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Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers leurs dirigeants est loin d’un fait isolé », souligne Alassane Bala Sakandé

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • vendredi 1er octobre 2021 à 12h57min
Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers leurs dirigeants est loin d’un fait isolé », souligne Alassane Bala Sakandé

Le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Alassane Bala Sakandé, a procédé à l’ouverture de la deuxième session parlementaire ordinaire de l’année 2021, ce mercredi 29 septembre à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a connu la présence des membres du gouvernement avec à leur tête le Premier ministre, Christophe Dabiré, ainsi que des membres du Parlement ghanéen.

Comme à l’accoutumé, la représentation nationale ouvre chaque dernier mercredi du mois de septembre, sa deuxième session ordinaire de l’année. Et cette année, elle n’a pas dérogé à la règle. La présente session, également appelée « session budgétaire », a principalement pour objet l’examen et le vote du budget de l’Etat gestion 2022. C’est par elle que le parlement consent l’impôt, autorise les dépenses publiques, affecte les ressources et les charges de l’Etat.

Après avoir donné un aperçu du fonctionnement de l’institution parlementaire et fait le compte-rendu des actions menées par les parlementaires, Alassane Bala Sakandé est revenu sur certaines de ces activités.

Il s’agit, entre autres, de l’élaboration du plan stratégique 2022-2025 qui a mobilisé parlementaires et personnel administratif tout au long de la période de l’intersession et du devoir de redevabilité auquel se sont soumis les 127 députés du parlement auprès des citoyens du 1er au 4 juillet 2021 à Bobo-Dioulasso.

Ces jours passés dans la région des Hauts-Bassins ont été l’occasion pour mieux faire connaître l’institution et pour recueillir les attentes et préoccupations des populations, a fait savoir Bala Sakandé.

A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale a relevé « la crise de confiance » qui prévaut en ce moment entre les Burkinabè et leurs autorités, en les interpellant à respecter leurs engagements vis-à-vis de ceux pour qui, ils votent la loi, consentent l’impôt et contrôlent l’action gouvernementale.

« L’ouverture de la présente session se tient dans un contexte géopolitique marqué par une crise aiguë de confiance qui n’épargne aucun secteur de la vie sociale », affirme Alassane Bala Sakandé, président de l’Assemblée nationale

« L’ouverture de la présente session se tient dans un contexte géopolitique marqué par une crise aiguë de confiance qui n’épargne aucun secteur de la vie sociale », a indiqué Bala Sakandé. Pour lui, l’humanité souffre d’une crise de confiance et cet état de fait est loin d’être un fait isolé.

Tout en félicitant le Premier ministre, Christophe Dabiré, et son staff pour les efforts consentis, Bala Sakandé a invité le gouvernement à travailler de sorte à combler ce déficit de confiance. « Pour avoir été témoin de votre parcours professionnel et politique, je ne doute point de votre détermination à assainir la gestion publique. Je veux juste vous exhorter à davantage d’actions et d’audace dans votre volonté politique d’implémenter la culture de la redevabilité dans l’action gouvernementale », a-t-il insisté auprès du chef du gouvernement.

Le président de l’Assemblée nationale dit aussi militer pour une relecture profonde, urgente et diligente de la loi n°039/2016/AN du 2 décembre 2016 portant réglementation générale de la commande publique. « La place prépondérante accordée au ”moins disant" dans l’évaluation des offres doit être reconsidérée », a-t-il laissé entendre. Car selon lui, l’expérience a démontré que le “moins disant” n’est pas toujours le ”mieux disant” en terme de critères d’attribution des marchés publics.

Le Burkina Faso a suffisamment payé les conséquences financières, économiques et surtout humaines à cause de ce critère qui ne tient pas la route, dira Bala Sakandé. « L’action c’est maintenant, pour éviter que ne se reproduisent des drames humains consécutifs aux effondrements d’édifices et ouvrages publics », a-t-il recommandé au gouvernement.

Par ailleurs. le président du Parlement dit accorder une attention particulière au dossier judiciaire relatif à la contrebande à grande échelle de carburant aggravée par des suspicions de blanchiment de capitaux, de corruption et de financement du terrorisme actuellement en cours grâce au travail de la justice et des forces de défense et de sécurité qu’il a salué.

Christophe Dabiré, Premier ministre (à droite) en compagnie du 1er vice-président du parlement ghanéen Joseph Osei-Owusu (à gauche)

L’inflation a également été abordée dans le discours de Bala Sakandé. Il a salué la volonté commune du Burkina et de la Côte d’ivoire de rouvrir leurs frontières dans le strict respect des mesures sécuritaires et sanitaires pour résorber cette situation.
Concernant la fermeture du lycée Philippe Zinda Kaboré, Bala Sakandé a annoncé une invitation très prochaine du gouvernement pour aborder le sujet afin de situer le parlement sur le redéploiement de l’ensemble des pensionnaires et du personnel. Il dit attendre également qu’un plan de réhabilitation du Zinda mais aussi de tous les établissements scolaires qui en ont besoin leur soit présenté en vue de garantir la sécurité des élèves et des enseignants.

Au sujet de la loi de finances, le président de l’Assemblée nationale entend la rendre plus accessible au grand nombre afin de mieux faire comprendre le processus budgétaire aux populations et réduire l’incivisme.

Une dizaine de projets de lois seront à l’ordre du jour de la présente session en plus de celui sur la loi de finances.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 1er octobre à 17:35, par Gwandba En réponse à : Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers leurs dirigeants est loin d’un fait isolé », souligne Alassane Bala Sakandé

    Je suis agréablement surpris des points évoqués par le président de l’assemblée nationale. Espérons que ces diagnostiques seront suivi d’actions par les instances concernées. Quand ça nous paraît bien, on ne peut dire autres choses qu’encourager. Wend na ko panga.

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  • Le 1er octobre à 22:02, par Substance Grise En réponse à : Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers leurs dirigeants est loin d’un fait isolé », souligne Alassane Bala Sakandé

    Merci Mr le PAN d’avoir soulever des points aussi importants dont la défiance croissante entre l’autorité et les populations
    Au fait il est plus que jamais tant de changer radicalement le type de gouvernance dans laquelle on est plongé depuis 1987
    Il faut gouverner par l’exemplarité. Il faut que la politique ne soit plus un moyen d’éssor social.( comment des gens peuvent être des milliardaires tout simplement parce qu’ils sont dans la politique depuis des décennies ; pour certains en quelques 5 ans…)
    Il faut se dire la vérité dans votre regroupement de majorité et tous les autres se mettront au pas.
    Il faut secouer le milieu des criminels économiques car c’est eux les champions de la corruption empêchant le pouvoir judiciaire qu’il faut aussi sécouer de travailler
    Autrement dit tous les jeunes aventuriers dans la politique vont payer pour les conséquences désastreuses causées par ces ainés qui ont totalement échoué et refusent de reconnaître cela
    En effet les populations vont être plus exigentes pour les résultats de la gouvernance
    Il faut revoir les peines et que tout le monde soit égale devant la loi
    Comme ça les abus de tout genre (politique,administratif,judiciaire….) vont s’estomper d’eux même. Au fait c’est ça qui va amener la vraie réconciliation ,la tolérance et le savoir-vivre ensemble entre burkinabé

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  • Le 1er octobre à 23:13, par Un Burkinabê En réponse à : Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers leurs dirigeants est loin d’un fait isolé », souligne Alassane Bala Sakandé

    Il faudra plutôt bien expliquer le processus aux députés. Je donne un exemple (les Banwa et les provinces de la Région de l’Est). Dans une Démocratie, chaque député devrait scruter le budget et vérifier que le bitumage des tronçons de routes réclamés par leurs populations sont inscrits dans le budget de 2022. Si c’est inscrit, les députés doivent vérifier avec des spécialistes des routes que les sommes allouées à la construction et/ou rehabilitation de ces routes sont suffisantes. Si c’est inscrit et que les sommes allouées ne sont pas insuffisantes ou que ce n’est même pas inscrit, alors les députés de l’Est + ceux des Banwa doivent impérativement monnayer leurs votes par l’inscription du bitumage de ces routes principales de leur zone. Ils doivent faire un bras de fer avec le Gouvernement et dire que tant que le bitumage des routes n’est pas inscrit dans le budget 2022, qu’ils votent NON. C’est ça le role du député. Ce comportement n’a rien de politique mais de responsabilité et de redevabilité pour les populations pour lesquelles le député siège à l’Assemblée Nationale. J’espère que les députés qui siègent comprennent ce role car c’est ce comportement que nous du bas peuple attendons d’eux. Une fois élu, le député répond au nom de sa province et non du parti politique.

    Répondre à ce message

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