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Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • lundi 29 novembre 2021 à 12h30min
Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

La 16e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) s’est tenue du 25 au 28 novembre 2021, à Ouagadougou, dans la capitale burkinabè. Contrairement aux précédentes éditions, les exposants se tournent les pouces et attendent désespérément des visiteurs. Nous avons pu faire le constat à la veille de la clôture de l’évènement, le samedi 27 novembre 2021.

Au pavillon "Soleil levant" du SIAO où étaient les exposants du FILO, le nombre de personnes pouvait se compter sur les doigts d’une main. Les allés étaient quasiment vides au point que certains exposants étaient obligés d’accoster à l’entrée les quelques rares visiteurs pour les conduire vers leurs stands.

Venu de Togo, Jean-Pierre Akako attend désespérément les visiteurs. « Vraiment, il n’y a pas de marché, nous avons rarement eu de visiteurs aujourd’hui », a-t-il lancé. Pour lui, la morosité s’expliquerait en partie par la crise socio-politique que vit le Burkina Faso. Puisque la journée du samedi 27 novembre a été ponctuée par des manifestations, parfois violentes, d’interpellation des autorités sur la gestion de la crise sécuritaire au Burkina Faso. « On a entendu qu’il y a une marche en ville, c’est peut-être à cause de cela qu’il n’y a pas d’engouement autour des expositions », a-t-il indiqué tout en souhaitant que la donne change le lendemain, jour de clôture de l’évènement.

Jean-Pierre Akako, espère que l’engouement sera de retour à la clôture

En plus de la marche qui ne favorise pas une fréquentation des stands du FILO, la coupure de la connexion mobile aussi y est pour quelque chose, selon Issoufou Birba, un autre exposant. Pour ce représentant de la librairie Jeunesse d’Afrique, la coupure de la connexion mobile n’a pas permis la diffusion de l’information sur l’évènement. « C’est à travers les publications des gens sur les différentes plateformes numériques qu’on pouvait attirer le maximum de personnes sur le site », a-t-il laissé entendre. « Avec cette situation, c’est compliqué » se désole-t-il. Il dit avoir vendu moins de trois livres dans la journée, à la différence de son prédécesseur qui fait grise mine.

D’un exposant à l’autre, la question de la crise sociopolitique que vit le pays est brandie comme la principale raison de l’absence des amoureux de la lecture à cette 16e édition de FILO. Selon un autre exposant, l’engouement était au rendez-vous à l’ouverture. Mais cet engouement, poursuit-il, a disparu brusquement. Et ce, à cause de la marche, a-t-il conclu.

Indie Sawadogo se procure son livre de rêve

Les prix jugés chers

Les quelques visiteurs que nous avons rencontrés sur le site de la foire crient à la cherté des documents. Indie Sawadogo, élève en classe de seconde A, est venue dans l’espoir de pouvoir s’acheter trois romans. Mais elle repart avec un seul parce que son pouvoir d’achat ne lui permet pas de s’en procurer plus. « Je voulais plus que ce roman mais les prix ne sont pas abordables », a-t-elle indiqué, avant de s’éloigner avec sa sœur.

Etudiant en droit, Sié Palé a pu s’offrir deux livres. Il a aussi dénoncé le prix des documents qui, de son point de vue, sont exorbitants. En ce qui concerne le manque d’engouement, il pense que cela est dû à l’information qui n’a pas circulé. « L’information n’est pas passée, sinon beaucoup de gens seraient venus », a-t-il confié, ajoutant que cela n’est pas la seule raison. « Les gens n’ont plus le goût de la lecture », a-t-il souligné.

La 16e édition a refermé ses portes le dimanche 28 novembre 2021. Elle était placée sous le thème « Edition et marché du livre au Burkina : Enjeux, défis et perspectives ».

S.I.K (stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 29 novembre 2021 à 16:36, par Edwige En réponse à : Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

    C’est L’ambiance générale du pays chers exposants !!a qui la faute ? Les esprits sont pas sereins pour la des moments de lecture. Que Dieu nous aide à retrouver là sérénités d’en tant pour mieux acheter vos livres !!

    Répondre à ce message

  • Le 29 novembre 2021 à 16:37, par Edwige En réponse à : Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

    C’est L’ambiance générale du pays chers exposants !!a qui la faute ? Les esprits sont pas sereins pour la des moments de lecture. Que Dieu nous aide à retrouver là sérénités d’en tant pour mieux acheter vos livres !!

    Répondre à ce message

  • Le 30 novembre 2021 à 02:39, par Dibi En réponse à : Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

    Le Burkina-Faso est devenu un pays où la politique du livre et de la lecture sont dans un état de catastrophe naturel et culturel. C’est l’effondrement comme dans d’autres domaines.
    Les gens ne lisent pas et rien ne les incite à la lecture.
    Nos hommes politiques ne lisent pas. Des vraies ignares culturels quand on les côtoie. Leur inculture, leurs méconnaissances de nos réalités sociales culturelles historiques et du monde sont sidérantes. D’où leur manque d’originalité de pensées et leur propension à répéter mimétiquement et à se gargariser à la nausée, de concepts élaborés ailleurs (comme émergence, inclusion, gouvernance, entreprenariat, coopération partenariat ...).
    La jeunesse ne lit pas. Comme tout le monde, elle est abonnée aux écrans des portables pour suivre la vie rêvée d’Eudoxie Yao et Grand P. ; celle que notre Grand Bala Sakandé a reçue à Ouaga. Et n’oublions pas non plus que notre jeunesse suivait aussi sur Facebook, l’autre Arafat, grand délinquant du Coupé-décalé qui s’est tué à moto à Abidjan et qu’ont pleuré, mêmes des Grands ministres de la politique Burkinabè.
    Avec des milliers d’élèves en déshérence scolaire dans la nature pour cause de terrorisme égorgeur, l’amour de la lecture n’est pas en bonne voie. On espère que les étudiants des universités lisent ; et pas seulement pour réussir leurs partiels scolaires ; sinon ça craint. La petite fonction publique tout comme le Haut fonctionnariat bureaucratique bourgeois ne lisent pas, et sont comme tous les autres. Pour nombre d’entre eux, il vaut mieux courir derrière les affaires dans un climat de pourriture et de corruption généralisées, que de s’adonner à des livres ou à de la lecture. Les finances ne suivent pas forcément pour les petites gens. Mais il y a des couches qui ont les moyens ; et mêmes ceux là ne lisent pas non plus forcément. On pense aux officiers de l’armée. Et vu le confort où ils sont, dans leurs grands canapés, placés devant leurs grands écrans plats au milieu du salon, on peut douter qu’ils soient de grands lecteurs. Encore moins leurs épouses plus engluées de crèmes de beauté, et de parfums flottants dans de grands bazins bleus ou blancs. Bien évidemment, dans tous ces milieux, il y a des exceptions et heureusement.
    Et on attend toujours des ministères de l’Education nationale et de la culture, une vigoureuse politique de développement de la lecture publique.
    Là encore, ce sont des agences de coopération occidentale qui sont à la manœuvre (Centre culturel français, américain, russe ou saoudien arabe avec les temps qui courent.).
    Ca fait pitié !
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

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  • Le 30 novembre 2021 à 08:24, par kwiliga En réponse à : Foire internationale du livre de Ouagadougou : Les exposants crient à la morosité du marché

    Combien faudra-t-il de morts, de réfugiés, de miséreux,... pour que l’on comprenne enfin que l’heure n’est plus aux festivités ?
    Arrêtons les salons, les festivals et toute démonstration d’allégresse qui pourrait prêter à croire que tout va bien dans notre pays ou que ceux du Ouagaland, se foutent éperdument du sort réservé aux populations du Burkinistan.Cessons toute activité budgétivore et dénuée de sens, dans l’urgence que vit notre pays.
    Tant que nous vivons cette situation de pays envahi, arrêtons les colloques, séminaires, symposiums, plateformes, formations,... les inaugurations pompeuses et protocolaires, les voyages inutiles de ministres et autres officiels.
    Nous ne gagnerons malheureusement pas si facilement, mais au moins, nous regagnerons notre dignité perdue.

    Répondre à ce message

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