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Financement de la filière piscicole : Un atelier pour sensibiliser les institutions financières

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • lundi 19 juillet 2021 à 11h30min
Financement de la filière piscicole : Un atelier pour sensibiliser les institutions financières

Sensibiliser les institutions financières aux opportunités de financement dans la filière poisson, à travers le projet Pisciculture pour l’emploi et la sécurité alimentaire (PESA). C’est l’objet de l’atelier qui s’est tenu les 15 et 16 juillet 2021 à Fada N’Gourma, chef-lieu de la région de l’Est. Ces deux jours de concertation entre acteurs du secteur piscicole, acteurs du ministère des Ressources animales et halieutiques, et partenaires de l’ONG ICCO, ont abouti à l’adoption de recommandations pour une formule adaptée de financement des pisciculteurs burkinabè.

Face à la forte demande en poissons des populations, le Burkina Faso a importé plus de 150 000 tonnes de poissons contre une production nationale estimée à 30 000 tonnes en 2020. Pourtant, le pays possède de nombreux atouts et opportunités pour le développement de la pisciculture.

Pour pallier ce manque à gagner afin de satisfaire la demande à l’échelle nationale en créant de l’emploi au profit des jeunes et des femmes, il faut sensibiliser les structures financières sur les avantages de ce secteur plus ou moins méconnu de leurs agents.

« La pisciculture est un domaine émergeant mais souffre encore d’une méconnaissance de ceux qui pourraient financer les acteurs de la filière, d’où la problématique de financement qui demeure pour l’instant à ce niveau. C’est pourquoi, cet atelier vient à point nommé pour outiller les institutions de microfinance, de sorte qu’ils puissent mieux cerner les enjeux de l’accompagnement de cette activité », a affirmé Henri Zerbo, directeur général des ressources halieutiques, dans son mot d’ouverture des travaux de l’atelier.

Henri Zerbo, directeur général des ressources halieutiques, prononçant le mot d’ouverture de l’atelier.

En vue d’atteindre les objectifs recherchés, le projet Pisciculture pour l’emploi et la sécurité alimentaire (PESA), financé par le Royaume des Pays-Bas et piloté par l’ONG ICCO Cooperation (partie de CORDAID), vise à faciliter la création de 3 000 petites entreprises de pisciculture tout en créant au moins 5 000 emplois directs. Cela grâce à une stratégie d’inclusion financière et une synergie d’actions entre l’ONG et ses partenaires.

Il faut noter que les pisciculteurs burkinabè font face à plusieurs difficultés, dont le manque de formation et d’eau. « La principale difficulté que nous avons, c’est l’eau. Avoir accès à une bonne source d’eau mais aussi à un plan d’eau avec les équipements adéquats qui puissent nous permettre d’obtenir une bonne production est souvent compliqué pour les jeunes qui s’investissent dans ce domaine. L’autre difficulté, c’est la formation. Car nombreux sont ceux qui s’adonnent à la pisciculture sans avoir le minimum de connaissances qui puissent leur permettre de prospérer dans ce domaine. Enfin, il y a l’inaccessibilité aux sources de financement. Bien qu’il y ait quelques institutions de microfinance, ce qu’elles proposent n’est souvent pas adapté à l’activité qui est menée », a confié Thomas d’Aquin W. Dibri, pisciculteur à Fada N’Gourma depuis près de trois ans.

« Bien qu’il y ait quelques IMF, ce qu’elles proposent n’est souvent pas adapté à l’activité que nous menons », a confié Thomas d’Aquin W. Dibri, pisciculteur à Fada N’Gourma.

C’est donc tout le sens de cet atelier qui se tient au profit des structures financières, afin d’amener ces Institutions de microfinance (IMF) à soutenir les pisciculteurs en leur proposant des « produits adaptés » à leur activité. « Vu le besoin de financement du secteur piscicole, l’objectif pour nous c’est de travailler à ce que les IMF puissent développer des produits adaptés aux différents besoins des pisciculteurs. Mais comment concevoir des produits adaptés si l’on ne connaît pas très bien la pisciculture ? Pour ce faire, nous allons accompagner ces institutions à adapter leurs produits ou à créer de nouveaux produits adaptés à la pisciculture […] », a précisé Lassina Sanou, chef du projet PESA au Burkina Faso.

« Le PESA accompagnera les IMF à adapter leurs produits ou à créer de nouveaux produits adaptés à la pisciculture », selon Lassina Sanou, chef du projet PESA au Burkina Faso.

Les financiers ont, quant à eux, exprimé leur disponibilité à œuvrer de sorte à contribuer à l’essor de la filière poisson. « Nous avons écouté les différentes interventions qui prouvent qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce secteur, et nos institutions sont dans une dynamique d’adaptation des produits ou de création de nouveaux produits en phase avec les besoins des pisciculteurs », a déclaré Seydou Koté, secrétaire général adjoint de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso (APSFD-BF).

Le second jour de l’atelier a été marqué par des séances de travail en groupes entre financiers, pisciculteurs, membres de l’ONG ICCO et ses partenaires. Les deux premiers groupes se sont penchés sur les contraintes liées au financement de la filière piscicole, tout en proposant des recommandations pour y remédier. Le troisième groupe, lui, s’est penché sur les conditions d’accompagnement de la pisciculture par les structures financières.

« Nos institutions sont dans une dynamique d’adaptation des produits en phase avec les besoins des pisciculteurs », a confié Seydou Koté, secrétaire général adjoint l’APSFD-BF.

Ces travaux ont abouti à des recommandations qui sont entre autres le renforcement des capacités des acteurs à tous les niveaux ; le développement des produits financiers adaptés à la pisciculture par les institutions financières ; le développement d’outils de gestion adaptés conçus par le PESA et les institutions financières ; l’accompagnement des institutions financières dans la mobilisation des ressources pour le financement de la filière par le PESA ; la mise en place d’un dispositif d’appui-conseil ; l’organisation de séances de sensibilisation sur les opportunités de financement offertes par les structures de financement ; la prévision d’un fonds d’appui au recouvrement du crédit ; la création de pôles piscicoles avec des forages ou puits à grand diamètre par le PESA ; la professionnalisation de la filière à travers le PESA.

D’un coût d’environ 11 milliards de F CFA, le projet PESA (2020-2026) concerne prioritairement les régions de l’Est, du Centre-Nord, du Nord et du Sahel. Ce projet entend promouvoir le développement de la chaîne de valeur piscicole avec un focus non seulement sur la sécurité alimentaire mais aussi sur l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes au Burkina, sur la base d’expériences et d’acquis des projets Jege ni Jaba, P-GLR et EJOM réalisés par l’ONG ICCO au Mali.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

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