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Exploitation minière artisanale : Bilan satisfaisant pour le projet AMORCA-EMAPE

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • LEFASO.NET • vendredi 16 juillet 2021 à 10h00min
Exploitation minière artisanale : Bilan satisfaisant pour le projet AMORCA-EMAPE

Après trois années de mise en œuvre, le projet Appui au monitoring et au renforcement des capacités de l’exploitation minière artisanale à petite échelle (AMORCA-EMAPE) arrive à échéance. À l’heure du bilan ce jeudi 15 juillet 2021 par l’opportunité d’un atelier de clôture, c’est un satisfecit général qui se dégage aussi bien du côté des bénéficiaires que des acteurs de mise en œuvre.

L’ONG Le soleil dans la main, intervient dans plusieurs zones du Burkina Faso, dans les domaines de l’éducation, la protection de l’enfance et le développement communautaire. C’est suite au constat de l’impact de l’orpaillage artisanal sur ses activités, que l’ONG va commanditer une étude sur l’impact de l’orpaillage sur les activités de développement qui sera réalisée par le cabinet TTG. A en croire Kalafoua Didier KIÉNOU, coordonnateur et représentant national de l’ONG Le soleil dans la main au Burkina Faso, c’est au regard des enjeux sociaux de l’orpaillage artisanal, que le projet AMORCA-EMAPE, co-financé par le Grand-Duché de Luxembourg à 285 213 003 FCFA, a été initié dans les provinces du Bam et du Poni.

Kalafoua Didier KIÉNOU, coordonnateur et représentant national de l’ONG Le soleil dans la main au Burkina Faso

Selon Kalafoua Didier KIÉNOU, le projet a été mis en œuvre sur deux axes. Le premier axe visait le renforcement des capacités des acteurs. Ce qui a permis d’offrir des formations de courtes durées certifiantes à des orpailleurs des zones d’intervention du projet. Un master a aussi été déroulé par l’Institut Teng-Touma géosciences de Ouagadougou (ITTGO), afin de mettre sur le marché des compétences qui vont aider à mieux structurer l’organisation du travail de la petite mine en passant par l’orpaillage. Quant au deuxième volet, il a permis d’organiser des femmes des villages bénéficiaires en groupements, pour les initier à des activités génératrices de revenus. « Même si celles-ci ne sont pas directement concernées par l’activité aurifère, elles mènent des activités qui gravitent autour des sites artisanaux. Notre objectif était de les sortir de ces sites d’orpaillage, pour combler le manque qu’ils pourraient gagner en laissant leur activité de la mine », précise Kalafoua Didier KIÉNOU.

Pour accompagner la mise en œuvre du projet, un comité d’orientation et de suivi composé de plusieurs acteurs dont l’État, les collectivités territoriales, les bénéficiaires, a été mis en place et a facilité les échanges entre les acteurs et le travail de recherche. Malgré le contexte difficile dû au Covid-19 et à l’insécurité, on note à ce jour un taux de consommation du budget d’environ 99%, avec un taux de réalisation des activités de plus de 90%.

Plusieurs acquis engrangés grâce au projet

Selon Wilfried Toé, chargé du projet AMORCA-EMAPE, se sont en tout 64 artisans miniers qui ont pu bénéficier de formations certifiantes sur les deux sites d’intervention du projet. Dix étudiants de l’ITTGO ont aussi reçu des bourses pour faire des masters et deux thèses de doctorat en géologie et en sociologie, ont également été financées par le projet. Une soixantaine de femmes, regroupées en groupements, ont pu recevoir un appui financier et matériel pour le développement d’activités génératrices de revenus.

Wilfried Toé, chargé du projet AMORCA-EMAPE

A Gaoua (Sud-Ouest) plus précisément dans le village de Djikando, ce sont 30 femmes membres d’un groupement qui ont été formées en entrepreneuriat et en techniques de fabrication et commercialisation du beurre de karité. Elles ont été dotées du matériel nécessaire pour mener à bien leurs activités. Dans la province du Bam, 26 femmes ont reçu une formation en tissage de pagnes Faso Danfani, en entrepreneuriat et techniques de vente et équipées de métiers à tisser. Le projet a également remis à chaque groupement de femmes, la somme d’un million de FCFA qui va servir de fonds de roulement.

Des bénéficiaires positivement impactés

Pour les bénéficiaires du projet, l’impact des actions menées est indéniable. De l’avis de Casimir Kambou, représentant du maire de la commune de Gaoua, le projet est intervenu dans un contexte marqué par la prolifération des sites artisanaux dans leur commune. Sa mise en œuvre a donc permis de poser des actions fortes non seulement à l’endroit des acteurs directs que sont les orpailleurs mais aussi des femmes qui sont impactées par l’activité minière. Il a par ailleurs salué l’implication des différentes autorités locales qui a permis d’arriver à des résultats satisfaisants.

Rasmané Sana, orpailleur, bénéficiaire du projet

Léa Lamoussa Sawadogo est là présidente du groupement Nabons wendé de Kongoussi. Elle affirme que grâce au projet, elle et ses pairs mènent à présent une activité plus sûre et qui profite à la communauté. « Nous n’avions pas d’activité fixe auparavant, ce qui fait que nous allions souvent laver le sable sur les sites aurifères. Ce qui n’était pas sans conséquence sur notre santé et nous ne gagnions pas grand-chose. Mais grâce au projet, nous avons pu bénéficier de formation et de machines à tisser. Et grâce au tissage et à la vente des pagnes, nous arrivons à avoir un peu d’argent pour soutenir nos familles et scolariser nos enfants », témoigne-t-elle.

Rasmané Sana, orpailleur, reconnaît que les formations reçues lui ont permis d’améliorer sa façon de travailler et de diminuer les risques professionnels. « Nous menions nos activités sans organisation et de façon informelle. Grâce aux sessions de formation, nous sommes plus outillés pour mener à bien nos activités », a-t-il laisse entendre.

Le projet AMORCA-EMAPE qui se clôture, était une phase pilote. Les résultats seront capitalisés pour une mise à l’échelle.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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