bas niveau, puisque que les relations diplomatiques entre les pays se font beaucoup plus à travers le canal des ambassadeurs. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a eu une rupture des relations diplomatiques. Ils vont toujours avoir des contacts. Il convient de souligner que cette baisse de la coopération n’a pas d’impact que sur le Mali. Il y a également des conséquences sur les pays de la CEDEAO, puisque le Mali en est membre. Il y a par exemple le G5 Sahel dans le cadre de la coopération sur la lutte contre le terrorisme. Déjà, il y a une coopération entre le Mali et les pays comme le Burkina Faso, le Niger. Mais ces pays peinent à lutter efficacement contre le terrorisme. Si le Mali décidait maintenant de n’échanger aucune information par rapport au terrorisme avec ces deux pays, la situation sécuritaire dans la sous-région pourrait encore s’aggraver.

Afin de limiter les conséquences de la crise qui oppose le Mali à la CEDEAO, est-ce que des mesures alternatives sont à envisager ?

En termes d’alternatives, je pense que chacun doit mettre de l’eau dans son vin. Parce qu’aujourd’hui, un effondrement de l’Etat malien n’est dans l’intérêt de personne : ni pour les Maliens et encore moins pour les pays de la CEDEAO. Si le Mali se retire aujourd’hui de la CEDEAO, ça peut entraîner d’autres retraits et peut-être la disparition de l’organisation. Donc, pour moi, les deux camps, la CEDEAO et la junte militaire au Mali, doivent chacun réviser leur copie. Je pense d’ailleurs que ça sera le cas, parce que je ne vois pas d’issue, autre que cela. Dans cette démarche, le gouvernement malien se dit ouvert aux négociations. Je suis persuadé qu’ils vont aller dans ce sens dans l’intérêt supérieur de la région.

Quelle appréciation faites-vous du plan proposé par la transition ?

Les cinq ans qui ont été proposés par la transition peuvent être considérés comme exagérés, mais en réalité, ça ressemble beaucoup plus à une stratégie de négociation pour le régime malien. La CEDEAO a réagi d’une manière assez virulente, certainement compte-tenu de la position de certains chefs d’Etat à l’intérieur de cette organisation. Je pense notamment au chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, et bien d’autres.

La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays. Donc, je pense que certains chefs d’Etat ont voulu sanctionner ces officiers maliens pour décourager toute initiative pouvant provenir de jeunes officiers dans d’autres pays. Cela est très mauvais, parce que sanctionner un pays pour l’exemple sans penser aux conséquences, c’est assez irréfléchi de mon point de vue. Comme je l’ai dit précédemment, s’il y a un effondrement de l’Etat malien, les conséquences vont dépasser le cadre malien. La France est peut-être derrière cette crise, mais je pense qu’au niveau de la sous-région, certains chefs d’Etat ont dû peser pour qu’on sanctionne pour l’exemple.

Qu’avez-vous à ajouter sur le sujet ?

Ce qu’il y a peut-être à ajouter sur le sujet, c’est de dire que personne n’est pour la prise du pouvoir par les moyens inconstitutionnels, notamment les coups d’Etat. Mais, je pense que dans la prise des sanctions, on doit également tenir compte du contexte. Je ne pense pas que les putschistes maliens soient venus au pouvoir par soif du pouvoir. Ce sont des circonstances qui les ont amenés à prendre le pouvoir par les armes. Je pense que la CEDEAO aurait pu tenir compte de ces circonstances et aider le Mali à se relever, plutôt que de faire comme si c’est un pays qui est dans une situation normale et que les officiers se sont levés pour prendre le pouvoir juste pour le plaisir du pouvoir. De ce point de vue, je pense que c’est à la CEDEAO de savoir raison garder.

Interview réalisée par Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 12 janvier à 22:25, par Bonus En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Je retiens :
    "je dois rappeler qu’au Mali, il n’y a pas que les Français. Il y a la MINUSMA et beaucoup de troupes africaines qui sont-là. Il y a également l’armée malienne. Malgré tout, ils peinent à arriver à bout du phénomène terroriste depuis une dizaine d’années."

    Ces missions des Nations Unies n’ont jamais pu securiser un pays. Les exemples sont legions sur le continents- En Centrafrique, en RDC pour ne citer que ceux-ci. Les Maliens auront le temps d’evaluer leur partenariat avec la Russie et en tirer les consequences. On ne peut pas donner des a priori a cela. Des presidents ont viole des constitutions dans leur pays, marcher sur des cadavres pour un troisieme mandat, sans une sanctions de la CEDEAO. Cette organisation est mal placee pour enseigner la democratie au Malien. On ne fait pas les choses a demi mesure.

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  • Le 12 janvier à 22:44, par Vérité Indiscutable En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    L’Armée d’un pays doit être toujours la Chance de la Population. Nos armées à nous semblent être des petits boys du Président. Les pays qui ont connu les derniers coups d’état, notamment le Mali et la Guinée, ont démontré que l’Armée est une Chance pour la Population et qu’elle n’est pas aux ordres aveugles du Prince. C’est ce que la nôtre a fait en 2014.
    Si les présidents ne veulent pas de coups d’état, qu’ils gèrent bien leur pays. Il n’y a pas de débat dans ça. Tant que les peuples seront sacrifiés pour le petit plaisir du Président, les Armées ne cesseront jamais de faire des coups d’état. Que vous le voulez nou non.
    Chers présidents, vous êtes élus pour servir le bien du peuple. Si votre regard se retourne uniquement vers vous-mêmes, vos familles et amis, alors l’Armée vous renversera. C’est LEGITIME.

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  • Le 12 janvier à 23:17, par ollo En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Doit-on finir de croire par contre que la CEDEAO est plus préoccupée sur le sort du Mali que sur le terrorisme ? Les masques tombent. Les pays qui s’acharnent de cette manière sur un pays frère déjà en difficulté doivent savoir que c’est un crédit qu’ils paieront tôt au tard. Adieu cette forme d’intégration hypocrite et méchante et vive une nouvelle forme d’intégration des peuples.

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  • Le 13 janvier à 02:03, par zach En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    "Ce sont des circonstances qui les ont amenés à prendre le pouvoir par les armes. Je pense que la CEDEAO aurait pu tenir compte de ces circonstances et aider le Mali à se relever, plutôt que de faire comme si c’est un pays qui est dans une situation normale et que les officiers se sont levés pour prendre le pouvoir juste pour le plaisir du pouvoir. De ce point de vue, je pense que c’est à la CEDEAO de savoir raison garder." BIEN DIT !

    Ce qui me fait mal est que je risque de finir sur cette terre alors que la mediocrite de la France, tirant les USA par le nez du a de fichus accords entre eux et que nous ne connaissons meme pas, et de nos chefs d’Etats reste en l’etat. J’ARRETE DE ME STRESSER ICI ET LA. Medg alors ! Bonne chance a tout le monde !

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  • Le 13 janvier à 04:19, par Naaba En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Bonne Interview. Quelques remarques. Dire que le Mali est membre de la CEDEAO et doit faire face aux sanctions s’il ne respecte pas les textes, et dire qu’il est sanctionné pour donner l’exemple me paraît contradictoire. Dire aussi que c’est maintenant l’occasion pour le Mali de créer sa monnaie est irréaliste. Le pays est asphyxié financièrement et économiquement. Il faut éviter le réflexe anti-CFA. Les erreurs et insuffisances de la CEDEAO ne doivent pas nous conduire à accepter les coups d’état. Combien de familles ont été endeuillées sous les régimes militaires ici au Burkina et combien de personnes sont mortes lors de l’insurrection ? La junte malienne dirige le pays dans une confusion juridique totale. La charte de la transition au Mali, adopté par tout le monde, indique 18 mois. Maintenant la junte veut rester 5 ans au pouvoir. Je rappelle que la constitution n’est pas suspendue. Elle condamne les coups d’état. Les militaires ont fait adopter une loi d’amnistie pour la justice ne les poursuive pas. Les acteurs politiques et de la société civile retournent la veste dans le sens de leurs intérêts. Ceux qui, hier, étaient contre la prolongation de la transition sont, aujourd’hui, en sa faveur. Et ceux qui étaient pour sont devenus contre. Nous les Africains, nous ne respectons pas nos propres textes y compris la constitution. On utilise beaucoup la ruse et la Manipulation.

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  • Le 13 janvier à 06:05, par HUG En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Vous avez raison car beaucoup savent qu ils ne sont pas aimés car elus sur la base de l achat des votes en corrompant les pppulations. On appelle cela la democratie au gondoana.Beaucoup savent que ceux qui les adulent sont cceux qui ont les privileges aupres d eux.Suivez mon regard car on est devenu specialiste en coupurebd internet et ne pas avoir le courage de dire qu on a coupé l internet Allons seulement

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  • Le 13 janvier à 06:32, par West En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    L’exemple, le ultra mauvais exemple est venu des États Unis. Jamais (et jamais de ma vie) j’ai pensé qu’un seul jour je vais parler de tentative de prise illégale du pouvoir aux USA !
    Dans le cas de l’Afrique, cela a commencé au Tchad, ensuite au Mali (deux coup d’état par un seul putschiste en six mois) , la Guinée, la question est à qui le tour prochainement ?

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  • Le 13 janvier à 07:14, par Djoliba En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Monsieur le professeur, vous avez des analyses pertinentes par rapport à cette crise malienne. Mais ces analyses comportent également des faiblesses et souvent des incohérence. Personne n’a empêché le Mali d’élargir sa coopération avec d’autres pays, le Mali est engagé dans des coopérations exemplaires depuis belle lurette avec la Chine et la Russie. La quasi-totalité des militaires maliens ont été formés dans l’ancienne Union Soviétique. Il a poursuivi ses relations avec la Russie et bien d’autres états de la régions.
    Je ne partage pas non plus votre assertion selon laquelle les militaires ne seraient pas assoifés du pouvoir. Je pense que c’est le contraire, ils ont déposé le Général Ba N’dao et son premier ministre tout simplement ils avaient opéré un remaniement en écartant un de leurs. Si vous avez fait un coup d’état est -ce que ça veut dire que le pays vous appartient.

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  • Le 13 janvier à 08:20, par Riibo En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Analyse claire, limpide, rationnelle, convainquante, juste et constructive. Merci Professeur. Et merci aussi à la journaliste qui a su poser les bonnes questions.

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  • Le 13 janvier à 09:29, par Burkindi En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    C’est pour cela que nous devons comprendre que les chefs d’état actuels de la CEDEAO avec à leur tête le Président Alassane Dramane Ouattara, ne défendent pas les intérêts des peuples africains, pire ils sont nos ennemis et servent les intérêts de la France et de ses complices que sont les USA, la Grande Bretagne et l’union européenne. Ils ne font rien pour prévenir les crises surtout lorsqu’il s’agit d’un vassal de ces puissances impérialistes citées plus haut qui est à la manœuvre comme ce fut le cas au Mali avec IBK ou en Guinée avec KONDE. Ces chefs d’état pensent qu’en tuant toute initiative de coup d’état auront les coudées franches pour continuer à nous museler et nous asservir au profit de leurs maîtres mais ils se trompent car ils iront leurs peuples en face avec l’appui des militaires tant qu’ils continueront de se soumettre au diktat des puissances impérialistes au détriment de leurs peuples.
    Comment comprendre que la France qui a passé le temps à soutenir des coups en Afrique ainsi que les régimes qui en sont sortis en soit aujourd’hui farouchement apposée au Mali. Ne soutient-elle pas l’actuel chef d’état tchadien arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’état ? Comment comprendre cette politique de deux poids deux mesures ? Les raisons, nous les connaissons tous, tant que le coup d’état profite à la France elle amadouera l’auteur comme ce fut le cas depuis des décennies.
    Tant qu’il y aura la mal gouvernance, il y aura les coups d’état ou soulèvements populaires qui aboutiront toujours à un coup d’état.
    Je crois qu’il n’y plus rien à dire sur l’incapacité de la CEDEAO, les maliens ont là une opportunité d’émancipation face à la France et la CEDEAO, ils doivent la saisir en quittant la CEDEAO et par la même occasion le franc CFA.
    Nous, peuples des pays frères du Mali, devont nous mobiliser et soutenir nos frères du Mali avec ou sans la bénédiction de nos présidents. Toutes les OSC des pays de la CEDEAO éprises de justice et soucieuses de l’émancipation des peuples africains ainsi que les organisations des travailleurs des pays de la CEDEAO doivent mobiliser leurs sympathisants et faire reculer la CEDEAO.

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  • Le 13 janvier à 09:35, par LeVieux sage. En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Professeur Ille. Journaliste ALG Sidéré. Merci pour cette interview géopolitique et stratégique qui restera dans les annales de l histoire africaine.
    Interview dirigée avec professionnalisme.
    Un invité pétri de sagesse, de connaissance et maîtrisant parfaitement le sujet.
    Bravo à vous. Le Burkina Faso regorge de beaucoup de talents pourvu qu’ils se fassent connaître à travers de pareils exemples.
    Sur le fond
    Annalyse pertinente et juste. Je serai très content de vous lire une prochaine fois sur d’autres sujets. Bravo à vous chers journaliste et professeur.
    Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse le Burkina Faso. Paix au Burkina et au Mali.

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  • Le 13 janvier à 10:21, par Balladin En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Belle analyse professeur. Question : lorsqu’un État décide de quitter librement une organisation internationale, la décision ne prend- elle pas effet qu’après un an de préavis ? Et Pendant cette période, le dit État est tenu par tous les engagements pris par l’organisation, y compris financier. L’embargo qui frappe le Mali aujourd’hui, avait déjà été instauré contre la Côte d’Ivoire de Gbagbo par la même CEDEAO. Et le Mali avait approuvé cet embargo. Idem contre la Gambie, la Sierra Leone, etc. Et on avait applaudi à l’époque. Il y a beaucoup à dire sur les errements de la CEDEAO , dûs au fait qu’elle a déserté le champ économique qui justifiait sa création pour une politisation à outrance, sous la pression du Nigeria et du Togo d’Eyadema dans un jeu de leadership régional.

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  • Le 13 janvier à 11:15, par Damis En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Merci Professeur pour cette analyse limpide, rationnelle, constructive !
    C’est avec cette situation au Mali que les gens vont comprendre que la mission de la CEDEAO ne saurait être une solution au développement de ses états membres.
    Je suis sûr d’une chose : le Mali va s’en sortir, il sera bientôt libre pour son développement et il va bientôt montrer la voie à suivre à d’autres états comme le nôtre.
    Wait and see !

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  • Le 13 janvier à 11:47, par OCy En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Mr l’intellectuel pensez vous réellement qu’on peut sortir de la CEDEAO ou sortir du franc CFA en tant junte au pouvoir. Vous voulez faire croire que ces militaires ne sont pas des assoiffés de pouvoir, ils ont pourtant fait un coup d’état dans un coup d’état et on a tous suivi l’évolution de la situation depuis le départ d’IBK. Ce monsieur est passé de homme fort, vice président à président aujourd’hui. Ha ! J’oublie pour les intellectuals nos chefs d’état sont des cancres et sont mal conseillés,

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  • Le 13 janvier à 12:31, par Mali et franc CFA En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Bonjour Professeur
    1-Vous dites que la crise actuelle est l’occasion pour le Mali de se retirer du franc CFA
    Juste pour vous rappeler que c’est après avoir fait l’expérience du franc malien que le Mali a décidé en 1984 de renoncer à sa souveraineté de battre monnaie pour rentrer dans le franc CFA. Je ne crois pas que le Mali est prêt à créer une monnaie malienne après cette expérience.
    2- Vous dites que la CEDEAO dans la prise des sanctions devait tenir compte du contexte : Pr , justement la CEDEAO a bien tenu compte du contexte c’est la junte qui ne respecte pas ses engagements. Après le renversement d’IBK par coup d’Etat la CEDEAO a immédiatement pris des sanctions contre le Mali. Les autorités du Mali ont fait des assises nationales et le peuple a adopté une durée de la transition de 18 mois avec des élections présidentielle en février 2022. Un gouvernement civil a été mis en place. Constatant ses efforts et prenant en compte la situation sécuritaire du pays , la CEDEAO a pris acte de l’évolution positive et lever ses sanctions. Contre toute attente avant le terme des 18 mois , Assami Goita fait un coup d’Etat dans le coup d’Etat.
    La CEDEAO envoie des émissaires au Mali pour rappeler le calendrier électoral de février 2022 , mais les autorités ne coopèrent pas. En guise de chronogramme les autorités convoquent des assises nationales où participent quelques parti politiques qui proposent de proposent de proroger la transition de 6 mois. A leur grande surprise , la junte informe la CEDEAO que les assises ont recommandé une transition de 5 ans.
    - Vous dites que la durée de 5 ans était une proposition de 1ière intention genre ballon d’essai qui devait servir de point de discussion : Si tel est le cas il est à craindre que les autorités maliennes est confondu le marché central de Bamako avec les instances de la CEDEAO . Du reste , après la tournée du Ministre Diop au Burkina et surtout en Côte d’Ivoire avant le sommet d’Accra , les autorités savaient que cette proposition ne passerait pas

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  • Le 13 janvier à 13:17, par Diakité En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Une interview pleine de sens.Merci , Prof. Sinon, cette décision de la CEDEAO est une honte pour nous. Elle démontre combien nos pays sont gérés par non africains. Nous sommes gérés par nos ennemis issus de nous-mêmes !

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  • Le 13 janvier à 14:08, par Etirev En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    « Pour moi, le Mali a une occasion en or pour dire aurevoir au FCFA. »
    Bien dit, si le mali est vraiment sérieux, voici une opportunité qu’il faudra saisir pour se débarrasser de beaucoup de choses pas seulement le FCFA. Voyez-vous, les Rwandais ont sais l’opportunité offerte par le génocide pour changer leur pays, ils ont même changé la langue officielle pour devenir un pays anglophone. Ce fut très difficile mais aujourd’hui, une nouvelle génération anglophone est la et conduit les affaires. Mais il faut avoir le courage et être sérieux, saisir les opportunités rares comme celles-ci. Il ne s’agit pas d’imité mais d’avoir les vrais hommes intelligents et bien préparés, sinon l’ennemi aura raison. Je signalerai que je suis contre les putschistes. Je recommanderai aux militaires maliens de se retirer de la politique mais trouver un moyen pour rester en contrôle de la situation. Le futur proche sera sombre pour le Mali et la sous région.

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  • Le 13 janvier à 15:14, par Afrique malade En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Professeur

    Je suis triste de voir un tel article de votre part

    Vous dites que les "sanctions sont irréfléchies et irresponsables " Pour votre "qualité ’ de Pr de tels propos à l’encontre des chefs d’Etats de la CEDEAO qui ont aussi fait l’école comme vous ( voire plus que vous pour certains d’entre eux) , c’est pas bien Vous vous comportez comme les autres RES NULLUS et gens de la plèbe qui inondent le forum

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  • Le 13 janvier à 18:39, par Paul En réponse à : Crise politique au Mali : « La hantise des coups d’Etat plane sur tous nos pays », estime Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur à l’université Thomas Sankara

    Si on pose la question aux maliens qui n’ont pas voix au chapitre car hors réseaux sociaux, je ne suis pas sûr qu’ils soutiennent ces militaires au pouvoir depuis 18 mois ! Qu’ont-ils réellement fait pendant cette période, pas grand chose pour redresser la situation ! et, c’est sans doute sur ce plan qu’il y a un sérieux problème. Le Mali est en crise depuis très longtemps bien avant la venue des ex. militaires touaregs dans l’armée de Kadhafi il y a une décennie lorsque Kadhafi a été tué. Le régime ATT était corrompu jusqu’à la moelle à tel point que les trafics de la drogue se géraient depuis Koulouba.... Bref, si on regarde côté Burkina, ce n’est pas plus reluisant et, nous avons notre part de responsabilité dans l’insécurité du Nord Mali et, ce, depuis la chute de Kadafi. Pire, dès les années 2000, nous étions à l’époque impliqué dans tous les trafics de drogue, cigarettes, d’armes..., et, libération des otages. sous l’ancien régime de Blaise Compaoré, avec le petit président, Diendéré, l’ancien conseiller mauritanien, etc.

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