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Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

Accueil > Diasporas • LEFASO.NET • dimanche 11 juillet 2021 à 22h10min
Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

Depuis le mois de mai 2021, plusieurs étudiants burkinabè ont été renvoyés des universités publiques marocaines. D’autres attendent encore le verdict de leurs universités. Il leur est reproché d’avoir utilisé des attestations d’inscription non valables.

Poursuivre ses études supérieures à l’étranger est une tendance en pleine expansion au Burkina Faso. Aujourd’hui, plusieurs centaines d’étudiants burkinabè poursuivent leurs études universitaires hors du Burkina Faso grâce aux bourses offertes chaque année par des pays ou alors par leurs propres moyens. Mais ces derniers, dans leur quête de connaissances, font face parfois à plusieurs problèmes.

Ces problèmes qui étaient beaucoup plus l’apanage des boursiers, sont devenus ceux de certains étudiants inscrits à « titre privé ». Le pays mis en cause ici est le Maroc. Depuis le mois de mai, les étudiants burkinabè au Maroc sont confrontés à des difficultés : renvois en cours d’année, incapacité d’avoir accès à leurs résultats académiques. Du fait de cette situation, plusieurs d’entre eux ont été contraints de rentrer au pays et d’autres y sont toujours bloqués espérant une amélioration de la situation.

Il est à noter que, pour aller étudier au Maroc, il existe deux moyens : le premier est d’avoir
bénéficié d’une bourse et le second est d’y aller par ses propres moyens et de s’inscrire dans une université privée. Mais un troisième moyen est apparu, une sorte de « canal secret » par lequel les étrangers vont étudier au Maroc. Il consiste à obtenir une autorisation d’inscription délivrée par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), afin de s’inscrire dans une université publique à titre privé.

Un canal officieux pour s’inscrire dans le public à titre privé

Officiellement cela est impossible. En effet un étranger ne peut s’inscrire dans une université publique à moins d’être boursier. Les personnes souhaitant s’inscrire dans les universités à titre privé au Maroc passe le plus souvent par des agences qui elles, se tournent vers l’AMCI qui possèdent des entrées dans le public. Cette technique frauduleuse perdurerait depuis environ six ans.

Mais cette année le Maroc a décidé qu’il ne recevait aucun étudiant étranger d’aucun pays à cause du covid-19. La directrice du CIOSPB, Mme Lydia Rouamba confie à ce sujet que « pour faire partir nos boursiers c’était compliqué. Nous avons été l’un des premiers pays à déposer les dossiers de nos boursiers mais le Maroc nous avait dit qu’on devait attendre les autres pays. Puis le taux de contagion de la maladie à coronavirus s’est rapidement accru et ils ont décidé de tout fermer ».

Ainsi, aucun étudiant burkinabè ne pouvait être inscrit dans le public au Maroc cette année. Mais cette décision est intervenue alors que l’année académique avait déjà débutée ; c’est ainsi que plusieurs étudiants ayant emprunté ce canal secret ont été renvoyés de l’université en plein milieu d’année avec l’incapacité d’avoir accès à leurs résultats du semestre 1. D’autres par contre ont eu la chance de composer les deux semestres mais ignorent pour l’instant s’ils auront accès à leurs résultats.

Une curieuse omerta règne sur la question

Du coté des étudiants victimes, c’est pratiquement le silence radio, personne ne veut parler sous prétexte qu’on ( les agences de voyage) leur a demandé de garder le silence.

Une étudiante, une des rarissimes victimes ayant accepté de témoigner de façon anonyme, confie que tout a commencé à l’inscription. « Après mon bac j’ai décidé d’aller étudier au Maroc et pour faciliter les choses, j’ai choisi de passer par une agence. Mais, après on a décidé de passer par un autre intermédiaire. Il m’a demandé d’amener deux millions pour les frais d’inscription. J’ai rassemblé les papiers tout ce qu’il fallait et je les lui ai remis. Après il m’a envoyé une attestation d’inscription mais la filière n’était pas celle que j’avais choisie, et l’intermédiaire m’a rassurée, me disant que c’était ainsi et que je devais présenter cette inscription à l’ambassade lors de la demande de visa. C’est ce que j’ai fait et j’ai obtenu le visa. Ensuite je suis partie et je me suis inscrite dans l’université Hassan II de Casablanca. Tout se passait bien, mais à la fin du semestre, lors de la délibération des résultats, il m’était impossible d’y avoir accès. Puisqu’il faut savoir que chaque étudiant, pour accéder à ses résultats à un code qui lui est propre. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Nado Ariane Paré (Stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 10 juillet à 14:37, par l’intègre, lui même En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Que Dieu vous bénisse (LeFaso.net et @Nado Ariane Paré), mon fils est entrain de composer le BAC cette année et j’envisage l’inscrire à titre privé (s’il ne gagne pas une bonne mention pour postuler à une bourse) dans une école supérieure privée Marocaine, votre alerte tombe à pic. Je suis maintenant averti et je serai encore le plus prudent, à défaut il reste au bled (ici au pays réel) en attendant que la situation due au covid se décante. Encore merci à vous !

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  • Le 10 juillet à 16:49, par Kouda En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Le Burkina Faso est un pays où chacun peut ouvrir sa boutique à n’importe quel moment pour vendre tout ce qu’il veut sans aucun contrôle. On n’a besoin d’aucune autorisation ni d’accréditation encore moins de passer par un système de vérification efficient pour opérer au Faso. Voici que des innocents paient le prix cher...
    Grace à internet on peut avoir beaucoup d’informations fiables. Malheureusement, internet se résume aux réseaux sociaux pour nombre de compatriotes. Et sur ces réseaux sociaux, seule l’actualité, les vidéos et images sensationnelles intéressent les gens.

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  • Le 10 juillet à 17:24, par caca En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Toujours les africains sont victimes parce qu’ils n’ont aucune valeur de soi-même. Je ne vois pas ce que le Marco propose comme extraordinaire.

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  • Le 10 juillet à 22:22, par Mymy En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    - Quand par exemple des gens sérieux finissent leur doctorat et rentrent au pays, ils ne doivent pas être victime d’injustice en ce qui concerne l’accès (ou création) à l’emploi universitaire et/ou supérieur. N’avez-vous pas noté la magouille que certains ont mis en place au BF depuis des dizaines d’années ?

    - Quand le Maroc va parler, nous serons nombreux à être surpris ; sauf nos dirigeants. La vérité est aussi et surtout ailleurs. Il y a un problème de niveau chez nos étudiants. En effet, beaucoup d’enseignants de l’Université Ki-Zerbo par exemple, ne le sont que parce M. Salif Diallo à donner un ordre. Pas, parce qu’ils aptes. Leurs étudiants sont donc mal formés. Et à leur tour, leurs étudiants aussi sont très mal formés. Et c’est la chaîne.
    Certains pensent que s’ils ont pris le BF au piège, ils peuvent faire tout et n’importe quoi ailleurs.

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  • Le 11 juillet à 01:21, par Banana Republic En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Des agences de voyages qui proposent des inscriptions et autres facilités pour des universités ???
    On rêve les yeux ouverts au Burkina Faso
    On aime tellement ce qui vient d’ailleurs dans notre Burkina Faso ...

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  • Le 11 juillet à 09:38, par rakis En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Renforçons les capacités de nos universités, normalisons les, développons les, faisons confiance a nos enseignants et a nos chercheurs, ayons plus de considération pour leur métier, formons nos jeunes en fonction de nos besoins réels. Adaptons nos formations aux besoins de développement de notre pays. Si on y croit, on le peut !

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  • Le 11 juillet à 11:40, par Ka En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Le Maroc a toujours accueillie les hommes de tenus de l’armée de l’Afrique de l’Ouest pour leur formation et ton vénéré Gilbert Diendéré ne me dira le contraire. Depuis nos indépendances, on trouve dans les camps militaires des villes du Maroc que ça soit à Marrakech, Rabat, Casablanca, Agadir, Kenitra, nos officiers en formation. Le Maroc en investissant depuis des décennies dans le développement de l’enseignement secondaire et supérieure avec plusieurs universités de hautes qualités, le pays reste incontournable pour obtenir des diplômes de choix.

    Le Maroc a raison de renvoyer ceux qui ne viennent pas dans ses établissements en règle, le Burkina l’aura fait de même. Surtout quand on sait que la corruption à ciel ouvert dans nos pays, ou l’obtention d’un document se monnaie sans chercher s’il est authentique ou faux.

    En lisant le commentaire de caca, je me dis pourquoi voir toujours des "leçons" chez les autres et vouloir transposer chez nous des situations qui n’ont aucun rapport ? Tirons donc d’abord des leçons de ce qui se passe chez nous et nous concernent directement, car le problème des faux documents est courant, plutôt que de vouloir cultiver l’analogie et l’amalgame sans raison en accusant les autres. Soyons objectifs, conscients et responsables, car ces étudiants devaient être sûrs que le document d’inscription était authentique.

    C’est à cause d’une réaction comme celle de caca, que je dis toujours dans ce forum, ’’’quand on ne maitrise pas un sujet, le mieux est de la fermer. Sinon, ce sont comme tous les prétextes sont bons pour ne pas faire soi-même les efforts nécessaires. On refuse de se remettre en cause, on trouve toujours des causes extérieures à nos malheurs, et, au moment venu, on se livre à des comparaisons et des amalgames douteux pour "arranger" la réalité.

    Conclusion : Arrêterons de faire des critiques sans fondement, et disons que le Maroc avec son peuple de couleur Noire Blanche, dont les berbères ont la même culture que les mossis, reste ‘’’Africain.’’’

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    • Le 11 juillet à 16:27, par caca En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

      Vieux Ka, bonsoir et bon dimanche. J’espère que tu as été au culte et que le message était la bonne parole venant d’un Dieu.
      Je comprends ta réaction à ma critique fondée pour l’éveil des consciences africaines à valoriser nos universités et les écoles de formations supérieures.
      Je sais bien ta relation pour le Maroc, et en plus dans mon entourage, j’ai deux proches qui ont fait l’informatique au Maroc, l’un a été récupéré par les français et travail actuellement dans une grande entreprise. Son ami est au Burkina et a été le DG des nouvelles technologie. Il a beaucoup contribué à développer les tic au Burkina, cependant, je me méfie beaucoup des pays du Maghreb.
      Que le Maroc ai une bonne formation de coopération militaire avec le Burkina, je m’en réjouis comme le Burkina d’ailleurs avec pays. Par rapport à votre génération, le Burkina n’avait que peu d’école de formation supérieures et universitaires. Ma critique s’adresse aux parents qui suivent mouta mouta la volonté des leurs enfants parce qu’ils ont des moyens financés. La confiance n’empêche jamais le contrôle.

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      • Le 11 juillet à 20:42, par Ka En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

        Caca : comme tu le sais, le vieux Ka et sa mamie font partie d’une tradition qui est l’équipe matinale dite le culte en Français dont nous ne manquons pas depuis plus de 40 ans : Ce matin c’était le même rituel, dont une prière a été dite pour la situation nationale. Mon intervention sur le sujet, est simplement qu’il ne faut pas refaire et travestir l’histoire du Maroc et les pays du continent. Le Maroc a toujours été le carrefour pour l’Afrique de l’Ouest du savoir-faire à commencer par la formation militaire à cause de sa combativité sans faille de dynastie en dynastie avec son armée et son enseignement disciplinés depuis le XIIIe pour devenir un royaume Uni, et aujourd’hui un superpuissant à sa façon. J’en suis heureux d’entendre que tu évoque les cadres techniciens Burkinabé formés au Maroc, et qui confirme ce que j’avance. Porte toi bien là-bas.

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  • Le 12 juillet à 10:02, par Stalinsky En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Je je pense qu’il faut cesser d’envoyer nos étudiants dans les pays Islamiques car ce sont des pays racistes. même en URSS, en tant que Secrétaire Général de l’AEVUS (Association des étudiants Voltaïques en Union Soviétique) j’étais toujours présent lors de la répartition des étudiants dans le différentes républiques à l’hôtel universitaire à Moscou et je m’opposais systématiquement à l’envoie des voltaïques dans les Républiques Islamiques de l’URSS comme l’Azerbadjan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan etc... du fait du racisme envers les noirs. Je préférais leur envoie dans les autres républiques de Christianisme Orthodoxe. Ce qu’il faut, c’est s’inscrire au Burkina et une fois que l’Etudiant à le Master II, s’inscrire pour les Bourses Humphrey des USA. Pour ce faire il faut qu’il apprenne bien l’anglais et réussisse au TOEFL. Une autre alternative c’est au niveau de l’Etat, inscrire tous les étudiants bacheliers aux USA comme le fait Paul KAGAME du Rwanda.

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  • Le 12 juillet à 10:30, par Savadogo moumine En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Salut moi je suis de ceux qui pensent que c’est bien de sortir chercher le savoir est une belle initiative, mais il faut le faire dans les normes, si vous emprunter la fraude comme moyen de transport alors tout votre parcours sera incertain,😷

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  • Le 12 juillet à 14:45, par ciceron IIème du nom sur la toile En réponse à : Burkina-Maroc : Une cinquantaine d’étudiants burkinabè renvoyés en cours d’année des universités publiques marocaines

    Salut à tous.
    Ma profonde compassion à l’endroit de ces braves enfants.
    Je pense que nos autorités doivent s’investir avec ces enfants pour trouver la bonne solution à leur situation. Tout pays sérieux se doit de soutenir par tous les moyens ces ambassadeurs allés à la conquête du savoir. Ces braves ne doivent pas être laissés aux mains d’agences mafieuses qui, à lire l’article, en plus de ne pas leur satisfaction les intimemeraient de n’en parler mêmes à leurs parents !
    L’Etat doit agir.
    Aimablement cicéron IIème

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