Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Tu ne changeras jamais ta vie sans changer quelque chose quotidiennement ; Le secret du succès se trouve dans la routine de chaque jour» John C. Maxwell

Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

Accueil > Actualités > Opinions • Par GNADA B. Wilfried, Infirmier • vendredi 2 avril 2021 à 23h30min
Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

Ceci est une tribune d’un citoyen relative à la fonction publique hospitalière. L’auteur y décrit les non-dits qui bloquent sa mise en œuvre effective.

La fonction publique hospitalière (FPH) est un système, une stratégie dont le bien-fondé n’est méconnu par personne. Elle est favorablement accueillie par tous les acteurs, y compris les agents qui y exercent. Cependant, lorsque son application n’est pas soutenue dans toute la rigueur politico administrative, il ne saurait manquer de polémiques inutiles.

L’application de la FPH rencontre d’énormes difficultés dont les plus fondamentales seraient dues au plan juridique et social du système. Au plan réglementaire, la FPH semble comporter un vide juridique. Quant à la responsabilité et attributions du fonctionner public hospitalier.

En effet, il est régi que la garde n’est pas cumulable aux horaires réglementaires de travail de 40h par semaine. Aussi, elle payable après son effectivité. Ce qui suppose que la garde est facultative et celui qui le souhaite pourrait s’en passer tout simplement, parce que soit il n’en pouvait pas, où il voudrait utiliser ce temps pour mieux s’exprimer ailleurs.

Or si la garde n’est payable que lorsqu’elle a été effective, n’est pas cumulable au temps réglementaire de travail et est obligatoire, elle tomberait tout simplement sous le régime d’horaires de travail supplémentaires. Mais s’il s’agit d’heures supplémentaires, en vaut-il la peine pour quelqu’un qui doit abandonner tout (famille et loisirs) et risquer pour santé (veille nocturne).

A ce sujet, rappelons que la garde qui est de14h (17h à 7h), est payée pour le plus fort taux à 1071,5 FCFA. Disons aussi que comparativement, une heure d’enseignement, la moins payée est autour de 3000 FCFA. Alors que ferait un agent de la FPH, s’il avait l’alternative d’enseigner, de vendre un maquis ou de s’occuper de son salon de coiffure ou de son restaurant.

En somme, la garde ne saurait être détachée des obligations d’un agent de santé en général et d’un agent de la FPH en particulier. Elle doit par contre constituer une motivation au compte d’une vocation, un serment que l’agent de santé s’est investi ; et pour lesquels il doit mettre sa vie au profit de l’autre.

Au sujet des 40h assujetties au travailleur de la FPH, il se dégage une exploitation sociale de ce dernier. Cette obligation qui occulte la raison sociale des jours non ouvrables et jours fériés pour le travailleur de la FPH.

En effet au nom de la vocation et du serment, l’agent de santé ne dispose d’aucun temps pour sa vie en société. Il est de service au moment où les autres fonctionnaires assujetties aux 40 h de travail, disposent du weekend et des jours fériés pour leur famille et leur loisir.

Donc là aussi, les obligations d’horaires de travail devraient être nuancées. Parce qu’une heure non ouvrable de travail ne saurait s’assimiler aux heures réglementaires de travail. Autrement, il faudrait que ces heures soient considérées comme exceptionnelles ; ou faudrait-il éviter d’assimiler l’agent de santé aux autres fonctionnaires en termes d’obligation.

En tout état de cause, nous pensons qu’un système aussi parfait soit-il, ne pourrait s’illuminer que lorsque l’intérêt (économique, social) de tous ses acteurs n’ait été pris en compte. C’est pourquoi il faudrait que nos ambitions politiques et nos décisions législatives soient entérinées par des égards légitimes qui savent faire des exceptions et des particularités.

En outre si rigueur il devrait y avoir à l’encontre des agents de la FPH, elle devrait aussi l’être au plan administratif pour que les actes administratifs et leurs incidences financières soient au RDV de l’heure. Autrement, ils seraient nombreux ces agents de la FPH qui ont quitté ce monde sans toucher un centime des retombées de leur carrière dans la FPH.

GNADA B. Wilfried, Infirmier
Tél : 70 11 08 77/78 78 90 40.
WhatsApp : 67 33 97 68
E-mail : gnadabar1@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 2 avril à 15:24, par Utam’si En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Si un agent de la FPH veut être un enseignant, un coiffeur, un vendeur de maquis ou de restaurant, qu’il démissionne pour exercer l’une de ces activités. On a pas forcer quelqu’un à être agent de la FPH.

    Répondre à ce message

  • Le 2 avril à 15:27, par Oeil En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Après le temps de garde, quelle est le temps de repos en nombre d’heures de l’agent qui était de garde ?
    Merci de nous noter ça aussi SVP.

    Répondre à ce message

  • Le 2 avril à 16:06, par DAO En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    L’enseignement, OUI. mais les autres activités que vous avez citées sont interdites au fonctionnaire qu’est l’agent de santé. Même l’enseignement ne peut aller au-delà de 21 h 30

    Répondre à ce message

  • Le 2 avril à 17:36, par Le chercheur En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Bien dit et chapeau à vous ! Trop d’exploitation dans cette loi de la FPH. Ce qui fait mal, cette injustice est soutenue par ces mêmes agents de santé surtout quand ce dernier a une petite portion de pouvoir.

    Répondre à ce message

  • Le 2 avril à 20:47, par Jupiter En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Ah très bien, on voit maintenant qu’il n’y a plus de serment d’hippocrate !

    Répondre à ce message

    • Le 3 avril à 09:04, par Kabore patinde En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

      Je ne pense pas que le serment d Hippocrate soit un serment de misère, de pauvreté et d’exploitation. C’est un serment comme il y a en dans beaucoup d’autres corps professionnels : c’est pour encadrer le travail Et éviter les dérives. Il faut arrêter de brandir chaque fois ce serment comme si c’était un laisser passer à tout supporter

      Répondre à ce message

  • Le 3 avril à 05:34, par Sidwata En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Internaute numéro 1, vous même vous voyez la pertinence du texte . C’est inutile de s’opposer systématiquement parce que cela donne raison aux agents de santé.Soyons dignes au moins 1jour, même si on a des avantages financiers et matériels par rapport à ces positions ultra radicales quand il s’agit d’un argumentaire favorable aux fonctionnaires,ou aux syndicats.Mais sachons que la vérité est une:Toute force ,toute méchanceté,tout pouvoir finit un jour.Et généralement la plus pitoyable des manières.Nous avons des exemples récents, et dans d’autres pays voisins ou lointain. A bon entendeur,a vos raisons.

    Répondre à ce message

  • Le 3 avril à 08:33, par Kabore patinde En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Je ne pense pas qu’ils aient fait un serment de misère, de pauvreté ni de se faire exploiter. Il faut arrêter de brandir à chaque fois ce serment comme si c’était un laisser passer à tout subir sans broncher. C’est juste un serment comme dans beaucoup d’autres corps pour bien faire son travail et ne léser personne

    Répondre à ce message

  • Le 3 avril à 10:18, par Lom-Lom En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Parmi tous ceux qui s’agitent parmi les agents de santé, ils sont combien à respecter leur serment d’Hypocrate ? Même du temps de nos grands-parents, les tradipratiens avaient du respect pour leur rôle dans la société ! Aujourd’hui, même devant la mort, c’est l’argent qui compte et non la santé des malades. Quelle honte ! Nous avons intérêt à corriger nos travers à temps car aucune société n’échappe aux méfaits des monstres qu’elle se fabrique elle-même ! Cela est du reste valable pour les autres corps de métiers !

    Répondre à ce message

  • Le 3 avril à 10:38, par SIAA En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Bjr cher infirmier.C,est vraiment déplorable q,un agent assermenté puisse raisonner de la sorte.Vous n,êtes pas sans savoir que le métier d,agent de santé est un sacerdoce.Sauver la vie humaine,il n’y a plus rien de noblesse que ça et aucune ressource soit telle pécuniaire ne peut compenser ça.Votre récompense est plutôt divine que matérielle.L,État vous accompagne avec le salaire pour vous aider à mieux servir.Donc ne comparez donc pas l,incomparable.Au lieu de faire des révendications insensées,impertinentes,révendiquez surtout des meilleures conditions de travail pour accomplir efficacement vos missions car à mon avis il ya des structures sanitaires étatiques qui sont laissées à elles mêmes.J,en veux pour preuve le CHR de Manga,chef-lieu de la Région du Centre-Sud qui devrait être un centre de référence et qui ne vaut même pas mieux qu,un CSPS au regard de la vétusté de ses locaux et du manque criard du matériel de soins.Les agents de cette structure sanitaire ne disposent même pas le moindre matériel pour travailler et je me demande si le Ministère de la Santé est au courant de l’existence de cette structure sanitaire.Parlant des avantages,vous faites hebdomadairement des formations avec des perdiems colossaux qu,il ne faut pas occulter.Combien coûtent vos ristournes issues de vos consultations journalières ?Combien d’agents de santé abandonnent injustement et journellement leurs services au profit des structures sanitaires privées à la recherche d,argent alors qu,ils sont payés mensuellement par l,État ?À cela s,ajoutent des surfacturations faites par certains agents sur des ordonnances de connivence avec des membres de COGES ?Ne comparez donc pas l,incomparable.En sus,l’on ne doit pas tout centrer sur l,argent pour ses prestations car l,argent seul ne fait pas le bonheur.Néanmoins,je remercie infiniment certains agents dévoués qui s’évertuent jours et nuits pour sauver des vies.

    Répondre à ce message

  • Le 4 avril à 00:49, par Oscar En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    Vous étiez où quand ils élaboraient les textes sur la FPH ?
    Vous aviez vu l’appât et non le piège, soit. Toujours le propre de nous africains. On ne planifie pas assez.
    Je vous conseille de noter toutes les failles de cette loi, de les analyser froidement et au plus dans vous proposez des reformes pertinentes et structurelles.

    Répondre à ce message

  • Le 6 avril à 13:15, par HUG En réponse à : Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

    On est fatigue de vous. Faites ce que vous voulez. D ailleurs cest les agents de sante qui oriente les gens dans les cliniques pour les spolier.faites greve on est tres fatigué de vous

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés