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Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET • jeudi 28 janvier 2021 à 08h30min
Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

Les acteurs de la filière anacarde au Burkina Faso sont mécontents du ministère en charge du Commerce. Réunis au sein du Comité interprofessionnel de l’anacarde au Burkina (CIAB), ils l’ont fait savoir au cours d’un point de presse animé, ce mercredi 27 janvier 2021 à Bobo-Dioulasso. Selon les conférenciers, cette rencontre avec les hommes de médias avait pour objectif d’exprimer leur ras-le-bol face aux divergences qui les opposent à leur ministère de tutelle.

Dans le but de mieux promouvoir la filière anacarde et contribuer à l’épanouissement de ses acteurs, le CIAB, dès sa création, avait mis en place une cellule de réflexion pour déterminer les voies et moyens de mobilisation de fonds propres. Ainsi, ces réflexions avaient abouti à la proposition de mise en place d’un prélèvement sur les exportations et réexportations de la noix brute de cajou au Burkina Faso avec le concours du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.

Suite à de multiples actions de plaidoyers, un mécanisme sur le prélèvement est alors instauré. Et en l’espace de deux campagnes (2018-2019), ce sont près de six milliards de Francs CFA qui ont été collectés. « A la grande surprise des acteurs, les fonds prélevés sont qualifiés de fonds publics dont la gestion doit être confiée à une structure de l’Etat. D’où la création du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) par le ministère en charge du Commerce », a dénoncé le porte-parole des acteurs de la filière, Ibrahim Sanfo.

Le CIAB demande la suspension du processus de mise en place d’agréments

Selon lui, cette structure a le même rôle principal que leur faitière (le CIAB), c’est-à-dire, le développement de la filière anacarde. Inquiets de cette doublure, les acteurs ont vite déploré le fait que le CBA vienne se substituer à eux. Et dans l’esprit des acteurs, les fonds prélevés devraient être cogérés par le CBA et le CIAB pour le développement de la filière. « Une année d’existence après, nous constatons avec amertume que les réelles préoccupations des acteurs sont loin d’être prises en compte par le CBA », ont déploré les conférenciers.

A en croire ces derniers, le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a fait fi de leurs préoccupations. Mieux, à travers son Conseil burkinabè de l’anacarde et de sa direction générale, il a affiché son ambition d’œuvrer pour la mise en place d’un système d’agréments professionnels pour l’exercice de l’activité de la commercialisation des produits du cajou. « Certes, la mise en œuvre d’agréments peut être un noble projet, mais nous estimons que les conditions n’ont pas été réunies pour la mise en place de ces agréments », a indiqué Ibrahim Sanfo.

Le présidium de la conférence de presse du CIAB

Suspendre le processus de mise en place d’agréments

Cependant, ils disent avoir interpellé ledit ministère à plusieurs reprises, en portant à sa connaissance le désaccord des acteurs de la filière. Car estiment-ils que l’heure n’est pas à la mise en place d’agréments, mais plutôt à celle de la mise en place de conditions propices desdits agréments. « Malgré les multiples interpellations, les acteurs n’ont pas été contactés pour une meilleure compréhension de leur point de vue. Au contraire, le processus de mise en place de ces agréments suit son cours sans la participation des acteurs directs », a signalé le porte-parole.

Pour preuve, ils en veulent la tenue d’un atelier les 25 et 26 janvier 2021 pour la validation des avants projets et ce, en l’absence, selon eux, des acteurs directs de la filière. Pourtant, ils disent avoir adresser une correspondance à la direction générale du commerce pour signifier que les acteurs ne se reconnaissent pas dans cette activité.
Pour le porte-parole, le CBA œuvre plutôt à se pérenniser en développant des stratégies pour renflouer ses caisses au détriment du bien-être des acteurs de la filière. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 27 janvier à 19:30, par Sacksida En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent une accaparation du ministère du Commerce

    Dans vos explications les arguments sont pertinentes et que l’Etat Burkinabe cree un Conseil Burkinabe de l’Anarcade pour suivre et orienter les activites est de son droit regalien. Mais dans cette structure les acteurs professionnels doivent etre bien representes et participer d’une maniere ou d’une autre a la gestion operationnelle et bien sur meme strategique de la dite structure. Si c’est une erreur d’approche du Ministere du Commerce, il faut vite corriger car une "guerre" entre les acteurs professionnels et l’Etat n’est pas de nature a promouvoir cette filiere. En rappel, c’est durant la Revolution Democratique et Populaire d’Aout 1983 que la politique nationales des filieres agricoles, industrielles et economiques a ete implementer. Courage et Salut.

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  • Le 27 janvier à 22:02, par Boris En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent une accaparation du ministère du Commerce

    Il faut que l’Etat et les fonctionnaires arretent cette façon d’infantiliser les autres acteurs qui sont non etatiques. Pourquoi c’est depuis l’instauration de ce prélèvement que le Ministère du commerce créé le conseil burkinabe de l’anacadre.
    C’est tout simple : Pour gérer cette manne financière. Et voila, une structure publique de plus qui ne vivra que grâce à une partie des prélèvement avec des agents qui vont se tailler des salaires de roi grace à un statut spécial. l’autre partie du prélèvement sur les exportation de cajou servira a alimenter un fonds communs pour ce ministère. Le pire c’est que cette structure pour prouver son utilité, va imposer aux acteurs des documents et procédures administratives à faire auprès d’elles.Finalement le prevelemement instauré est détourné de son objectif et sera peut etre transformé en TAXE. Pauvre burkina

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  • Le 28 janvier à 09:51, par Sidnoma En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    Le Ministère du Commerce est dans son rôle. De quoi avez-vous peur si l’on vous demander de travailler avec une structure étatique dans la professionnalisation de votre secteur ?... On ne peut pas vous laisser travailler dans l’anarchie dans un secteur qui mobilise de plus en plus des opérateurs économiques de la sous-région !

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  • Le 28 janvier à 09:58, par KLADJOU En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent une accaparation du ministère du Commerce

    Les six milliards collectés en l’espace de deux campagnes ont commencé a leur tourner la tête. C’est pourquoi subitement le ministère se réveille pour mettre en place une stratégie pour dilapider votre argent. Vous verrez qu’en plus des agréments, ils élaboreront un plan d’actions à la hâte fait essentiellement d’ateliers de formation délocalisés pour maximiser les per diems, des séminaires en tout genre, des voyages d’études internationaux pour eux et surtout des études bidons de toute sorte juste pour donner des consultations à des ami(e)s avec les rétrocommissions à la clé, etc. Tout est bien connu dans la savane du BF. On connait toutes ces stratégies et pratiques . Ils peuvent et vont probablement s’inspirer du cas du Fodel (fonds de de développement de l’élevage) mis en place pour promouvoir la secteur de l’élevage, et très vite ce fond était devenu la vache à lait du ministère en charge des ressources animales avec la complicité même de certains membre de la FEB.
    Chers membres du CIAB, il faut ouvrir l’œil et le bon et ne vous laissez pas distraire, Si les protestations ne suffisent pas à les faire plier il faut envisager poser plainte contre le ministère , ça fera réfléchir plus d’un.

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  • Le 28 janvier à 10:26, par Sage En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    Je pense que d’autres structures à l’image du CBA existent dans les autres pays qui produisent l’anacarde. Je veux parler du cas du Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) en Côte d’Ivoire qui œuvre à mettre en œuvre des agréments et une politique de fixation du Cout de l’anacarde à l’exportation.
    Les prélèvements à l’exportation et à lé réexportation en Côte d’Ivoire permettent de soutenir les producteurs, les transformateurs, et la recherche, et la création d’entreprises.

    Ces agréments sont salutaires pour le secteur de l’anacarde et pour l’Etat à travers le CBA. Il faut tout simplement demander qu’il y’aie une gestion transparente car c’est une source de devises pour l’Etat pour financer certains secteurs prioritaires. Nul n’est au-dessus de la loi.

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  • Le 28 janvier à 11:24, par Sacksida En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    Merci bien internaute Boris de votre eclairage car si l’objectif de cette structure de l’Etat n’est pas de donner un veritable coup de pousse aux acteurs de la filiere pour qu’ils evoluent et deviennent de veritables entreprises commerciales ou industrielles qui seraient pourvoyeurs d’emplois decents et de devise pour notre pays. Alors, il faut craintre que cette structure de l’Etat se transforme en un monstre rendant les acteurs professionnelles moins performants et cela dans un syteme bien sur bureaucratique et de lourdeurs administratives de paperasserie a l’heure ou l’on parle de digitalisation des process..Salut.

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  • Le 28 janvier à 18:15, par Bonou En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    Une chose est claire.Pour les intérêts du Burkina,l état ne peut laisser une filière aussi importante entre les seules mains d une faîtière.Si les revendications de celle ci peuvent se comprendre a travers la défense de ses intérêts partisans,le ministère du commerce tutelle du commerce au Faso, et donc du commerce d anacarde est dans son rôle.Alors que faire ? La faîtière doit aller au delà de l émotion ou de son aversion contre la présence du ministère dans le domaine pour accepter d une part la supervision étatique, et d autre part continuer a parlementer avec l état dont le MICA n est qu une simple émanation.Il faut éviter de faire une fixation sur un ministère pour comprendre que si développement de filière anacarde,il doit y avoir au Burkina, les retombées ne sauraient être captées uniquement par la faîtière.C EST LE PAYS QUI DONNE LA FORCE LEGALE A LA FAÎTIÈRE ET NON L’ INVERSE.IL FAUT DONC SAVOIR RAISON GARDEE.UN PEU DE PATRIOTISME ET MOINS D EGOISME DE GROUPE ENTRE LES PARTIES EN CONFLIT ET C EST LE BURKINA QUI EN SORTIRA GRANDI.

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  • Le 28 janvier à 18:41, par Brave paysant En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    C’est quelle histoire encore cette affaire ! On est où là ? Notre pays ne se développera jamais ! C’est toujours un pas en avant et un pas ou deux pas en arrière ! Il faut vraiment avoir du courage pour ne pas se décourager dans ce pays. Le Gouvernement a pris l’option claire sans ambiguïté aucune de faire du SECTEUR PRIVÉ LE MOTEUR DE LA CROISSANCE ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DE NOTRE PAYS. C’est dire que le rôle de l’Etat se limite à ses fonctions régaliennes a savoir essentiellement à créer des conditions favorables à l’épanouissement des activités du secteur privé créateur de richesses et d’emplois dans les secteurs porteurs. Donc le partage des rôles est très clair. Maintenant on vient créer une super structure bureaucratique publique avec un Conseil d’administration, un PCA et autres DG et on commence bâtir un empire public pour régenter le fonctionnement de l’interprofession de l’anacade ! Il serait intéressant de voir tous les moyens mis à la disposition du CBA. Et d’où viennent ces ressources ? Certainement des prélèvements sur les exportations de la noix ! Ou sont passés les milliards engrangés par cette opération et qui devaient servir à contribuer à l’amélioration globale de la performance de la filière ? Par une amélioration de la productivité par de meilleurs plants, a apporter appuis- conseils à tous les acteurs de la filière : producteurs, commerçants, transformateurs, exportateurs etc. Il se trouve que les prestations de service de la fameuse CBA ne font que dupliquer ceux que les acteurs sont en droit d’attendre des Ministères techniques tels que l’Agriculture, l’environnement et même du MCIA ! Ce qu’il aurait fallu c’est une structure légère d’appui-conseil où les acteurs peuvent trouver réponses à leur préoccupations quitte à ce que cette petite structure aille porter les problèmes au niveau des services techniques des Ministères concernés. Et une partie des ressources des prélèvements sera utilisé en appui aux activités de cette structure légère . Entendons-nous bien. L’ETAT a un rôle à jouer dans le développement de la filière. Mais il ne s’agit pas de ces interventions intempestives contre l’avis et sans le consentement des principaux acteurs. Il est important de privilégier le dialogue fructueux entre l’interprofession et le gouvernement représenté par MCIA. Il ne s’agit pas d’une démarche solitaire qui ignore les principaux concernés. Mais de créer un cadre d’échanges pour trouver des solutions concensuelles aux problèmes auquels font face les acteurs de la filière anacarde au Burkina Faso qui a un énorme potentiel en terme d’emplois pour les femmes et les jeunes et la création de revenus pour des millions de Burkinabe. Mais il faut au préalable clarifier l’utilisation qui en a été faite des sommes importantes mobilisées par les prélèvements. La confiance passe aussi par là car il était prévu une répartition judicieuse de cette mane entre l’interprofession et l’Etat. Où en sommes nous ? Ce nest que dans la mesure où chacun joue son rôle bien compris dabs le respect mutuel que la filière anacarde connaîtra un développement harmnieux au bénéfice de tous y compris l’Etat.

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  • Le 29 janvier à 07:39, par de rien En réponse à : Fonds de développement de la filière anacarde : Les acteurs dénoncent un accaparement du ministère du Commerce

    à l’image du CIAB vis à vis de leur ministre de tutelle, de nombreux burkinabè ignorent le vrai visage de ce gouvernement. ces gens là sont aux affaires pour leurs propres affaires. les déclarations de bonnes intentions ne sont que de la poudre aux yeux, dans la réalité ils sont prêts à boire notre sang et à se repaitre de notre chair.

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