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Université Professeur Joseph KI-Zerbo : Absata Dayamba s’interroge sur la relation du développement financier et les revenus inégalitaires en Afrique subsaharienne

Accueil > Actualités > Société • Lefaso.net • vendredi 22 octobre 2021 à 18h40min
Université Professeur Joseph KI-Zerbo : Absata Dayamba s’interroge sur la relation du développement financier et les revenus inégalitaires en Afrique subsaharienne

L’analyse de l’effet du développement financier sur les inégalités de revenus dans les pays d’Afrique subsaharienne à fait l’objet de soutenance le jeudi 21 octobre 2021 à Ouagadougou. Absata Dayamba a soutenu devant le jury que les inégalités des revenus sont une mauvaise chose dans la mesure où elles peuvent être sources d’énormes maux sociétaux.

Absata Dayamba a présenté et a défendu les résultats de ses recherches en vue d’obtenir son diplôme de master en macroéconomie et gestion du développement. "Effets du développement financier sur les inégalités de revenus dans les pays d’Afrique subsaharienne". C’est sous ce thème qu’elle a fait ses recherches. Au cours de sa prestation, elle a fait savoir que beaucoup de théories ne s’accordent pas sur la question, ce qui l’a motivé à apporter de "la pierre à la pierre".

La preuve empirique sur le problème de l’inégalité de revenus est basée sur la méthode généralisée, peut-on entendre. Pour mener à bien son analyse, elle a consulté un panel de données de 26 pays d’Afrique subsaharienne sur une période allant de 1996 à 2018. À ce niveau, elle a laissé entendre que les résultats d’estimation de cette analyse ont montré que l’évolution des effets du crédit sur les inégalités de revenus dans la zone subsaharienne a la forme de « U ».

Ce qui lui a permis d’affirmer que "les résultats empiriques remettent en cause les recherches théoriques qui confirmaient que la relation entre développement financier et inégalités de revenus est non linéaire, de type « U inversé » de Greenwood et Jovanovic (1990). "

L’impétrante Absata Dayamba

Selon l’impétrante, ce résultat contraire à la théorie s’explique par le fait qu’en Afrique subsaharienne, les banques sont confrontées à des imperfections du marché de crédit rendant difficile l’accès des pauvres aux services financiers. Concernant les variables de contrôles, elle a fait remarquer qu’un accroissement du niveau des investissements contribue à réduire les inégalités de revenus. En outre, "une hausse de l’inflation et une stabilité politique contribuent également à la diminution des inégalités de revenus dans la zone", a-t-elle soutenu. Puis, elle a ajouté " une hausse de la corruption et l’ouverture commerciale accroissent les inégalités de revenus."

"Les résultats impliquent qu’un meilleur accès au financement permet aux ménages pauvres d’emprunter pour lisser leur consommation, investir dans leur capital humain, notamment dans l’éducation et la santé ou lancer de nouvelles entreprises, réduisant ainsi les écarts de revenus entre riches et pauvres. Vu l’importance du secteur dans la réduction des inégalités de revenus, il est impératif de développer ce secteur" a-t-elle relevé. C’est pourquoi, elle a invité les gouvernements de la région subsaharienne à œuvrer davantage pour favoriser le développement financier dans leurs pays.

Au terme de ses recherches, la future "maître" a préconisé des pistes de solutions qui, selon elle, pourraient aider à résoudre la problématique des inégalités de revenus en Afrique subsaharienne. Il s’agit pour elle, de l’élargissement et l’approfondissement des connaissances sur les produits financiers qui pourraient être un atout pour l’inclusion financière car dit- elle "une bonne connaissance des produits financiers et les informations sur les avantages de ces produits pourraient améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux financements. Aussi, le financement du milieu rural dans les pays d’Afrique subsaharienne est entravé par plusieurs contraintes."

Au regard de la pertinence et de l’actualité du thème, le jury présidé par le Professeur Pam Zahonogo, après avoir porté un regard critique sur le travail de l’impétrante, a suggéré de mieux approfondir la présente thématique. Selon eux, ce thème a toujours fait l’objet de grands débats entre les auteurs du monde économique. À l’unanimité le jury lui a décerné la note de 15,5/20 l’élevant ainsi au grade de "maître".

Augustin Dofinitta Khan
Lefaso.net

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