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Culture : Sana Bob, l’artiste qui a tout surmonté pour s’imposer dans l’arène musicale burkinabè

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • dimanche 21 février 2021 à 23h55min
Culture : Sana Bob, l’artiste qui a tout surmonté pour s’imposer dans l’arène musicale burkinabè

Sana Bob est désormais un grand nom de la musique burkinabè. Ces cinq dernières années, son agenda est hyper chargé. Ils sont nombreux ceux qui veulent qu’il distille ses belles mélodies lors de leurs cérémonies. Si aujourd’hui son étoile brille, son passé n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Dans sa carrière, il a subi des moqueries et des railleries. Il était vu comme le prototype de la médiocrité dans l’art. Focus sur un crieur public. Celui qui annonce les bonnes et les mauvaises nouvelles.

Sana Bob est né dans la musique. Il chantait à son bas âge. Il aimait danser également. Son amour pour l’art l’amènera à apprendre auprès de la cantatrice Hado Gorgo Léontine, sa mère adoptive. Après, le jeune essaie de voler de ses propres ailes. Il se retrouve donc en Côte d’Ivoire, un pays voisin du Burkina. Là-bas, il écume les bars et les maquis. Nous sommes en 1983. Pour mieux faire de la musique sa passion, il lui faut des moyens.

Pour cela, il fait valoir la force de ses muscles dans les chantiers. Il est aide-maçon puis maçon titulaire. Il deviendra par la suite menuisier et enfin charpentier. Ce travail lui permet de mettre des économies de côté. En 1994, le jeune réussit à sortir son premier album. Il est intitulé « gloire ». Il est tout heureux. Mais, sa joie sera de courte durée, et la gloire n’est pas là. L’opus est un flop. Cela est dû à une mésentente entre lui et son producteur.

Aux premières heures de sa carrière, le succès n’était pas au rendez-vous

Au regard de ce résultat, Sana Bob décide de rentrer au Burkina, son pays natal. En 2001, il sort l’album « réconciliation ». C’est encore un fiasco. Au Burkina, il fait l’objet de toute sorte de railleries. Des mélomanes se moquent de lui. Il est vu comme le protype de la médiocrité dans la musique. Le succès n’est pas au rendez-vous. L’artiste ne se décourage tout de même pas. En 2006, il trime et rebelotte avec « dernière chance ». Le titre phare de l’album est « mon pays ». Dans cette chanson, il estime que les mentalités doivent changer. Cela sonne en même temps comme un engagement de l’artiste. Cet album connaît un succès populaire. Mais les problèmes demeurent.

Sana Bob est un artiste engagé

Sana Bob n’est pas invité lors des cérémonies officielles. Il était parfois censuré. Il révèle avoir passé cinq ans sans pouvoir organiser un concert. En même temps qu’il dénonce le manque de toilettes publiques, la ville de Ouagadougou reçoit un prix de ville propre. L’artiste est vu comme un oiseau de mauvaise augure. Pourtant, c’est une réalité. Le comble, en octobre 2007, l’artiste reaggeman sud-africain Lucky Dube meurt assassiné.

A Ouagadougou, un citoyen propose que Sana Bob aurait dû mourir à la place de Lucky Dube. Le manque de considération est à son comble. Mais Sana Bob « positivise ». Il justifie l’irrespect à son égard par le manque d’éducation. Il est moqué pour son mauvais français (franc-mooré). Pourtant, estime-t-il, au Sénégal, on ne parle pas un bon français mais l’on ne fait pas l’objet de raillerie. Il dit avoir l’impression que les Burkinabè veulent qu’il parle le français de l’Académie de France. Pourtant lui, il n’est pas allé à l’école.

Sana Bob est un persévérant

En dépit de toutes les difficultés, Sana Bob persévère. Il a du soutien, surtout venant des femmes. En 2009, l’album « Beog Yiinga » voit le jour. L’opus est bien accueilli. L’étoile de l’artiste brille désormais. Les scènes de concert se succèdent. Il devient l’artiste du peuple. « Notre temps » verra le jour en 2014. L’artiste confirme son savoir-faire. Les mélomanes finissent par l’adopter. Sa musique l’amène partout en Afrique et en Europe. Sana Bob n’a pas de style précis. « Mon style, c’est à vous de le définir. Je viens du Centre-Nord du Burkina. Je suis un Yarga et nos styles musicaux sont : le Salou, le Tarkaye, le Yarma et le Mandsé. En Europe, on dit que je fais de la musique du monde » explique-t-il.

Sana Bob fait aujourd’hui de la promotion de la paix, son cheval de bataille

Néanmoins, l’homme aux dreads looks estime évoluer dans le style weedbindé. Il dit être de la philosophie rasta. En 2018, il s’est engagé pour la promotion de la paix. Il a produit un album dans ce sens qui s’intitule « ensemble ». « Je me suis engagé pour la paix parce que dans un pays, quand il n’y a pas de paix, ce sont les femmes, mères de l’humanité, les enfants, avenir de l’humanité, les artistes et les commerçants qui sont les premières victimes » justifie-t-il. Salif Sana à l’état civil, vit bien de sa passion. La musique lui a donné le courage, le style, le feeling, la liberté de communiquer, de l’argent et de la notoriété. Sana Bob n’est pas prêt de raccrocher le micro. Il interpelle ses fans : « Je suis votre œil, votre oreille, votre porte-parole, votre crieur public qui annonce les bonnes et les mauvaises nouvelles. »

Dimitri OUEDRAOGO
Auguste Paré (réalisation vidéo)
Lefaso.net

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