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Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 10 septembre 2021 à 10h31min
Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser  les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

Dans la nuit du mercredi 1er au 2 septembre 2021, huit orpailleurs clandestins ont péri après s’être frauduleusement introduits dans des galeries appartenant à la société minière Bissa Gold de Sabcé, dans la province du Bam, région du Centre-nord. Dans un communiqué en date du 2 septembre, le procureur du Faso a signifié que lors des investigations, deux rescapés ont fait état de l’utilisation de gaz lacrymogène entraînant la panique et l’étouffement des orpailleurs. Le même communiqué annonçait l’ouverture d’une enquête contre X pour homicide involontaire. M. Hermann Konkobo, spécialiste des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles à l’université Joseph Ki-Zerbo donne son avis sur ce drame à Lefaso.net. Lisez !

De prime abord, je voudrai souhaiter un prompt rétablissement aux blessés artisans miniers et adresser mes sincères mots de compassion aux familles des 8 artisans miniers ayant perdu la vie suite à ce rapport conflictuel entre la mine Bissa Gold et les artisans miniers.

Les éléments dramatiques du 1er et 2 septembre 2021 sur le site de la mine industrielle Bissa Gold dans la commune rurale de Sabcé, s’inscrivent dans ce que nous appelons dans la littérature scientifique les « conflits miniers ». La particularité de ce dernier cas, est que c’est un conflit minier qui oppose les miniers industriels aux artisans miniers, avec l’implication des communautés riveraines de la mine.

Au Burkina Faso, ce type de conflits miniers se manifeste par diverses actions de protestation accompagnées parfois de violents affrontements avec d’énormes dégâts humains et matériels, pendant les différentes phases du cycle minier industriel (recherche, construction et exploitation de la mine). Ces dix dernières années, l’analyse de la dynamique des conflits miniers indique un rapport quasi-conflictuel entre ces deux acteurs autour du contrôle de la ressource or, dans toutes les régions minières du Burkina Faso.

Rapport conflictuel entre les artisans minier et Bissa Gold

Ce fut les cas à Youga en 2019 avec la Compagnie minière burkinabè (BMC), à Boudri avec SOMISA, à Inata avec la société minière de Belahouri (SMB), à Houndé avec Endeavour Mining, etc. Pour le cas de Bissa, l’hypothèse probable est que des artisans miniers se seraient introduits dans une des fosses déjà exploitées et abandonnées ou non encore exploitées par la mine afin de récupérer du minerai aurifère. Ce qui a pu occasionner huit pertes en vie humaines, des dégâts matériels énormes et des manifestations professant le départ de la mine.

Pour mieux comprendre ce rapport conflictuel entre les artisans miniers du Bam et la mine Bissa Gold, la question ci-après mérite d’être posée : comment l’introduction des artisans miniers dans une des fosses épuisées ou pas de la mine Bissa peut-il engendrer autant de mobilisation, de dégâts humains et matériels ?

Premièrement, Il faut remonter dans le temps. En effet, la mine industrielle Bissa Gold est une filiale de la multinationale Russe Nord Gold. C’est une emprise d’exploitation de plus 129 Km² (soit plus de 12 00 hectares) où cohabitaient l’agriculture, l’exploitation minière artisanale et qui englobait les villages de Bissa, Imiougou, Zandkom, Bouly.

Suite à l’acquisition légale de son permis d’exploitation en 2010, la mine a procédé à la délocalisation des villages et à l’indemnisation des champs pour cinq ans à l’exception des artisans miniers qui ont été déguerpis sans autres formes de procès. Il est important de préciser que la loi minière du Burkina Faso donne une primauté à l’exploitation minière industrielle au détriment de l’artisanat minier.

Par conséquent, les artisans miniers ne sont pas pris en compte dans les indemnisations. Ces derniers ont donc été exclus de toute forme d’indemnisation par la mine. Aussi, les communautés riveraines des villages délocalisées ayant perçu une indemnisation monétaire de cinq ans, estiment que les échéances du contrat sont atteintes et appellent la mine depuis 2017 à de nouvelles négociations sur leurs terres.

Déjà en 2014 et 2016, des protestations de communautés riveraines, avec blocage de l’accès à ladite mine, exprimaient le rapport conflictuel entre la mine Bissa Gold et les communautés riveraines (habitants, agriculteurs et artisans miniers). Pour me résumer, il y existe un rapport conflictuel dynamique et permanent entre les miniers industriels et les artisans miniers autour du contrôle des ressources naturelles (aurifère et terre agricole). Ce qui peut expliquer l’ampleur de la mobilisation des communautés riveraines et des artisanats miniers à la fois pour dénoncer et réclamer réparation mais aussi demander le départ de la mine de leur localité.

Malédiction du leadership et de la gouvernance

Le second niveau de compréhension de ce conflit minier à Bissa Gold peut s’expliquer par la malédiction du binôme « leadership et gouvernance » (Matata Ponyo 2019) de ressources naturelles au Burkina Faso. La malédiction du leadership et de gouvernance s’entend par l’absence de vision prospective, de capacités patriotiques des autorités du pays ainsi que la défaillance des institutions de gouvernance du secteur minier dans l’affirmation et la prise en compte des intérêts des communautés rurales dont les artisans miniers.

Cette malédiction du leadership et de la gouvernance des ressources minières se traduit par une concurrence malsaine entre artisans miniers et miniers industriels. La politique de promotion des investissements directs étrangers (IDE) auquel le pays a souscrit se matérialise dans le code minier par les articles 72 et 73 donnant ainsi la primauté exclusive consacrée au secteur minier industriel qui est le domaine de prédilection des multinationales minières étrangères.

Dans ce discours sur les IDE, l’ouverture du secteur minier aux capitaux étrangers, l’échelle nationale prédomine (c’est-à-dire les expropriations des ressources par l’Etat), au détriment de groupes spécifiques de citoyens dont les artisans miniers et les populations locales. Ce qui peut aisément expliquer l’indignation générale des communautés riveraines (artisans miniers et populations locales) et l’ampleur des dégâts enregistrés par Bissa Gold.

Office national de sécurisation des sites miniers

Dans ce contexte d’expropriation, l’Agence nationale de l’encadrement des exploitations minières artisanales (ANEEMAS) et l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) présentent l’image d’institutions défaillantes parce que la carte d’artisans miniers et la détention d’une autorisation d’exploitation artisanale (AEA) ne résolvent pas fondamentalement l’exclusion des artisans miniers dans la chaîne de l’exploitation minière aurifère au Burkina.

Aussi, certains parmi les artisans miniers ayant perdu leurs sources de revenu (orpaillage) s’incrustent parfois dans la zone exploitée et abandonnée ou soit la zone non encore exploitée du périmètre de la mine, et parfois avec la complicité des agents de sécurité. Cependant, est-ce que cela peut justifier l’intervention de l’équipe de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) ?

En plus, lorsque vous lisez le communiqué de la direction générale de la police nationale, il fait mention de l’intervention d’une équipe de la CRS. Pourtant, la CRS ou la police n’est pas l’organe sécuritaire institutionnel chargé de la sécurisation des sites miniers au Burkina Faso C’est plutôt l’ Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM). Créée en 2013, l’ONASSIM est dédiée au secteur minier et dans ses missions est censée avoir des contacts et des liens avec les acteurs impliqués par les sensibilisations qu’elle mène sur le terrain.

Ainsi, on pourrait supposer que si l’ONASSIM avait été présente, peut-être que son intervention aurait pû éviter ces pertes en vies humaines. Si jusque-là, cette institution n’arrive pas à se déployer convenablement sur les sites miniers (nous n’évoquerons pas les raisons ici), cela explique la défaillance institutionnelle dont nous faisions cas plus haut.

Criminalisation des artisans miniers

Ainsi, la primauté consacrée aux miniers industriels par les textes au détriment des miniers artisanaux a abouti à la méconnaissance et à la criminalisation des artisans miniers. Donc, l’idée d’un secteur informel regroupant plus d’orpailleurs clandestins s’avère plutôt être un euphémisme stratégique construit par les néolibéralistes, masquant ainsi l’inégalité et l’exploitation au sein du secteur minier burkinabè, et qui laisse apparaître implicitement une lutte de classes sociales dans les localités à atouts aurifères.

A mon avis, le procureur du Faso, près du tribunal de grande instance de Kongoussi est dans son devoir de porter plainte ou poursuivre les auteurs des dégâts notamment humains, selon la procédure en la matière. Maintenant, est ce que l’issue judiciaire, quelqu’en soit le verdict, mettra fin ou atténuera le rapport conflictuel entre les artisans miniers et la mine Bissa Gold ?

Moi, je suis sceptique, car si les dégâts humains et matériels liés à ce conflit minier soulèvent évidemment des faits juridiques tels que poursuivis par le procureur, il ne résout pas les faits d’inégalité et la criminalisation des artisans miniers. Et si l’on y prend garde, ce contexte d’inégalité ou le secteur minier artisanal de l’or représente une source importante de revenus pour les communautés rurales en proie au terrorisme peut aboutir à ce que certains économistes comme Richard Auty qualifient de « malédiction des ressources naturelles ou encore le paradoxe de l’abondance des ressources naturelles » au Burkina Faso.

Propos recueillis par :
Dofinitta Augustin Khan
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 septembre 2021 à 14:58, par le Manding En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Dofinitta Augustin Khan ,vous avez beaucoup ecrit pour ne rien dire et surtout nous cacher la verite. Le vrai probleme est que : pourquoi les policiers en tenu vont gazer des citoyens Burkinabes orpailleurs de profession dans trous de mine d’or causant ainsi la mort de 8 personnes. Et desque les premiers journalistes sur les lieux ont montre que les personnes tuees par gaz par les policiers etaient des Diallo ,c’est a dire des Peuls, tout de suite on veut banaliser l’affaire et l’etouffer comme si la mort d’un peul au Burkina Faso n’etait pas une tragedie. Je parie que si c’etait des poliers peuls qui avaient tue des orpailleurs mossi dans ces conditions , on allait crier sur tous les toits ;au scandale . Y a t-il 2 sortes de Burkinabes ?

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  • Le 9 septembre 2021 à 16:06, par JANVIER En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    NUL NEST SENSE IGNORER LA LOI DIT ON... QUAND UNE PERSONE PREND QUELQUE CHOSE QUI NE L APPARTIENT PAS CEST DU VOL.

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    • Le 10 septembre 2021 à 14:58, par LUI En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

      Monsieur KAM inutile de jouer au PYROMANE dans ce pays car nous avons déjà suffisamment à faire.Jusque là personne n’a parler de peuhl et de mossi jusqu’à ce que la puanteur de votre bouche vient nous envahir.Ce n’est que qu’a travers l’identité des victime que nous avons su qu’il y avaient parmi eux des DIALLO .Cette promptitude de votre part à opposer les gens reflète la négation de votre personne.Si des accusations il y en a ,il faut voir du côté de la police.D’ailleurs qui te dit que parmi l’unité de police de la CRS il n’y avaient pas des peuhl et et même des DIALLO de surcroit.Tout de même que parmi les victimes il peut aussi avoir des non peuhl.

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  • Le 9 septembre 2021 à 16:15, par Levieux En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Professeur, les hommes qui composent l’ONASSIM sont de quel corps ? n’est-il pas mieux indiquer de confier la sécurité des sites miniers à la CRS ou à des gendarmes plutôt qu’à des agents de sécurité privé du genre Wagner groupe ?

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  • Le 9 septembre 2021 à 17:28, par HUG En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Pourquoi ggazer les gend qui sont dans les trous dont le seul tord est de travailer pour survivre

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  • Le 9 septembre 2021 à 17:47, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Monsieur "Manding", vous nous intriguez beaucoup....

    Certes, nous avons tous lu les articles où les rescapés témoignent, et ils ont des noms peuhls. Mais je me demande comment vous avez eu les groupes ethniques des policiers qui sont intervenus sur le site pour affirmer tout de go que ce sont des "policiers mossi qui ont "tué" des orpailleurs peuhls" ?!?

    Voudriez-vous nous faire croire que la police, notamment les CRS sont composés d’une seule ethnie ? Ou alors que pour cette intervention, ils ont été sélectionnés pour aller "casser du peuhl" ? Et sélectionnés par qui ?

    L’impression que vous donnez est de vouloir transformer cet incident malheureux en un autre "exemple de stigmatisation des peuhls" en travestissant les faits et en forçant le trait.

    Cette "idéologie" étant celle développée par les djihadistes pour exacerber le sentiment de frustration et de persécution chez les peuhls afin de les recruter dans leurs rangs, il serait bien que le procureur vous pose quelques questions à l’occasion.

    Et pour information, ces gens ne sont pas des "orpailleurs de profession". Ce sont des voleurs, introduits sur une propriété privée pour y dérober ce qui ne leur appartient pas, le tout en prenant des risques dans des galeries non sécurisées et non aérées. Les "policiers en tenue" ont été appelés par le propriétaire pour chasser et/ou appréhender les voleurs. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans ça, à moins d’être de mauvaise foi ?

    Pour votre gouverne aussi, en dehors de certains cas particuliers (camp militaire, ambassade, etc..) la police et la gendarmerie peuvent intervenir partout sur le territoire national en respectant la loi sur la vie privée.
    Le fait qu’une structure spéciale existe pour sécuriser un lieu n’empêche pas que les forces de l’ordre puisent y intervenir si c’est nécessaire et en particulier s’ils sont appelés au secours par le propriétaire des lieux. C’est le cas des universités par exemple.

    Quand à l’analyse de Hermann Konkobo, il repassera. Selon les articles de presse, la moyenne d’âge des clandestins dans cet incident se situait entre 15 et 20 ans. Cela signifie qu’à l’installation de la mine il y a 11 ans, ils n’avaient pas l’âge d’être des "artisans miniers", encore moins des "orpailleurs professionnels" qui auraient été donc "privés de leur activité" selon la thèse de M. Konkobo. Le mythe de la "lutte des classes" est bien beau mais ne correspond à aucune réalité ici.

    Concernant la soit-disant "malédiction" du binôme leadership et gouvernance, tout simplement l’état devait faire un choix et il l’a fait :

    D’un coté vous avez l’orpaillage informel :Désordre, drogue, prostitution, vols, morts par éboulements ou règlements de compte, pollution, quelques nouveaux riches mais rien pour l’état et la commune !

    De l’autre vous avez la mine moderne : Une personne morale à qui demander des comptes, des investissements industriels et sociaux, des recettes pour l’état et les communes, du travail légal pour les populations, de la sous-traitance pour les entreprises.

    Ceux qui trouvent que le choix fait est mauvais devraient peut être se faire soigner, ou visiter les sites d’orpaillage pour se faire une idée de "l’idéal" qu’ils semblent prôner pour notre pays.

    "Le voleur vole parce qu’il est pauvre". Cette théorie, on l’a déjà entendue maintes fois. Mais ce n’est pour autant qu’on va légaliser le vol, encore moins emprisonner ceux qui ont voulu empêcher un vol chez eux ou qui ont appréhendé un voleur.

    Mais dites moi, monsieur "Manding", des voleurs meurent tous les jours au Burkina, lynchés par les populations après avoir été pris. Pourquoi vous n’enquêteriez pas pour savoir s’ils y a parmi eux des peuhls afin de dénoncer cette "stigmatisation" là aussi ?

    Et pour finir, OUI, il y a deux sortes de Burkinabè : Les citoyens, qui respectent la loi, leurs concitoyens, les institutions et les biens privés et publics ;
    et il y a les autres, les voleurs, bandits, assassins et terroristes, qui ne respectent rien.

    Et pour ces derniers, les arrêter, les emprisonner, voir les "neutraliser" est légitime, que dis-je est de la légitime défense pour les citoyens et les FDS. Point barre !

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  • Le 9 septembre 2021 à 17:49, par Bernard Luther King ou le Prophète Impie En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Merci beaucoup M. Konkobo pour votre integrité intellectuelle. C’est la 2eme fois que je vous lis sur ce sujet. Vous êtes l’anti-type, pour parler theologie prophetique, de ces menteurs d’experts en securité sans pertinence, sans intellectualité, sans aucune dignité scientifique. Notre second probleme de l’insecurité après les hard-terrrorristes au col rouge, c’est les soft-terrorristes au col bleu ou blanc,
    la mal-gouvernance, cette meute de prevaricateurs qui ont pris en otage le developpement du pays, qui n’ont d’autres Dieu que leur ventre pour paraphraser un Livre Saint. C’est toujours comme cà dans un pays où les problemes c’est toujours l’intolerance des victimes et non la malice et la mechanceté des coupables. "Allons seulement" , comme le disent pas mal.
    A bas Dieu et vive l’universalité d’Esprit !

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  • Le 10 septembre 2021 à 00:09, par SIdpawalemdé Zongo En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Très belle analyse Monsieur Sidpawalemdé Sebgo. Analyse objective, très pertinente et très instructive. Respectueuses salutations

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  • Le 10 septembre 2021 à 04:41, par Sidwaya Srabouri En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    M.Sidpawalemdé Sebgo,

    Dans votre analyse vous avez choisi de ne regarder que ce que vous souhaitez voir.
    Soyons bref :

    concernant la conclusion que vous faites de l’âge des personnes décédées : les âges indiqués restent à vérifier et de toutes façons ces âges correspondent aux âges des enfants des orpailleurs que la mine a trouvé sur place il y a 11 ans. Comme vous en savez "un peu" sur l’orpaillage, inutile de vous dire que sur ces sites il n y a pas que des adultes. Donc Bissa Gold a bien spolié les personnes décédées en utilisant la loi que les orpailleurs et une bonne partie des burkinabè ignorent. Ne me dites pas que nul n’est sensé ignorer la loi. C’est parce que justement une bonne partie des burkinabè ignorent les lois et leur portée que ceux qui ont voté ces lois sont encore au pouvoir. La lutte des classes dont parle M. Konkobo est bien réelle ici. C’est ce que vous appelez "légitime défense" ici qui n’est pas réelle parce qu’en aucun cas les FDS ne se sont sentis menacées. Vous parler de "neutraliser" des voleurs ? non les FDS n’ont pas le droit de choisir de neutraliser les voleurs ni même les assassins. Les voleurs ou les assassins sont livrés à la justice qui décide de leurs sort après procès. Seule la justice est habilité a décidé de la mise à mort d’un voleur ou d’un assassin reconnu.

    Concernant la pertinence du choix de la police pour intervenir en lieu et place de l’ONASSIM : imaginez un peu qu’on prenne des commandos en lieu et place de policiers pour disperser une manifestation d’élèves ; l’ONASSIM est formé pour intervenir dans des situations du genre. Elle connaît bien tous les risque de dérapage liés à ce type d’intervention et surtout elle sait comment s’y prendre pour éviter les bavures j’allais dire les "neutralisations" inutiles et porteuses de risques pour la paix sociale. Que gagne Bissa Gold dans la mort de ceux que vous appelez des voleurs, bandits ou assassins ? Une intervention conduite par des professionnels dédiés nous aurait épargné tous les désagréments qui ont suivi. Peut être qu’à travers une telle intervention, Bissa Gold et sa loi ainsi que ceux qui comme vous ont confiance à cette loi, souhaitent en réalité donner l’exemple et un signal fort à quiconque des anciens orpailleurs, aurait des velléités de s’aventurer sur son domaine que la loi lui a arraché ;

    Concernant les avantages/inconvénients de l’orpaillage : vous avez choisi de ne voir que ses inconvénients qui du reste peuvent être amoindris si on le veut. Il suffit justement de légiférer dans le sens d’amoindrir ces inconvénients et employer la police pour faire appliquer ces lois et vous verrez que les choses seront nettement meilleurs pour l’Etat et ses démembrements ainsi que pour les communautés.

    Concernant les mines industrielles : vous avez choisi d’ignorer le gros inconvénient (gros et visible comme un nez sur un visage) des mines industrielles : la très très grande CORRUPTION. Exemple : une affaire provisoirement évaluée à plus de 500 milliards de CFA tarde depuis 3 ans à être élucidée. je n’en dirais pas plus sur ce sujet. Si vous voulez un autre inconvénient non moins gros je vous en donne : la DÉGRADATION IRREMEDIABLE de l’ENVIRONNEMENT.

    Tenez, je crois qu’en plus de privilégier les mines industrielles par rapport à orpaillage, la loi interdit aussi la corruption et prescrit aux mines industrielles la remise en état de l’environnement après exploitation ? Vous qui connaissez bien la loi, dites moi s’il vous plaît.

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  • Le 10 septembre 2021 à 11:09, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

    Non mais vraiment hein, il nous dérange hein, votre "prophète impie" là !
    A notre tour, nous disons "VIVE DIEU" !
    Et à bas les impies qui se prétendent prophètes !!! (Prophète de qui alors ???)

    @Sidwaya Srabouri, je ne voudrais pas entamer un dialogue de sourds qui risque de lasser les lecteurs, puisque votre parti pris est clair. Je vais essayer d’être bref :

    Je vous souhaite d’arriver au pouvoir pour résilier tous les contrats miniers afin de laisser l’orpaillage informel prospérer et de pouvoir "l’encadrer". Bon courage pour faire payer l’impôt aux orpailleurs, ou pour trouver ailleurs de quoi équilibrer le manque à gagner de l’état.

    Vous croyez naïvement qu’en orpaillage, ce sont les autochtones qui sont les bénéficiaires, alors que la ruée vers l’or attire les gens de toutes parts. Les conflits des orpailleurs informels avec les populations locales et entre eux sont pires qu’avec une mine moderne. Eux ne dédommagent pas les paysans pour cinq ans de culture, et ne leur construisent pas de maisons, de route ou de CSPS.

    Dans des cas récents, ils rendent l’eau imbuvable avec leur produits chimiques, la terre stérile, saccagent des tombes ou sapent les fondations des maisons et mosquées pour trouver leur or. Et ils entrent aussi clandestinement dans les trous les uns des autres pour se servir, comme dans le cas dont nous parlons. Bon courage aussi pour gérer cela.

    L’orpaillage informel comme la mine moderne saccagent le paysage et polluent, même si l’un est pire que l’autre. Mais la vraie différence, c’est que dans le cas de la mine moderne on peut la mettre devant ses responsabilités pour réparer. Le code minier prévoit même une "caution" pour la réhabilitation des sites en fin de mine, payée pendant l’exploitation. Allez demander à des orpailleurs de réparer leurs dégâts ? Il faudrait d’abord les retrouver !

    Pour le reste, juste quelques rappels :

    1°) La Compagnie républicaine de sécurité (CRS) est le corps de police spécialisé dans la gestion des manifestations et la dispersion avec le moins de dégâts possibles des foules, ce ne sont pas des "commando". Quand on les appelle c’est justement pour limiter les dérapages. L’enquête en cours le dira mais je persiste à dire que dans une galerie non aérée, le risque d’asphyxie existait même sans gaz lacrymogène.

    2°) Il existe au Burkina un ONASER (Office National de Sécurité Routière). Cependant, vous et moi continuons à nous faire contrôler en ville et hors des villes par la police et la gendarmerie, faute d’un déploiement suffisant de cet office. Si l’ONASSIM n’est pas opérationnel, on fait avec ce qu’on a sous la main. Tout simplement...

    Bonne journée...

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    • Le 10 septembre 2021 à 16:50, par Bernard Luther King ou le Prophète Impie En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

      Merci Sidpawalemdé. Je m’etonne car vous ressemblez aux disciples d’Emmaus dans un des livres Saints. C’est aujourd’hui que vous decouvrez ma vocation ? J’ai même evolué" et je suis devenu un agnotologue. Et c’est là que ma malice se rejouit de votre zèle. Pour le cas de l’article, M ; Konkobo n’est pas à 1ere inteview sur cette question. Il conspue la marginalisation systemantique d’une certaine frange de la population qui cherche à manger et ne demande qu’à être encadrer. Quoi d’autres ?

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    • Le 11 septembre 2021 à 15:30, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Mort de huit orpailleurs dans le Bam : « La police n’est pas habilitée à sécuriser les sites miniers au Burkina », Hermann Konkobo

      Le doute m’étreint ! Que dois-je penser de la référence à Emmaüs ?

      A/ Ô béatitude, cet impie m’assimile à un de ceux qui ont vu LE miracle, le Christ ressuscité d’entre les morts !

      B/Ô blasphème, cet impie se compare à Jésus Christ, qui ne fut reconnu pas ses disciples que quand il prononça la bénédiction et le partage du pain !

      Mais sinon, vous avez bien été identifié sur les fora depuis longtemps. Disons qu’une réaction épidermique a pris le pas sur le choix raisonné d’ignorer vos attaques répétées contre les gnostiques.

      Le soit disant "agnotologue" a hélas raté sa vocation d’office. Car si l’ignorance peut se contenter de la religion dogmatique, c’est bel et bien la connaissance qui conduit à DIEU. Albert Einstein l’a confirmé : Plus on gagne en science, plus on croit en Dieu.

      Déclarer donc "à bas Dieu" comme M. Bernard Luther King, c’est embrasser l’ignorance insondable. Or comment étudier l’ignorance si on est soit même ignorant ? CQFD

      M. Konkobo a accumulé des données, les a analysées selon une grille de lecture que je qualifierais de marxisto-ethnico-syndicaliste et en a tiré des conclusions fausses. Répéter ces conclusions 777 fois n’en fera pas la vérité.

      1°) Je ne peux pas réclamer la propriété de l’hôtel Laïco sous prétexte que c’était le site du champ de mon arrière grand père ;
      2°) Je ne peux pas réclamer la propriété exclusive du manganèse de Tambao pour moi et les autres "autochtones authentiques" de la localité.
      3°) On ne peut pas interdire les exploitations agricoles modernes avec tracteurs et irrigation pour privilégier la culture traditionnelle pluviale et à la daba.
      4°) Il n’y a pas de lutte des classes entre celui qui a construit sa villa sur un terrain de la SONATUR à Ouaga 2000 et un intrus qui revendique d’occuper cette villa au nom des "droits" qu’il aurait d’être né à proximité.
      5°) Ce n’est pas parce qu’il y a une famille pauvre dans mon quartier que ses membres ont le droit de venir se servir chez moi quand et comme ils veulent.

      Ces absurdités sont promues par ceux qui veulent remettre en cause le droit de propriété en leur faveur, et le fait qu’on parle d’or n’y change rien !

      Cette prétention à imposer à l’état des choix préjudiciables au plus grand nombre en faveur d’une minorité dite "pauvre" ou "autochtone" et de préférer l’anarchie à l’ordre relève d’un gauchisme d’un autre temps. Même Bakounine était plus raisonnable !

      Ce sont les mêmes qui voudraient qu’on ne puisse pas être maire ou député d’une localité si on n’est pas de l’ethnie historiquement autochtone. C’est une forme d’idéologie très dangereuse.

      VIVE DIEU !!!

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Enseignement au Burkina : L’École primaire catholique de Guilongou souffle ses 75 bougies
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MENAPLN : Un atelier pour réfléchir sur l’institution de la tenue scolaire en Faso danfani pour tous les élèves au Burkina
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