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Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Procès Thomas Sankara • LEFASO.NET • mardi 4 janvier 2022 à 21h51min
Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

Gendarme à la retraite (lieutenant-colonel), Grégoire Kambou a fait sa déposition ce mardi 4 janvier 2022 devant le tribunal militaire, par la lecture par le greffe, de son procès-verbal de comparution devant le juge d’instruction.

Le témoin était de la division informations des Armées, dont il était l’adjoint (il avait pour chef Gilbert Diendéré), à l’époque des faits. Il fut aussi chef du cabinet civil de Thomas Sankara.

Grégoire Kambou explique que c’est de son bureau sis à quelques encablures Est du conseil de l’Entente, qu’il entendra les tirs en cet après-midi de jeudi. Il décide de se diriger vers les lieux, mais croise Tibo Ouédraogo, un de ses promotionnaires, qui le dissuade d’y aller, et sans autre détail.

Il se retourne à son poste, attendant des instructions, qui ne viendront jamais. C’est de cette position également qu’il apprendra plus tard la mort du président Thomas Sankara. Dans sa déposition, le gendarme à la retraite est revenu sur le pourrissement de la situation, marqué par la floraison des tracts. Il confirme qu’une réunion était prévue ce jour (15 octobre 87) à 20h pour essayer de régler donc cette question de crise. Il apprend également qu’en prélude à ladite rencontre, son chef Gilbert Diendéré lui a dit de s’apprêter, que la question des tracts allait certainement venir (étant de la division informations). M. Kambou dit avoir indiqué à M. Diendéré que même si l’on faisait sortir tous les militaires dans la rue, ils ne pouvaient pas éviter les tracts.

Selon le témoin, tous connaissaient certes l’atmosphère de crise qui régnait, mais personne ne s’attendait à un tel dénouement. On ne peut pas dire que le 15 octobre à été un acte spontané, c’était préparé, pense-t-il.

Partant de la personnalité de Hyacinthe Kafando à l’époque, le témoin n’exclut pas qu’il soit capable d’une telle initiative, même s’il se convainc aussi qu’il a pu bénéficier ne serait-ce que d’assurances.

Ousmane Guiré, militaire à la retraite, était de la sécurité du commandant Jean-Baptiste Lingani. C’est pendant qu’ils étaient au domicile de ce dernier, en train de s’apprêter pour le sport, qu’ils ont entendu les tirs. Quelques temps après, leur chef Lingani informe de ce que le président Sankara est touché et est décédé. « Nous étions tous découragés. Le commandant était très ferme, il ne disait rien », confie Ousmane Guiré. Du domicile de commandant Lingani, ils se rendent au conseil de l’Entente où le chef passera la nuit à son pied-à-terre et d’où ils sont relevés par une autre équipe le lendemain.

Adama Ouédraogo, cultivateur, et Adama Zongo, militaire à la retraite et chef coutumier de Bassinko ont également vu leur procès-verbal lu. Chacun est revenu sur ce qu’il sait de cette date fatidique.

O.L.
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 4 janvier à 23:34, par Ba Hamadi En réponse à : Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

    Bonsoir freres burkinabe, Ba hamadi depuis Nouakchott(Mauritanie).
    diendre gilbert serait au repos medical et surement absent au proces.cela me donne envie de rire😊.
    L’homme est retrappe’ par son passe, un jeudi 15 octobre 1987 entre 16h 20 et 17h.
    il venait de superviser au 1er degre le massacre sauvage du president THOMAS SANKARA et douze de ses compatriotes.
    le president s’etaient rendu les bras en l’air.
    diendre gilsbert aurait pu l’arreter au contraire il avait bien pris le soin de desarmer la sécurité du president.apres avoir tire’ sur le president, on aurait pu epargner les autres mais non.Il fallait un carnage pour plier les autres a sa volonte’.les corps des 13 victimes baignant dans une mare de sang etaient exposés a l’l’entree de la salle de réunion.aucune compassion pour les victimes.
    et puis enterrés comme des mal-propres.
    malgre cet ultime trahision, l’histoire a donne raison a Thomas mort dignement sans avoir trahi ses proches.
    blaise compaore fillette devenue president fut chasse’ en plein jour sous le soleil moqueur par le peuple.
    exile’ en abidjan, il simule des trous de memoire pour fuire ses actes lui qui avait laisse’ ses partisans et chefs militaires a enjamber le corps encore chaud de celui qu’il dit etre son meilleur ami.
    diendere gilbert son vigile qui se prend pour homme d’honneur se cache lui derriere un mensonge ridicule qu’il a de plus en plus mal a contenir.un soit disant chef qui ment face a ses subalternes qui le regardent en face et le contredisent. un vrai general militaire homme d’honneur ne ment pas !
    la HONTE TUE ET ELLE EST PLUS DOULOUREUSE.
    diendere gilbert libere toi et dis enfin la verite.comment pardonner un accuse’ qui continue a mentir devant l’evidence.?

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  • Le 5 janvier à 10:36, par caca En réponse à : Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

    Selon le témoin, tous connaissaient certes l’atmosphère de crise qui régnait, mais personne ne s’attendait à un tel dénouement. On ne peut pas dire que le 15 octobre à été un acte spontané, c’était préparé, pense-t-il.
    Je suis de tout même étonné qu’à la fin des témoignages que personne ne puisse donnée un indice de preuve de la préparation préméditée du coup. Les témoins se sont contentés de la prise du pouvoir pour témoigner Mouta Mouta sans oublier le doute profite l’accusé. Le fond des témoignages sont plutôt confus, et laisse les gens dans leur faim de vérité. Les pièces à conviction ne viendront pas élucider ce que les première justification annonçait déjà.

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  • Le 5 janvier à 11:31, par Nabiiga En réponse à : Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

    @Caca

    e suis de tout même étonné qu’à la fin des témoignages que personne ne puisse donnée un indice de preuve de la préparation préméditée du coup

    C’est que tu ne suis pas sinon, tu aurais compris. Aucun étonnement cependant car impossible de réveiller un homme qui fait semblant de dormir, hein ? Tous, sauf toi, qui ne vois rien

    Répondre à ce message

  • Le 5 janvier à 11:59, par Nabiiga En réponse à : Coup d’État du 15 octobre 1987 : On ne peut pas dire que c’était spontané, pense le témoin Grégoire Kambou

    Désormais, on comprend aisément pourquoi le Capitaine Blaise et Gilbert Diendéré n’ont pas voulu quitter le pouvoir, ces deux derniers gouvernaient conjointement le Burkina. On comprend également la tristesse qui a envahi Diendéré le jour de l’insurrection quand il est allé informer Blaise que tout était perdu. L’état d’âme de ces deux sanguinaires portait certainement sur les événements par lesquels ils sont parvenus au pouvoir. Ils se doutaient pertinemment bien que le monde vivrait le déballage du carnage dont Diendéré fut le chef d’orchestre pour le compte de Blaise. Du coup, les deux étaient liés non pas seulement par le crime mais furent contraint de gouverner ensemble. Quelle triste fin pour ces sanguinaires notoires

    Répondre à ce message

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