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Covid-19 : La mesure du port de masque de protection rencontre de la résistance à Ouagadougou

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Coronavirus • LEFASO.NET • mercredi 10 février 2021 à 20h00min
Covid-19 : La mesure du port de masque de protection rencontre de la résistance à Ouagadougou

Alors que le Burkina Faso connait une deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, les bons gestes à adopter au quotidien pour freiner la maladie peinent à être respectés par la population, en particulier des élèves, hormis ceux présentant des pathologies particulières comme l’asthme. Constat fait, ce mercredi 10 février 2021, au lycée Marien N’Gouabi, à Ouagadougou.

Le coronavirus circule toujours. Il faut donc continuer à appliquer les gestes barrières de protection comme laver régulièrement les mains avec du savon et de l’eau, tousser ou éternuer dans son coude, rester à distance des autres et porter un masque. Malheureusement, dans certains lycées et collègues de la place, il y a un laxisme dans le respect de la principale mesure anti-Covid19 qu’est le port du masque obligatoire pour tous les élèves. Il est 11 heures au lycée Marien N’Gouabi.

La cour est bondée d’élèves. Réunis en petits groupes, certains s’interpellent, se taquinent, et rient. Réceptifs aux interrogations, quelques uns d’entre eux expliquent les raisons pour lesquelles ils ne sont pas favorables à cette mesure de protection. Abdoul-Rahim Ouédraogo, élève en classe de 1re D, trouve le port du masque inconfortable. Il va plus loin en disant que le masque empêche la respiration. Propos corroborés par ceux de Sabrinatou Tapsoba, élève en classe de 3e qui met en doute la version officielle sur le Covid-19. « Dans mon entourage, je n’ai jamais vu quelqu’un contracté le virus ou mourir de cette maladie », a signifié Mlle Tapsoba.

Une déclaration qui a suscité un rire fou de la part de ses camarades qui comme elle, ne croient pas à l’existence de cette maladie qui pourtant met à genoux le monde entier. De ce fait, il est de la responsabilité des chefs d’établissements et des encadreurs de faire respecter cette consigne. De l’aveu d’Abdoul-Rahim Ouédraogo, il y a des enseignants qui refusent l’accès à la salle si les élèves se présentent sans masque. « Etant donné qu’on nous a distribué des masques de protection, on les porte lorsque nous sommes en classe, pour pouvoir suivre les cours. On les enlève une fois à l’extérieur de la classe », a-t-il dit, faisant allusion à leur supercherie.

Si la majorité des élèves refusent de s’y soumettre, d’autres sont plus favorables au port du masque. Parmi eux, Donald Kadio, élève en classe de 1re D. Tout en donnant le bon exemple, il invite « ses camarades » à emboiter ses pas car, dit-il, la pandémie du coronavirus est une réalité au Burkina Faso qui doit nous interpeller et nous préoccuper tous. Pour ce jeune-homme, si les élèves ne se conforment pas aux mesures édictées par les autorités sanitaires, c’est parce que l’administration ne joue pas convenablement son rôle.

Il fait remarquer en outre que les portiers n’ont pas reçu des consignes claires concernant les conditions d’accès à l’établissement. « Le port du masque aux premières heures de la maladie n’était pas une chose aisée pour moi », a, pour sa part, avoué Madina Ouédraogo, élève en classe de 3e. Lorsque nous l’a rencontrions, elle était en plein « afférage » avec des copines.

Aujourd’hui, cette adolescente ne peut plus s’en passer du cache-nez. De son côté, l’enseignant de philosophie, Charlemagne Bongo, a affirmé que le port du masque est difficile à mettre en pratique surtout pour des élèves qui doivent suivre des cours pendant deux heures au minimum. « S’ils doivent suivre des cours de 7h à 10h en portant des masques, ça veut dire que c’est le même air qu’ils dégagent et le même air qu’ils respirent. Là c’est du gaz carbonique », a constaté M. Bongo. Estimant que cette mesure présente des limites, il a invité le gouvernement à renforcer la sensibilisation et à mettre à la disposition des établissements des spécialistes de la santé pour répondre à certaines peurs. Car, « le virus peut même passer par les yeux ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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