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La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

Accueil > Actualités > Opinions • Une réflexion du Pr Jacques Nanéma, philosophe • jeudi 15 juillet 2021 à 23h30min
 La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

La crise de confiance entre le Ministre de la Santé et certains membres du personnel médical ne doit pas être traitée à la légère et être laissée aux seuls soins dudit ministère. Elle pose un problème majeur, un problème de société, celui du service public.

Quel service, quels objectifs, quelles méthodes, quels acteurs, quels enjeux, quels défis, quelles limites, quelle qualité ? Celui des obligations que les fonctionnaires ont de servir les institutions qui les emploient et payent leur salaire, celui de l’Etat qui recrute des compétences certifiées pour les mettre au service de la société dont les besoins doivent être identifiés, analysés, traités, anticipés et mis en perspective dans le cadre d’une politique plus préventive que curative à moyen terme.

A l’heure où s’aiguisent les longs couteaux pour croiser le fer entre concitoyens, il nous faut de toute urgence, procéder à une décélération du rythme de l’ire partisane, en sortant du régime des passions déchaînées par les récents développements intervenus du côté de Koudougou / Réo, par le bruit tonitruant que cela suscite ici et là, préparant inéluctablement une guerre fratricide des tranchées dont nous n’avons absolument pas besoin en ces temps incertains et insécures.

Permettez-moi de formuler quelques petites considérations personnelles autour desquelles il me semble important de faire converger les réflexions, les initiatives et les solutions liées à cette crise qui risque de connaître une flamblée dangereuse pour le bien-être des populations et pour la cohésion de la nation.

Question centrale :
Y-a-t-il, oui ou non, une programmation des heures/temps des présences du personnel de santé, dont les médecins, dans les hôpitaux publics comme il y a des programmations des temps de cours dans les universités publiques ? Chaque membre/composante du personnel médical est-il au courant de la programmation de leur contribution au fonctionnement optimal de l’institution ?

Essai de réponse :
Si oui, et surtout si la programmation est faite de manière intelligente, c’est-à-dire concertée entre tous les acteurs, alors on peut tirer les conséquences qui en découlent. S’il existe un dispositif de suivi-évaluation du calendrier des présences, on doit pouvoir être situé sur le respect par les uns et les autres de leurs devoirs et obligations de fonctionnaires. Et si des manquements sont constatés, enregistrés, alors un conseil de discipline interne ou externe à chaque structure devrait pouvoir traiter les causes et les conséquences des différents manquements avec les fautifs éventuels pour les entendre et trouver avec eux des solutions urgentes et durables.

C’est naturellement l’occasion d’entendre les acteurs se prononcer sur les conditions les meilleures, idéales, souhaitées pour bien remplir au mieux leurs obligations de service public. A cette condition, on se donne les moyens et le temps de définir de manière collaborative une approche systémique et diachronique de la santé au Burkina et d’implémenter une démarche participative pour l’atteinte des objectifs de l’Hôpital public.

Il appert ici que chacun de nous fonctionnaires, agents de l’Etat, payés par les impôts collectés par la puissance publique, a des devoirs vis-à-vis des institutions qui nous emploient et nous payent nos salaires. Nul ne peut être payé par l’Etat sans avoir en contrepartie des obligations professionnelles vis à vis du service public. Voilà une chose non négociable qui doit être entendue et faire l’objet d’un consensus éclairé pour des gens raisonnables.

Il n’est pas besoin de "demander" avec force supplications aux fonctionnaires de se "sacrifier" ou de se comporter en bons samaritains ou en Mère Teresa car l’Etat n’a pas besoin de martyrs, de saints, il a juste besoin de citoyens honnêtes, corrects et soucieux d’équité, il a besoin de justice dans ses rapports avec ses employés. Il suffit donc qu’ils remplissent strictement leurs obligations professionnelles avec promptitude, assiduité et correction consciencieuses...

Tout étant clair à propos des devoirs des agents de l’Etat, il s’impose de toute évidence une conséquence qui doit pouvoir être tirée logiquement : pour le reste, la société et l’Etat doivent comprendre que chacun de nous fonctionnaires (qu’on considère à tort ou à raison comme des privilégiés, des enfants gâtés de la République) a aussi des droits exigibles.

Je veux parler entre autres du droit à une vie "hors du travail, hors du lieu de travail", droit à une vie privée pendant laquelle il peut consacrer son temps de repos à lui-même, à ses soins (prendre soin de soi peut être l’occasion de restaurer et d’améliorer le service des autres et de la société, le souci de soi peut être le chemin du souci de la communauté), à sa famille, à ses loisirs, à son lopin de terre, à son jardin ou à sa formation continue qui aiguise son expertise professionnelle par exemple par la production et la diffusion de connaissances diverses dans le domaine de son choix afin de contribuer à l’éducation continue et au progrès de la société.

Oui, le savant ne doit pas se replier comme une fourmi sur les tâches ordinaires et mécaniques à accomplir dans la fourmilière, il peut devenir un intellectuel, un être capable de se soucier non seulement du présent, mais aussi et surtout de l’avenir de la société dans laquelle il vit, qu’il contribue à reproduire de manière créative pour que l’avenir soit toujours plus désirable que le passé et le présent.

Il appert ici que les employés de l’Etat ne sont pas et ne doivent pas être traités comme des esclaves ni de l’Etat ni de la société (l’esclavage est normalement terminé à l’exception notable de quelques survivances moyenâgeuses éparpillées ici et là dans le monde dont personne ne peut être fier), qu’ils ne sont pas et ne doivent pas être obligés de travailler 24 h sur 24, 7 jours sur 7 (ce ne sont pas des machines, des robots) et que donc l’Etat ne peut disposer d’eux entièrement à sa guise comme s’ils étaient ses biens, sa propriété (même les animaux que l’on contraint à travailler pour nous dans les champs où la force des muscles attend désespérément son remplacement par les machines ont droit à du repos pour refaire leurs forces).

A-t-on besoin de le rappeler que les hommes ne vivent pas seulement pour travailler, chacun de nous peut comprendre cette évidence éthique sans que ce ne soit considéré comme un appel à l’absentéisme, à la fainéantise, à la paresse, à l’oisiveté organisée.
Si et quand l’Etat souhaite pouvoir compter sur les fonctionnaires au-delà des limites du contrat professionnel qui les lie, il doit négocier et conclure sur la base du consentement des concernés, tout ce qui excède les obligations initialement convenues.

Tout ce qui se fait dans un Etat démocratique doit pouvoir se négocier, faire l’objet de concertations, d’entente entre gens raisonnables dans le cadre dynamique et réflexif du dialogue social ; c’est d’ailleurs ce qui distingue l’Etat démocratique d’une dictature où les gens sont des sujets corvéables à volonté et non des citoyens à part entière, capables de contribuer à tracer les grandes lignes du type de société dans laquelle ils veulent vivre et s’épanouir.

Naturellement l’Etat, face à certaines contraintes majeures de la demande sociale, et à défaut de compter sur l’esprit de sacrifice ou le bénévolat des citoyens, peut inciter par des primes occasionnelles tout travailleur qui le voudrait et le pourrait, à faire des extra, des heures supplémentaires dans son service.

Travailler plus pour gagner plus ! hum ! Il n’est pas sûr que ce leitmotiv chantée outrance n’engendre pas au finish des conséquences terribles et que l’incitation au "stakanovisme" ne soit pas finalement "contre-productive" tout aussi bien pour les individus que pour la communauté.

Chacun sait l’importance du repos, du sommeil, du loisir dans la qualité de vie .... on doit donc faire attention à ce que la boulimie financière à l’horizon des heures supplémentaires ne détruise pas finalement la qualité du service rendu à la société ... si des fonctionnaires sont exténués, pris dans l’engrenage d’une lassitude qui induit de la dépression, il n’est plus sûr qu’on puisse encore compter sur eux pour un service public de qualité.

L’Etat doit être d’ailleurs le premier à se soucier de la qualité du service offert dans les institutions publiques et c’est pour cela qu’il doit encourager la formation en quantité suffisante des compétences dont le service public a besoin pour son renouvellement générationnel afin qu’aucun fonctionnaire ne puisse se considérer comme indispensable au point de faire du chantage à la société (caprices des spécialistes ou experts), mais aussi pour qu’aucune famille n’aie un jour à poursuivre l’Etat en justice pour l’accuser d’exploitation éhontée ou de violation des droits élémentaires à une vie de qualité, si un fonctionnaire venait à mourir d’épuisement, de dépression sur les lieux de son travail ....

La France nous a montré ces dernières années des agents qui se suicidaient sur leur lieu de travail en raison de pressions terribles subies et d’une oppression aveuglante de la concurrence économique sur une société désormais insomniaque et obnubilée par le profit à outrance. Ne nous laissons pas séduire par le vertige du néant qui appelle tous les désespérés des sociétés occidentales.

Chacun doit le savoir, si le personnel médical va mal, la société ira encore moins bien qu’aujourd’hui ... Il y a des crises qui doivent être soignées au plus vite et avec une diligence médicale, au regard de leurs enjeux.

Prenons garde, soyons intelligents et humains, c’est possible ! Si, après le personnel médical, les enseignants eux aussi vont mal, ce sera encore pire et si par impossible le politique n’a pas la lucidité, la clairvoyance, le sens de la perspective et une approche humaniste de la gouvernance, alors le naufrage de nos sociétés déjà prises dans la spirale vertigineuse d’une vulnérabilité sans nom du fait de l’insécurité et de la covid 19 anxiogène, deviendra inéluctable, imparable, fatale.

Les humains ne travaillent pas pour « se tuer » à la tâche, pour mourir à la manière dont certains insectes se sacrifient pour leur reine et la reproduction de leur espèce. Non, les humains travaillent pour vivre, bien vivre, mieux vivre, devenir des êtres dignes, libres, capables de s’offrir du loisir, du silence, de la paix, du bonheur dans un environnement qu’ils ont contribué à embellir, à rendre agréable à vivre. En ce sens le travail ne saurait devenir meurtrier, le tueur silencieux dont parlent les médecins qui nous soignent malgré tout ce qu’on dit et sait des conditions difficiles des hôpitaux et même des conditions précaires de nos sociétés en développement....

Pour finir (mais peut-on finir sur un sujet social de cette ampleur ?), qu’il me soit permis de saluer quelques figures des vertus dont nous sommes capables i) les mots d’apaisement que l’on devrait prononcer et/ou entendre en grand nombre dans une société civilisée,
ii) les acteurs consciencieux qui pour la plupart sont de bonne volonté et ne demandent qu’à servir la promotion d’une santé durable des populations et la recherche infatigable d’un terrain de dialogue et d’entente et finalement
iii) la conscience élevée de nos responsabilités personnelles et communautaires face à des enjeux qui cristallisent notre désir commun d’oeuvrer à une société où le service impérieux de la communauté puisse reposer solidement sur le respect scrupuleux de la dignité de chaque personne.

Burkinabé, encore un effort !
Pour une philosophie de la santé, en avant !

Professeur Jacques NANEMA
Professeur titulaire de Philosophie
UJKZ / Burkina Faso

Vos commentaires

  • Le 15 juillet à 22:01, par Indjaba En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Il ne faut surtout pas tomber dans le chantage d’un quelconque fonctionnaire et plutôt s’en tenir au contrat de travail. De toute façon aucun médecin n’a été envoyé de force à la fonction.publqie et la démission de la fonction publique reste un droit pour tout fonctionnaire. C’est mieux d’avoir un médecin engagé et déterminé dans un district que d’en avoir 4 qui passent le temps à voyager et à fuire les malades. De toutes façons les possibilités de paiement et les salaires de la fonction publique sont connus à l’avance. Si tu t’engages, tu assumes sinon prendre un salaire même maigre par mois et ne pas faire le boulot correspondant est du vol c’est dire du Aram pour ceux qui croient.

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  • Le 15 juillet à 22:50, par MeiMei En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Le ministre est de ce corps médical et il sait bien les comportements de beaucoup de ces collègues. Actuellement, il fait son devoir ministériel par ces contrôles. Sans sanctions, personne ne le prendra au sérieux.
    Je ne sais pas le pourcentage de médecins qui font la consultation privée dans les cliniques, mais je me dis que ceux qui le font ne sont pas vraiment dans la situation dont tu décris. Leur premier devoir est de servir les hôpitaux publics et s’ils ont du temps et ne se sentent toujours pas fatigués, il peuvent aller faire la consultation dans les cliniques qui n’est pas interdite. Un médecin ne doit pas se retrouver dans une clinique privée à une heure où il est programmé pour donner des soins dans un hôpital public.

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  • Le 15 juillet à 22:51, par MeiMei En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Le ministre est de ce corps médical et il sait bien les comportements de beaucoup de ces collègues. Actuellement, il fait son devoir ministériel par ces contrôles. Sans sanctions, personne ne le prendra au sérieux.
    Je ne sais pas le pourcentage de médecins qui font la consultation privée dans les cliniques, mais je me dis que ceux qui le font ne sont pas vraiment dans la situation dont tu décris. Leur premier devoir est de servir les hôpitaux publics et s’ils ont du temps et ne se sentent toujours pas fatigués, il peuvent aller faire la consultation dans les cliniques qui n’est pas interdite. Un médecin ne doit pas se retrouver dans une clinique privée à une heure où il est programmé pour donner des soins dans un hôpital public.

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  • Le 15 juillet à 22:54, par NANEMA En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Petite exhortation vespérale : ne pensons pas soigner durablement la communauté en mutilant Sans discernement ses parties, ses membres. Burkinabe encore un effort pour ne pas ajouter de la crise à la crise sécuritaire et sanitaire. Burkinabe, encore un effort pour nous hisser au-dessus de la tentation du chaos qui nous menace d’une chute dans le pire, d’une fonte dans le néant. Le service de la communauté repose sur le respect de chaque personne.

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    • Le 16 juillet à 12:17, par Simplicité En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

      Bonjour Prof
      La dialectique est bien menée. On vous le reconnaitra et soyez en félicité. Cependant dans cette situation, il me semble que l’équilibrisme est détestable. Parti de votre angle de vue, on penserait que le Ministre de la santé, par ailleurs médecin (prenant les garde lui-même) ignore qu’il y a des heures de repos de tout travailleur. Ce qui n’est pas concevable.
      Le Ministre sait, il ne faut pas s’en douter, comment les choses devraient être faites.
      En tant qu’éducateur, je suis étonné que vous trouviez un aménagement à l’à-peu-près, voire au laxisme. Que le ministre ait abusé de son autorité en effectuant les visites inopinées ? Que le Directeur de l’hôpital ait abusé en révoquant un des absents (peut-être absentéistes) ? Rien, il me semble. Une nomination relève de la discrétion de l’autorité. Le Ministre peut bien effectué des visites et en médecin, chef de service hospitalier il sait très bien pourquoi il se plaint de l’absence de ses collègues/agents.
      Où est donc le souci ? C’est quoi le problème ici ?
      Tous autant que nous sommes, chacun de nous représente l’Etat en miniature, donc que chacun s’assume et le tout s’en trouvera mieux.
      Respectueusement vôtre !

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  • Le 16 juillet à 03:31, par @@GOG En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    N’est-ce pas que mon professeur prêche pour sa paroisse ?Les médecins et les professeurs d’universités du public voyagent pendant les heures de travail dans les privés.Peu importe que ces voyages nuisent aux patients ou aux étudiants du public .Qu’adviendrait-il si au primaire public ,les enseignants avaient l’occasion de deserter les classes pour celles privées ,et cela, bien sûr, pendant les heures officielles de travail ?Respectons nos déontologies et éthiques professionnelles.Dieu rendra à chacun le centuple de ses bienfaits.

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  • Le 16 juillet à 09:38, par Beonere En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Il faudrait chercher les causes profondes de cette démotivation. L’absentéisme au travail est juste une conséquence de la démission de l’Etat. Les mêmes qu’on ne trouve pas à l’hôpital sont assidus dans les cliniques. Pourquoi ? On passe tout le temps à blâmer les petits alors que les grands ne font pas mieux. Comme on le dit "le poisson pourri par la tete". Si vous avez des responsables qui ne pensent qu’à leur panse et leur parti politique, c’est ce qui arrive. Il faut que l’autorité se ressaisisse. C’est la seule solution. On ne peut pas demander aux autres de faire des sacrifices alors que d’autres construisent des palaces avec l’argent du contribuable.

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  • Le 16 juillet à 10:24, par Le Duc du Yatenga Nouveau En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Certains internautes, toujours à défaut d’analyse se croient obligés de débiter des plaidoiries en défense à la gouvernance actuelle. Tous azimut, l’on croit que le pouvoir est attaqué par un opposant et on se perd dans des développements politiciens. Et on insulte "de toute façon aucun médecin n’a été envoyé de force à la fonction publique ..." et patati et patata. La question mérite plus que de la superficialité vacancière. L’analyse de M. NANEMA est sérieuse. Le Duc vous reviendra, INJABA et autres !!!

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  • Le 16 juillet à 10:51, par Amoless black power En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Dans un pays en voie de développement et en proie à des défis multiples et multiformes, avec une population pauvre ,analphabète et ayant peu ou prou accès aux services sociaux de base voilà ce que j’appelle des considérations aériennes ,mélangeant un taylorisme post new age et des théories sur le bien être que le capitaliste le plus fieffe ne renierait pas.

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  • Le 16 juillet à 11:18, par Le petit tranquilos En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    En faite dans tout ça, les institutions ne font pas leurs boulots. Pourquoi toutes ces souffrances ? Chacun interpelle soit le ministre, soit le PF. Pourtant les instructions sont déconcentrées, décentralisées.
    C’est pour ça, je me demande en quoi sert un gouverneur et un conseil régional ? Ils sont assis et réfléchissent comment détourner en complicité avec les agents des finances au lieu de mettre fin aux maux qui fragilisent notre société.
    Voyez le manque de scanner fonctionnel au CHR, ni Mr le gouverneur, ni le conseil régional n’a soulevé le petit et voir même nos députés et nos conseillers.
    Par exemple, Mr le ministre de la santé ne devrait pas se fatiguer comme cela, les institutions locales devraient freiner ça à temps avant que ça ne se gangrène.
    Quand je vois certains faire appel au PF ou aux ministres, franchement ça me fait rire.
    Merci pour l’écrit et cela permettra à chacun de mieux discerner en fonction de ces degrés de responsabilité.

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  • Le 16 juillet à 12:09, par Bao-yam En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Bonne analyse même si le développement est inutilement long et pompeux, juste pour dire une évidence. Les fonctionnaires ont des droits encadrés par les différents codes et règlements. Un médecin ne peut pas être soumis à des heures de travail déraisonnables au delà de ce qu’autorise le code de travail.
    En revanche, les médecins ou autres fonctionnaires qui se soustrayent à leurs devoirs tout en espérant être payés doivent être sanctionnés. Tout le reste est bavardage et mauvaise fois.

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  • Le 16 juillet à 13:35, par Zambo zambo En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Bonjour à tous

    Merci Professeur Nanema pour ton analyse limpide qui sonne comme un conseil bien avisé à ceux qui ont des oreilles pour entendre.

    Le proverbe Moaga ne dit il pas que quand le bodet veut te terrasser tu ne vois point ses oreilles.

    Professsur de philosophie Mr NANEMA a puisé dans son fort intérieur pour faire une intervention équilibrée qui donne son point de vue.

    A lire certains internautes on se demande bien s’ils sont au Burkina Faso ou sur la lune.

    Si les médecins ne travaillaient pas comme chacun le chante, quelle serait la situation ? On l’ a vu pendant la grève du SYNTSHA dont les revendications réclamaient entre autres du matériel médical et des conditions de travail meilleures pour mieux soigner les patients.

    Tenez un exemple : le Ministre Charlemagne a inauguré en grande pompe le centre de radiologie/Cancérologie de Bogodogo.
    Au jour où j’écris ces lignes, la radio offerte par les arabes est là mais ce centre n’est pas fonctionnel par manque d’organisation, de filles et garçons de salle, de matériels complémentaires etc..., bref du minimum pour commencer à fonctionner.
    On y a affecté des spécialistes qui faute de pouvoir exercer ont donné l’ordre aux vigiles de ne pas laisser entrer les patients.
    Que n’avions nous pas entendu à l’inauguration de ce joyau qui risque de rouiller avant sa mise en service ?

    Ceci est un exemple parmi tant d’autres des qualités et compétences inégalées du Pr Charlemagne Ouédraogo dans la gestion du Département de la santé qu’il veut révolutionner.

    Le Professeur NANEMA touche ici du doigt un problème national profond, celui du rapport des princes du moment avec le monde du travail.

    Ni le Burkina, ni sa santé ne sont les choses d’un quelconque gouvernement ou d’un de ses membres pour justifier une tentative d’infantilisation du corps médical. Il faut que le Pr Charlemagnes se ressaisisse car on a vu beaucoup de gens bander des muscles dans ce Burkina là mai ça les a plutôt conduit à leur perte politique voire sociale.

    Les arguments des thuriféraires du genre " De toute façon aucun médecin n’a été envoyé de force à la fonction publique et la démission de la fonction publique reste un droit pour tout fonctionnaire (Sic) " ou " Le ministre est de ce corps médical et il sait bien les comportements de beaucoup de ces collègues. Actuellement, il fait son devoir ministériel par ces contrôles. Sans sanctions, personne ne le prendra au sérieux " sont des avis de pyromanes visant à entretenir le feu que le ministre est en train d’allumer.

    Comme le dit cet autre proverbe Moaga, un seul bodet à mangé la farine et comme la gueule de tous les bodets sont blanches on les accuse tous d’avoir manger la farine et donc être coupables.

    A-t-on besoin du rappel de INJABA pour savoir qu’on peut démissionner ou de l’argumentaire de Mei Mei qui tend à montrer que le ministre est venu pour sanctionner ?

    Amoless Black Power déclare " voilà ce que j’appelle des considérations aériennes, mélangeant un taylorisme post new age et des théories sur le bien être que le capitaliste le plus fieffe ne renierait pas ".

    Cela signifie qu’il est incapable d’élever son esprit vers la réflexion profonde, il préfère le "Terre à Terre" et je voudrais humblement demander au Professeur Nanema de ne pas descendre dans ce labyrinthe boueux. Un professeur de philosophie à l’UJKZ de Ouagadougou n’est pas un Raag-Biga versé dans la vulgarité.

    Le Pr Nanema explique simplement comment en responsable la tutelle peut susciter la performance avec bien sur une capacité de sanctions et j’ajouterai de reconnaissance/récompense et comment le fonctionnaire peut avec responsabilité s’acquitter de ses obligations avec bien sûr un droit de revendication.
    En quoi cette démarche peut elle être mauvaise pour le Burkina Faso et ses habitants déjà traumatisés par l’insécurité et tous les autres maux que l’ont connait ?

    Le Docteur Abdoulaye Ouédraogo du CHR de Koudougou qu’on a déchargé de sa fonction de Chef de Service n’avait-il pas auparavant écrit par 2 fois pour demander à quitter ce poste sans réponse et n’avait-il pas rédigé la 3 eme lettre ? Avait-il eu besoin de quelqu’un pour prendre sa décision en toute responsabilité ?

    Aujourd’hui on présente ostentatoirement son limogeage comme un trophée de guerre remportée par le combattant Pr Charlemagne Ouédraogo. La Gaulle (Ancien non de la France) a eu son Charlemagne avec Roland comme combattant, le Burkina en aussi le sien avec une armée d’internautes (Injaba, Mei Mi et autres) comme tambourineurs et palefreniers !!!

    Je ne souhaite nullement que les médecins démissionnent de la fonction publique car ce sera catastrophique pour nos malades. Je leur dis plutôt courage chers collègues, tenons le bon bout et continuons malgré les difficultés, de soigner nos populations tout en restant déterminés pour la défense de nos droits et de celui des mêmes populations à avoir une santé meilleure.

    Tout le reste n’ai que élucubrations de gens qui moussent leur bière comme le dirait le Shérif National et qui par leur propos ne rendent d’ailleurs pas service au gouvernement lui-même.

    Les hommes y compris nous mêmes, passent et passeront, mais le Burkina reste et chacun sera jugé par le tribunal de l’Histoire.

    Encore une fois Merci au professeur Nanema pour son bon sens, à Beoneré pour sa contribution et encouragement au Duc du Yatenga pour sa future intervention.

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    • Le 17 juillet à 08:17, par Amoless black power En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

      Avec des intellectuels obtus comme vous, les masses populaires souffriront toujours le martyr avec vos considérations bourgeoises et vos sempiternelles réclamations de droits alors que nous restons tous redevables à ce brave peuple burkinabé nous les élites perverties et repues J’ai voulu tout simplement dire que l’étape actuelle de notre marche politique et sociale ,seul le travail bien fait peut nous décrocher le Graal. Bien sûr nous avons droit au repos mais je suis un adepte du roi Christophe ne vous en déplaise

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  • Le 16 juillet à 16:06, par PEGWENDE ! En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Cher Maitre, tout ce que vous dites est tres vrai mais connu.

    Merci pour l’analyse globale de la situation, bien que vous ignorez certainement certains aspects specifiques de la question abordée. Votre analayse est globale, sociétale.

    J’ai adore votre manipulation de la Langue de Moliere qui a ete obligée de se prosterner visiblement a vos pieds.

    C’est votre dernier pargraphe que nous devons serieusement tous travailler a exploiter car ses vertus sont transversales a tous les comportiments de notre sociéte en deliquescence a cause de la faible capacité de l’Etat a faire respecter ce que chacun de noud a signé comme contrat.

    Demandez-vous simplement pourquoi preque tous sont droits comme "i" au Privé et ne peuvent pas l’etre dans le Public. La réponse semble connue : il n’ya pas de moyens de pression ou du moins ces moyens existent bel et bien partout mais non appliqués voire impossibles a appliquer pour les memes raisons : Celui qui doit faire appliquer est parfois pire ! Ou bien, lui meme est correcte mais dit qu’il ne veut pas etre responsable du malheur de quelqu’un. Il prefere le malaheur de la population, de toute la societe car "ce n’est pas le champ de mon Papa" pour satisfaire les caprices d’un ou de quelques individus.

    Au sein de nos memes administrations publiques ou les premiers responsables sont des Hommes vraiment vertueux, preque tous les agents finissent par l’etre par tache d’huile, sans forcing. Et ce sont les agents meme qui defendent le "Chef" et amenent leurs collegues indelicats a changer positivement.

    Du courage a tous ceux qui essayent par toutes leurs forces, de changer les choses, dans ce contexte contraint et complexe, qui est transversal a toutes nos adminstration publiques.

    Mais, nous sommes tous d’accord que la crise dans le domaine de la SANTE reste une vraie urgence chirurgicale a resoudre pour que chacun d’entre nous, complice ou non de la presente situation dans nos petits postes de responsabiltes, ne meurt pas prematurement d’une cause EVITABLE.

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  • Le 17 juillet à 20:38, par Zambo Zambo En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Mr Amoless
    C’est plutot toi qui es obtenus parce que tu n’es meme pas un intellectuel du rang du Pr Nanema.
    Tu ne sais meme pas la signification des masses populaires q
    Dont tu pretends defendre les interets.
    Quand on est in analphabète dans un domaine il faut eviter de s’y aventurer car ca peut bruler les doigts.
    De quelles preuves disposes tu pour dire que les medecins travaillent mal ?

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  • Le 19 juillet à 13:33, par HUG En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Ces gens ony fetr’rmés les maternités lors des greves pour avoir les retombés de la fonction publique hospitaliéres. Ils ont eu gain de cause donc ils doivent travailler.Courage et soutien au ministre.

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  • Le 20 juillet à 00:16, par Zambo Zambo En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

    Hug donne les preuves irréfutables que " ces gens" ne travaillent pas.
    Quand on se laisse instrumentaliser par des politiciens aux petits pieds en manque de popularité on a tendance à raconter du n’importe quoi.
    Com iennonnte paye pour en vouloirvaux medecins ?

    Si le Ministre continue ses provocations nous femerons tout.
    Et comme nous ne travaillons pas il ne devrait pas y avoir un impact significatif sur la sante des populations et d’ailleurs des gens comme toi pourraient nous remplacer valablement et plus efficacement . Prepare toi !

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    • Le 20 juillet à 22:28, par Meimei En réponse à : La santé malade ou la fonction publique en crise ....?!

      On te felicite si tu fais bien ton travail.
      Mais, c’est sure que tous les medecins et travailleurs ne sont pas de bon exemples. Tu peux en connaitre etant donné que tu es du corps. Mais, on peut tous decourage le ministre pour que le system reste statu quo, mais ce n’est pas ce qui est bon pour la population. En principe, on a besoin de preuve comme ceux que le ministre soulève et ce n est un pas un citoyen hors du system de santé qui viendra controler.

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